polisse.jpgPolisse raconte le quotidien, qu'il soit professionnel ou privé, de policiers d'une Brigade de Protection des Mineurs.

Les scènes intenses se succèdent à un rythme soutenu, haletant, nous emportant dans un tourbillon mélant toutes les émotions, de la tristesse au dégout, de la révolte au désespoir jusqu'au rire.

Les comédiens sont tous exceptionnels, et le groupe fonctionne dans une énergie idéale. La mise en scène intense et le montage sec accentuent le sentiment d'urgence mais aussi celui d'impuissance. Les exemples de violences faites aux enfants se succèdent toujours dans des scènes "documentaires" qui semblent criantes de vérité. Dans des séquences  très courtes ou semblant interminables, Maïwenn gère le temps nécessaire à l'évènement pour qu'il prenne toute sa dimension. On pourra lui reprocher une impression d'inventaire ou de catalogue, quelques excés, mais la force des scènes excuse à elle seule ces petits travers et puis il s'agit d'une oeuvre de fiction.

La vie privée des policiers est distillée de façon harmonieuse répondant parfaitement à la vie de la brigade. Seule l'histoire d'amour que Maïwenn s'est offerte avec Joey Starr déséquilibre le film et le gâche un peu. En supprimant son rôle et cette love story, Maïwenn n'aurait pas été bien loin du film parfait.

Polisse, malgré ses défauts, est un film marquant et fort d'une réalisatrice très douée. 

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The-Artist-affiche1Fin des années 20, à Hollywood, au temps du muet, l’acteur George Valentin est en pleine gloire. La presse, le public sont à ses pieds. Il fait la pluie et le beau temps dans les studios. Il est LA vedette du cinématographe. Puis le parlant entre en scène…

Dès les premières images, dans une scène du film dans le film, le dilemme du héros est posé : on veut l'obliger à parler. Puis, grâce à une géniale séquence dans un cinéma, le réalisateur annonce : ce film sera muet. Le film est parsemé d'astuces de ce genre. Les trois premiers quarts d’heure sont particulièrement réjouissant de vivacité. Ils content la gloire Hollywoodienne, les films muets, un George Valentin flamboyant et sa rencontre avec la troublante Peppy Miller, toute jeune comédienne qui saura grandir avec son temps. Les gags et astuces enchantent. Puis, vient la plus belle scène du film, tout simplement géniale, où le son entre par effraction dans le film et le monde aphone de George Valentin. Scène clé qui fait basculer le héros et le film dans le mélodrame menant Jean Dujardin vers une tonalité de jeu différente. Jusque là parfait dans l’outrance du jeu de l’acteur, sans voix, mais maître en son royaume, il adopte la nuance pour incarner la chute. A ses côtés, Bérénice Béjo est excellente, charmante et pétillante. Les deux comédiens se font presque voler la vedette par Ugy, un petit chien aussi charmant que talentueux qui est aussi, comme par hasard, un sosie du fameux chien de… la Voix de son Maître. La très jolie musique de Ludovic Bource accompagne avec justesse le film dans ses différentes tonalités du début jusqu’à la fin.

La mise en scène oscille entre plans « d’époque » et jolies trouvailles. Les scènes inspirées de chefs d’œuvre américain du noir et blanc (pas forcément muet : Citizen Kane, Le portrait de Dorian Gray, Charlot…) sont amenées avec la grâce et l’imagination nécessaires pour qu'elles s’intègrent parfaitement au film. Hazanavicius nous raconte à peu de choses près la même histoire que le chef d’œuvre « Chantons sous la pluie », sauf qu’ici le héros ne saura pas rebondir. Le sujet de The Artist n’est pas uniquement l’avènement du parlant mais la fin d'un monde pour un homme, maître du silence, et aussi une belle histoire d'amour.

Il ne faut pas si tromper : The Artist n'est pas un film gadget ou une folie de cinéaste qui rêvait d'un film en noir et blanc, muet et au format carré. The Artist est un grand film avec une histoire qui existe hors de son insolite format, un film riche, astucieux, gracieux et particulièrement enthousiasmant.

 

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Enoch, adolescent, fréquente les enterrements d'inconnus depuis que ses parents sont morts. Un jour, il y rencontre Annabel.

La mort est toujours présente dans les films de Gus Van Sant. Dans Restless, le réalisateur lui donne le 1er rôle aux côtés de deux adolescents qui s'en moquent pour mieux l'affronter.

Gus Van Sant célèbre ainsi la jeunesse, son insouciance, ses excès, sa fantaisie et son extrême sens de la gravité.

Mia Wasilowska et Henry Hopper sont parfaits.

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