Les musées sont fermés ? Les galeries sont closes ? Qu'à cela ne tienne ! Le toujours surprenant Philippe Geluck, nous invite à changer d'air sur les Champs-Elysées où il expose en extérieur, 20 statues monumentales de son fameux Chat.
De 2 mètres de haut, en bronze, chaque oeuvre expose Le Chat dans une situation cocasse, satirique, poétique, successivement bourreau et victime. Philippe Geluck, a pioché dans ses près de 15 000 dessins, 20 saynètes ne nécessitant aucun dialogue (à l'exception d'une, "Le Parleur"). On y retrouve le goût prononcé de l'artiste pour l'absurde et son regard corrosive sur notre société.
Ce Chat en trois dimensions, toujours tout en rondeur et accompagné de ces victimes-complices, oiseaux et souris, conserve toute son efficacité. Et nous regarde, impassible, pouffer dans nos masques.
L'exposition "Le Chat déambule" est présentée, côté Jardins des Champs-Elysées, entre le Rond-point et la place de la Concorde jusqu'au 25 juin. L'exposition sera ensuite présentée à Caen, Bordeaux et à l'étranger.
Les œuvres sont en vente à 300 000€ pièce. L'argent récolté servira à la création du musée dédié au Chat et au dessin humoristique que Philippe Geluck prévoit d'ouvrir en 2024 à Bruxelles.
La 11e édition du festival de la jeune photographie européenne ne pouvant se dérouler comme chaque année au 104, les organisateurs nous invitent à visionner le travail des photographes sélectionnés sur le site : https://www.festival-circulations.com.
La vidéo ci-dessous commandée par les organisateurs, le comité artistique Fetart et réalisée par Jeremy Vissio, vous propose une visite guidée de l'exposition in situ.
La RATP est, cette année encore, partenaire du festival et présente plusieurs photographes aux stations Saint Denis, Hôtel de Ville, Chatelet, Les Halles, Madeleine Jaures, Saint-Michel, La Chapelle, Gare de Lyon, Pyramides Luxembourg, Bir Hakeim, Nanterre.
Le passionné et passionnant Bertrand Tavernier est parti aujourd'hui. A 79 ans, il nous laisse une imposante filmographie, tant par le nombre de films réalisés que par leur qualité, une liste impressionnante que l'on serait tenté de publier simplement parce qu'elle suffit à dire le talent du cinéaste.
Ainsi, en 1974, il signe pour son premier film un classique, L'Horloger de Saint-Paul, avec l'immense Philippe Noiret et traite de la filiation, un de ses sujets fétiches que l'on retrouve notamment dans Daddy Nostalgie et dansle chef d'oeuvre, sommet de mélancolie, Un dimanche à la campagne, adaptation du magnifique livre de Pierre Bost "Monsieur Lamiral va bientôt mourir".
Observateur attentionné de notre société, célébrant la bonté des uns et dénonçant les travers des autres, il signe avec la fiction L627, un presque documentaire précis sur une brigade de police, avec L'Appât, une dénonciation de la banalisation de la violence, dans La mort en direct, celle de la société du spectacle (en 1980, bien avant l'arrivée de la télé réalité en France), dans Coup de torchon, celle du racisme et de sa bêtise, avec Holy Lola, les difficultés de l'adoption, dans Ca commence aujourd'hui, il salue l'abnégation des "maîtres" instituteurs face à la misère sociale. Il aimait filmer les gens au travail. Ses personnages, quelque soit l'histoire dans laquelle ils sont plongés, ont un métier, horloger, instituteur, policier, ouvrier, artisan..., qu'il met en scène avec précision. Dans Quai d'Orsay, il dessine de façon très drôle très documentée, la vie d'un ministère (celui de De Villepin) et l'effervescence du travail des conseillers et des secrétaires.
Tout terrain, il s'est aussi promené du côté des films historiques. En costumes d'époque, La princesse de Montpensier, Que la fête commence, La fille de d'Artagnan,La passion Béatrice, dans notre Histoire plus contemporaine, La vie et rien d'autre, Capitaine Conan, Laissez-passer.
Il a aussi célébré deux de ces passions, le jazz dans Autour de minuit et le cinéma américain mettant en scène Tommy Lee Jones himself dans Dans les brumes électriques.
Cet amoureux du cinéma, qui débuta comme attaché de presse et journaliste dans les revues spécialisées pour devenir des années plus tard le Président de l'Institut Lumière, était aussi un formidable conteur de l'histoire du 7e art. En 2016, son dernier long-métrage a pris la forme d'un documentaire. AvecVoyage à travers le cinéma français, Bertrand Tavernier nous invite dans une partie de son panthéon du cinéma français. Trois heures de ballade émouvante et drôle que les commentaires du cinéaste rendent hypnotique. Il poursuivra le voyage en 2018, sur Arte, avec 8 épisodes, lui permettant de présenter d'autres réalisateurs, comédiens et musiciens qui ont enchanté sa vie de spectateur.
Un partage de passion porté par sa générosité et son goût de la transmission.
Le 2 mars 1955, à Montgomery, en Alabama, dans un bus, Claudette Colvin, 15 ans, la peau noire, refuse de céder sa place à une femme blanche. Elle sera la première noire à oser plaider non-coupable face aux juges.
Tania de Montaigne relate le rôle précurseur joué par cette adolescente qui, 18 mois avant Rosa Parks, a osé défier les règles ségrégationnistes établies par Jim Crow. Noire dénonce l'indifférence de l'Histoire envers l'immense courage de Claudette Colvin ; courage dans son geste de rebelion, dans ses interventions face à la justice. Cette jeune fille fut aussi utilisée et abandonnée par les "vedettes" de la cause noire.
La scénographie basée sur des projections de videos et images d'époque et la qualité du texte dessinent parfaitement le contexte, la succession des faits, leur violence et leur injustice. Sur scène, au coeur, de ces illustrations, Tania de Montaigne invite le spectateur à s'identifier à une américaine "colored" vivant en Alabama dans les années 50.
Son court récit à la fois empathique et froid est saisissant.
Les séances d'avril au théâtre de l'oeuvre sont reportées en novembre 2021.
A défaut de pouvoir voir le spectacle en salle, une captation vidéo est accessible sur francetv.fr.
Noire, le livre de Tania de Montaigne (éditions Grasset), est disponible dans toutes les bonnes librairies.
A Brive, Emma et Anaïs, deux jeunes filles de 13 ans que tout oppose, milieu social, niveau scolaire, gestion émotionnelle, sont amies. Le documentaire les suit pendant 5 ans dans leurs études, leurs vies de famille, leurs amours, leurs amitiés.
Pendant 2h05, les séquences se succèdent sans commentaires, sans contextualisation ou témoignages directs des deux jeunes filles. Si cela fonctionne à peu près avec Emma qui semble avoir une vie assez linéaire, le processus pêche à dessiner le portrait d'Anais qui fait face à une vie plus complexe et plus riche. On aurait aimé la suivre avec plus d'attention.
Adolescentes vient de recevoir le César du meilleur documentaire.