Hitch2.jpgFrançois Truffaut et Alfred Hitchcock reçoivent au Lucernaire dans un spectacle très particulier.

Ingrédient principal de la pièce : le Hitchbook. Le livre d'entretiens entre Truffaut et Hitchcock nourrit les dialogues. Le théme de Hitch est donc le cinéma, avant tout celui de Hitchcock, et aussi la relation particulière qu'entretenaient les deux réalisateurs.

Dés la première minute, les auteurs placent les deux cinéastes dans une situation incongrue qui rend un double hommage au goût du suspens d'Hitchcock et à l'admiration quasi passionnelle qu'entretenait Truffaut pour le maitre anglais. Cet événement sert alors de fil rouge pour dérouler l' entretien entre les deux hommes accompagnés d' Irma Hitchcock, épouse d'Alfred. Curieusement, et de façon tout à fait incompréhensible, au milieu de la pièce, les auteurs mettent fin au suspens abandonnant totalement l'intrigue, seule astuce du spectacle qui aurait permis de ne pas laisser sur le bord de la route les non cinéphiles. Toute la place est alors donnée aux échanges sur le cinéma. Evidemment, ayant abandonné toute intrigue, les auteurs ne proposent pas de chute. La pièce, définitivement mal ficelée, se termine sans qu'on sache pourquoi, car cela aurait pu durer ainsi des heures. 

Malgré ce tissage bancal, Hitch offre un bon moment, pour qui est passionné par Hitchcock et Truffaut. On rit souvent, le malicieux Hitchcock ayant particulièrement le sens de la formule et le personnage d' Irma étant particulièrement drôle aussi. Les comédiens (Joe Sheridan, Mathieu Bisson et Patty Hannock) sont excellents et la ressemblance avec Truffaut et Hitchcock est telle qu'il est facile, en se laissant aller à ses rêves les plus fous, d'oublier qu'il s'agit là de doublures.


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Annie-Girardot-www.zabouille.over-blog.com.jpgSouvenir du 15 décembre 2001 : une rencontre furtive, le temps d'une signature sur une affiche dans un café en face du théâtre de la Gaité Montparnasse après une représentation de "Madame Marguerite". Annie Girardot devant une bière sans alcool, voix grave, ton abrupt et bienveillant à la fois. La comédienne, fidèle à l'icône de notre enfance, nous bouscule un peu.

Les médias ont tendance à l'oublier, mais Annie Girardot, avant de devenir la représentante de tous les malades d'Alzheimer, a été une immense comédienne. Dans les années 70, elle était LA star du cinéma français. Toute notre enfance-adolescence sera bercée par ses films. Drôle ou touchante, elle a tourné avec les plus grands réalisateurs. Une liste aussi variée qu'impressionnante : Carné, Grangier, Allegret, Visconti, Oury, Rossi, Ferreri, de La Patelière, de Brocca, Audiard, les frères Taviani, Lelouch, Giovanni, Pinoteau, Boisset, Comencini, Molinaro, Blier, Haneke...

Les images bouleversantes de ses dernières années, celles troublantes de la remise des Césars de 1996, ne prendront jamais le pas sur celles de "Mourir d'aimer", "La zizanie", "Un homme qui me plait", "Rocco et ses frères", "Tendre poulet", "Vivre pour vivre", "Docteur Françoise Gailland"... ni sur celles du souvenir de la représentation de "Madame Marguerite".

 

 

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diplomatie-copie-1.jpgLes troupes du Général Leclerc sont aux portes de la capitale, lorsque le consul suédois Raoul Nordling s'introduit dans l'hôtel Meurice QG du général Von Choltitz. L'officier, gouverneur de Paris, s'apprête à faire sauter tous les monuments et ponts de la ville pour engloutir la capitale et stopper l'avancée de l'ennemi. Nordling et Choltitz se lancent alors dans une joute oratoire dont l'enjeu est Paris et par extension l'avenir de l'Allemagne déjà presque battue.

Diplomatie met en scène l'histoire dans l'Histoire sans que l'on sache très bien ce qui est vrai ou inventé. Mais peu importe, on sait que l'essentiel est bien réel : Choltitz a désobéi aux ordres et sauvé Paris.

L'auteur Cyril Gely offre aux deux comédiens des dialogues tendus, à l'écriture limpide et efficace. La dramaturgie est régulièrement allégée de bons mots qui bénéficient du jeu tout en ironie légère de Dussolier. La mise en scène et le décor sobres servent parfaitement l'histoire. Les petits détails semés avec parcimonie suffisent à nous immerger dans l'époque. Les indispensables, mais très, seconds rôles sont parfaits. André Dussolier excelle dans la peau du diplomate guindé, de l'humaniste sensible et de l'insolent trouble fête. Quant à Niels Arestrup, à lui seul il imprime toute la tension du moment et exprime avec un réalisme bluffant toute la violence et l'impuissance de cet homme prit entre deux choix impossibles. On perçoit chacun des basculements de cet officier qui voit son monde rêvé s'écrouler. Captivant.

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1870, Mattie Ross, 14 ans, part à la poursuite de Tom Chaney, l'assassin de son père. Elle engage Rooster Cogburn, un marshall alcoolique. Mais, LaBoeuf, un Texas ranger, est aussi à la recherche de Chaney et de la prime qui va avec.

Hailee Steinfield qui interprète l'ado qui n'a pas froid aux yeux est excellente. Le duo qu'elle forme avec Jeff Bridges est particulièrement réjouissant. Les personnages secondaires que croisent le duo sont aussi fameux. Les frères jouent avec les codes du western, en les suivants avec rigueur et respect tout en les détournant avec une certaine ironie, et présentent également un voyage initiatique.

La mise en scène est soignée et la photographie très belle. Les dialogues sont savoureux. 

Tiré d'un roman de Charles Portos, déjà adapté en 1969 par Henry Hathaway avec John Wayne, ce western revu par les Cohen nous réconcilie avec le genre.

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