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1973, Claude Lanzmann débute 12 ans de recherches et de tournages, pour la réalisation de Shoah.

Ce documentaire créé à partir des 220 heures de rushs non utilisées par Claude Lanzmann raconte les coulisses des 12 ans de tournage, non sans difficultés tant sur le financement de son travail que sur la récolte des témoignages. Il fut souvent le premier à interroger toutes les personnes rencontrées, entrant parfois par effraction dans les mémoires de ceux qui ont voulu oublier. Le réalisateur a notamment dû ruser, faux passeports, faux titre de Docteur en Histoire, pour obtenir le témoignage des complices de l'extermination.

Le documentaire se concentre sur les témoignages difficiles ou défendus de récolter. Particulièrement concernant Treblinka avec la quête des témoignages de Gustav Laabs, chauffeur de camion à gaz, celui du conducteur des trains, ceux des paysans du village, Franz Suhommel, chef du commando en charge de vider les poches des personnes gazées, un chef des Einsatzgruppen responsable du massacre de Crimée. Mais aussi les témoignages de Simon Srebnik, déporté dans le camps de Chelmno où il devait vider les camions à gaz et jeter les cadavres dans les fosses, celui d'Abraham Bomba, déporté à Treblinka où il fut l'un des coiffeurs, d'Antek, commandant en second de l'insurrection du ghetto de Varsovie...

Les textes de la voix off ont été écrits à partir des mémoires de Lanzmann qui y expose ses doutes et ses tourments. 

"J'ai toujours été hanté par tous ces gens, morts seuls, abandonnés de tous. J'ai voulu faire ce film pour les ressusciter et les tuer une deuxième fois pour que nous mourrions avec eux, pour qu'ils ne meurent pas seuls."

A voir au cinéma ou en replay sur Arte.tv

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Le 8 décembre 2018, les Gilets Jaunes manifestent dans le quartier des Champs- Elysées. Un jeune homme, venu de Saint-Dizier en famille, est touché à la tête par un tir de LBD. L'Inspection Générale de la Police Nationale enquête.

Après l'excellent La nuit du 12sur les féminicides et leur traitement par la société et les forces de l'ordre, Dominik Moll plonge au coeur des déficiences du maintien de l'ordre et celles rencontrées par la Police des Polices.

Le réalisateur et son scénariste, Gilles Marchand,  choisissent de placer leur récit lors des manifestations des Gilets Jaunes, mouvement populaire qui a vu Monsieur et Madame Tout le monde descendre dans la rue en masse, parfois pour la première fois de leur vie, face aux forces de l'ordre. Des événements qui ont mis en exergue les limites d'une Police protectrice du citoyen.

Sans pouvoir développer les origines du mouvement des Gilets Jaunes, il parvient à travers cette famille à dresser rapidement le portrait représentatif d'une partie des manifestants. Travailleurs sociaux venus autant pour défendre le service public que pour faire un peu de tourisme, et inexpérimentés dans le fonctionnement d'une manifestation. Face à ces novices, et à l'ampleur du phénomène envenimé par des manifestants violents, des forces de l'ordre dépassées, désorganisées, laissées sans consignes et complétées par des brigades n'ont entraîné au maintien de l'ordre.Le cocktail parfait pour que tout dérape.

Si le scénario est original, il est très documenté, s'inspire de faits réels et évite tout manichéisme. C'est au coeur de l'IGPN et de l'enquête que va mener le Commandant Stéphanie Bertrand, que le scénario peut déployer toute la complexité de la situation en y ajoutant celle du statut de Police des polices considérée comme traîtresse par le reste de la Police, comme partisane de ceux-ci par les citoyens et bridée par les pouvoirs publics. Le récit est parfaitement mené, avec fluidité, sans complexité inutile et sans temps mort.

Léa Drucker est, une fois encore, impressionnante d'incarnation, entre rigidité due à la fonction et humanité. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous parfaits.

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Seymour, employé du fleuriste du ghetto, mal dans sa peau, découvre, après une éclipse totale du soleil, une étrange plante carnivore qui attire notoriété et clients pour la boutique. Mais Seymour et la plante ont un secret : pour grandir elle a besoin de sang et de chair humaine.

Valérie Lesort et Christian Hecq mettent en scène dans sa version française la comédie musicale montée à Broadway dans les années 80 par Alan Menken et Howard Ashman (qui ont par la suite redonné son lustre à Disney), comédie musicale qui est elle même tirée d'un film de série B de Robert Corman.

Pour profiter pleinement du spectacle, il faut oser s'abandonner à cette histoire outrancière où tout est surjoué et le kitsch totalement assumé.

On retrouve bien ici la folie du duo Lesort et Hecq qui place leur adaptation dans un esprit très cartoonesque. Les personnages sont haut en couleur, parfaitement kitchs et affublés de costumes inventifs. Les trois chanteuses qui commentent l'histoire en interludes sont excellentes à tout point de vue. La marionnette qui permet à la plante d'être incarnée est ingénieusement faite et articulée, lui donnant vie sans le moindre doute possible. Les dialogues et les textes des chansons sont très drôles. Ça chante bien, ça danse bien et ça joue Live les rythmes jazz, swing ou blues depuis les loges placées de chaque côté de la scène.

A voir jusqu'au 4 janvier 2025.

Lire les posts sur d'autres spectacles de Valérie Lesort et Christian Hecq :  Le voyage de GulliverLes soeurs Hilton20 000 mieux sous les mersLa mouche

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16 novembre 2015, 3 jours après les attentats du Stade de France, des terrasses et du Bataclan, une femme appelle la police car elle sait où se cachent les deux terroristes en fuite.

Entre témoignage de la vraie Sonia (voix modifiée et visage caché, même à l'équipe de tournage) et reconstitution de ce qu'elle a vécu par une comédienne (Carima Amarouche, très bien), ce docu-fiction raconte, en 4 épisodes de 30 minutes, l'histoire de Sonia qui s'est retrouvée par hasard mise en relation avec les terroristes et qui a eu le courage de prévenir la police. Une histoire rocambolesque d'où les services de l'État ne ressortent pas grandis contrairement à Sonia et son compagnon au comportement plus qu'admirable.

Sonia vit depuis sous une autre identité quelque part en Europe. Elle est le premier témoin français qui bénéficie d'une protection policière.

Le 10 décembre 2025, Life for Paris a lancé une cagnotte en soutien à Sonia. Vous pouvez y participer jusqu'au 31 janvier 2026. Cliquez ici

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Ana et Oscar se rencontrent au nouvel an 2015. C'est le jour de ses 30 ans à elle, lui les a eu la veille.

Elle, barmaid, lumineuse, adore voir son cercle d'amis s'agrandir et rêve d'aller travailler au Canada. Lui, médecin, de nature taciturne, donne difficilement sa confiance.

Cette série nous propose de vivre dix 31 décembre ou 1er janvier avec Ana et Oscar. Un jour de fête, ou pas, par an pour voir les deux héros évoluer, ensemble ou pas, à travers des scènes de vie simple, avec la famille, les amis ou les voisins. Les scènes de vie sont très naturelles et les deux héros très attachants.

A voir en replay sur Arte.tv

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