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De nos jours, des jeunes d'origines et de milieux sociaux divers, semblent vouloir semer des poursuivants invisibles dans le métro et les rues de Paris. En fin de journée, plusieurs bombes explosent dans la ville.

Le film crée par l'ambiance étrange qu'il instaure dès les premiers plans une grande curiosité. Ces jeunes dont on ne sait rien, aux agissements dénués d'explications, intriguent. Dans sa deuxième partie située de nuit dans un grand magasin, règne du consumérisme, Bonello distille encore un autre esprit. La jeunesse de ses héros, que l'on pouvait tout d'abord imaginer d'une conscience politique forte, même aux méthodes contestables, s'avère bien puérile. Leur immaturité face aux conséquences de leurs actes, leur goût du luxe et de la propriété, leur gémellité avec les modèles dictés par la société de consommation, leurs rêves d'une triste banalité, surprennent et épaississent un peu plus le mystère de leur acte. Le film ne donne aucune réponse. habillé d'un esthétisme aussi séduisant que dérangeant, il nous convie simplement à suivre ces ados dans cette étrange journée.

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Vania (d'après Oncle Vania) à la Comédie Française

C'est un Oncle Vania quelque peu réécrit que propose l'excellente troupe de la Comédie Française. Julie Deliquet, metteuse en scène, a choisi d'effacer toutes indications faisant référence à l'époque (fin 19e) et à la culture (Russe) des personnages de Tchekhov. Cela ne nuit en rien à l'esprit de la pièce. Sur la scène centrale du théâtre du Vieux Colombier, dans la salle à manger de la maison familiale, on retrouve l'ennui, le désespoir, l'amour déçu, l'humour, l'ironie de Vania, Sonia et Astrov, les faiblesses d'Elèna et dans une autre mesure de Ilia, l'admiration sans limite de Maria et la suffisance de Sérébriakov. Dans une mise en scène alerte qui sait laisser parler les silences et la souffrance qui perce dans les échanges caustiques et les rires, les comédiens sont époustouflants. Florence Viala est, une fois de plus parfaite, tout comme Laurent Stocker, Hervé Pierre et Dominique Blanc, la nouvelle venue, méconnaissable sous de grosses lunettes. Noam Morgensztern et Stéphane Varupenne impressionnent eux aussi, tandis qu'il nous semble découvrir la puissance d'incarnation d'Anna Cervinka dans le rôle de Sonia.

Cet Oncle Vania, au plus haut point réjouissant, fait partie de ce Théâtre qui donne envie de retourner très très vite au théâtre.

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En Egypte, en juillet 2013, suite à la chute du president Morsi, les Frères musulmans et le reste de la population s'affrontent.

Mohamed Diab qui avait traité du sort des femmes egyptiennes dans Bus 678, utilise à nouveau le concept du huis clos en enfermant ses protagonistes dans un fourgon de police. Les prisons sont pleines et les manifestants pro et anti-Frères musulmans sont enfermés dans un même fourgon pendant d'interminables heures.

Tout d'abord violents et politiques les échanges glissent rapidement sur des sujets moins clivant et sur le soucis de l'entraide face à des conditions d'enfermement dangereuses. Diab trouve le moyen, sans tomber dans la facilité, de dessiner des situations et des personnalités bien plus complexes et contrastées que ce que le contexte nous laisserait de façon simpliste imaginer

Il réussi l'exploit de nous faire vivre pleinement l'oppression et l'enfermement mais aussi chaque événement, chaque échange et basculement des relations dans ce fourgon. Plus fort encore, on perçoit parfaitement les événements extérieurs qui se déroulent autour du fourgon, la confusion totale qui pourrait mener une foule à lyncher le premier venu.

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Louis, écrivain, après 12 ans d'absence rend visite à sa mère. Il souhaite profiter de ce moment en famille pour annoncer sa mort prochaine.

Xavier Dolan convoque un casting fabuleux pour cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Nathalie Baye, perruque et maquillage outrancier, est la mère nerveuse et excentrique, Léa Seydoux la petite sœur éprise d'admiration qui voudrait comprendre, Vincent Cassel, le frère à vif et brutal et Marion Cotillard, la pièce rapportée qui observe, temporise et comprend. Tous les quatre sont impressionnants. Gaspard Ulliel n'a peut-être jamais été aussi juste, dans le rôle du dramaturge, un emploi peu bavard où tout se lit dans les regards et les expressions du visage. Car Dolan nous amène au plus près des comédiens, privilégiant sans cesse les gros plans. Il utilise sa caméra comme un microscope, plongeant le spectateur à l'intérieur des choses et des êtres, veillant à ce qu'il ne soit pas perturbé par ce qui entoure l'action. Lui à qui on a pu reprocher une certaine tendance à l'hystérie, surprend ici dans sa capacité à doser la tension qui règne dans cette histoire de malaise familial. Avec "Juste la fin du monde", il semble avoir gagner en finesse. Il ne lui manque donc plus grand chose pour être LE très grand cinéaste qu'on nous annonce depuis déjà 6 films.

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Retour chez ma mère d'Eric Lavaine

Stéphanie, 40 ans, suite à des déboires professionnels , est contrainte de revenir vivre chez sa mère.

Le scénario est bien faiblard, il contient toutefois quelques bonnes idées et de bons mots. Mais le réalisateur n'a aucun talent de mise en scène, de direction d'acteurs et aucun sens du rythme. Et tout bon comique sait que le rythme est essentiel dans l'art de faire rire. Totalement raté donc.

Date de sortie en salle : 1er juin 2016

Date de sortie en DVD : 1er octobre 2016

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