Le Pavillon Carré de Baudouin poursuit son cycle sur la photographie (après les œuvres de Willy Ronis et de William Daniels) en accueillant Sylvain Cripoix.
Ce photographe français est spécialisé dans les photographies de rue et les portraits. Il présente ici des œuvres réalisées durant ces 15 dernières années, divisant l'exposition en quatre thématiques : les portraits, les photos de concerts, celles prises à Cuba les jours qui ont suivi la mort de Castro et une grande série sur Paris.
Si tout n'interpelle pas, plusieurs photographies accrochent particulièrement l’œil.
Sibyl s'apprête à abandonner son métier de psychologue pour se remettre à écrire quand Margaux jeune comédienne en perdition, lui demande de l'aide.
Après Victoria, Justine Triet offre à nouveau un très beau rôle à Virginie Efira. Cette psy-romancière totalement paumée et qui lutte pour ne pas être rattrapée par ses démons passés présente une vaste palette de jeu que maîtrise parfaitement Virginie Efira.
Côté scénario, l'ensemble est très inégal et on ne comprend pas toujours très bien la place accordée, ou pas, à certains personnages secondaires. La mise en place est un peu longue et semble se prolonger quasiment sur le premier tiers du film.
Le film démarre vraiment quand les protagonistes se déplacent sur l'île de Stromboli et le tournage du film dans lequel joue Margaux. Cette partie fait place à plusieurs scènes particulièrement efficaces et à l'occasion drôles, avec Sandra Hüller parfaite dans le rôle de la réalisatrice au bord de la crise de nerfs tout en retenu germanique. Les autres comédiens, Niels Schneider, Gaspard Hulliel, Adèle Exarchopoulos, Paul Hamy sont très bons également mais leurs personnages peinent à exister pleinement face à Sybil, personnalité qui occupe tout l'intérêt de la cinéaste. Laure Calamy, dans le rôle de la frangine, tout aussi déséquilibrée, est excellente.
Les quatre dernières scènes du retour à Paris semblent être posées l'une derrière l'autre de guingois comme les pièces d'un puzzle mal ajustées.
Ahmed, 13 ans, suit avec application les préceptes extrémistes de l'iman du quartier.
Les frères Dardenne dessinent le portrait d'un très jeune ado embrigadé dans l'extrémisme religieux. Leur personnage est un enfant sage, discipliné et respectueux, respectueux des préceptes de sa religion mais aussi de tout ce qui lui ai demandé tant que cela ne va pas à l'encontre de cette religion.
Ahmed est double. L'expression de ses entêtement, ses réflexions rappellent sans cesse son jeune âge tandis que sa dureté et l'objectif qu'il s'est fixé évoque les délires d'un adulte.
Les frères Dardenne suivent leur personnage sans prendre position jusqu'à la scène finale où l'enfant repend le dessus.
Salvador, réalisateur de cinéma reconnu, déprime. Il souffre de multiple troubles physiques qui, dit-il, l’empêchent de créer. Cette dépression et certaines circonstances le plongent dans une nostalgie qui le renvoie à son enfance et à ses anciennes amours.
Ce qui marque avant tout c’est la prestation d’Antonio Banderas, très fin dans l’interprétation de ce clone d’Almodovar. Le film déroule le portrait de ce cinéaste et de ses états d’âme en jouant sans cesse avec le vrai et le faux. Salvador porte les couleurs d’Almodovar, son allure, ses habitudes et ses rêveries qui multiplient les références à l'oeuvre du cinéaste. Mais est-il Almodovar ?
On peine à se détacher de cette obsession et cela gêne un peu la plongée pleine et entière dans le récit qui s’amuse à nous égarer. Le film n'en reste pas moins une oeuvre intrigante, entre autodérision, nostalgie, affres de la création et regrets éternels.