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En 1915, alors que ses fils et beau-fils sont à la guerre, Hortense se tue au travail à la ferme avec sa fille Solange. Elle engage comme commis, Francine, une jeune orpheline.

Xavier Beauvois présente un film de forme tout d'abord austère dans son récit avec une mise en place proche du documentaire et une parcimonie des dialogues. Cette séduisante austérité s'estompe au fur et à mesure de l'épanouissement du personnage de Francine, laissant place à une réalisation un peu trop démonstrative, accentuée par la BO signée par Michel Legrand à la mélodie entêtante. 

Le film bénéficie d'une très belle photo et d'une réalisation tout en discrétion. Les plans fixes dominent et les mouvements de camera se font discrets. 

Le film est donc un peu bancal, affichant un vrai parti-pris artistique qu'il perd régulièrement pour le retrouver et le reperdre ensuite.

La distribution est du même acabit. Elle déçoit un peu dans le choix de Laura Smet et Nathalie Baye, en vieille paysanne. Mais elle enchante en la personne d'Iris Bry qui dans son premier rôle illumine le film.

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Henri et Tobias se retrouvent dans l'appartement familial pour s'accorder sur une affaire de succession. Ils attendent Carl leur frère en retard une fois de plus. Très vite, le ton entre les deux hommes s'envenime entre provocations et non dits.

La pièce écrite par Charif Ghattas offre de belles réparties à ses comédiens sur laquelle elle repose beaucoup. Si elle intrigue dès le départ, elle déçoit un peu dans son switch final. Mais la qualité de jeu de ses interprètes, Thibault de Montalembert et Francis Lombrail, séduit totalement. Ils sont tous les deux parfaits d'intensité.

À voir du 19 au 29 avril.

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À la fin du 19e siècle, en Russie, Natalia Petrovna trompe l'ennui avec Rakitine son ami, confident et amoureux platonique, tandis que son mari gère le domaine. L'arrivée récente du jeune précepteur de son fils vient troubler Natalia qui voit en sa jeune pupille, Vera, une rivale. Entre euphorie amoureuse, dépression, raison et déraison, Natalia va voir vaciller son petit monde.

Cette pièce, écrite par Tourgueniev en 1869, mélange l'esprit mélancolique et désabusé slave et une ambiance proche du vaudeville, à la fois drôle et désespérée. 

La mise en scène sobre d'Alain Françon présente un décor épuré et une très belle lumière qui fait de chaque scène un tableau. Sa direction d'acteurs surprend. Le docteur semble sorti  d'un Pagnol, Natalia à  des vapeurs à la Sara Bernhard, le prétendant de Véra semble un personnage de Molière. Le génie de Micha Lescot et la grâce d'Anouk Grinberg fonctionnent merveilleusement. India Hair, que l'on découvre ici pour la première fois au théâtre après nous avoir bluffé au cinema, est parfaite en jeune fille qui perd cruellement sa candeur. Dans un rôle malheureusement très secondaire, le plaisir de retrouver Laurence Côte agit aussi. Un très beau moment.

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Jocelyn, DG Europe d'un grand groupe, est un dragueur invétéré. Alors, qu'il laisse une jeune femme qu'il convoite penser qu'il est paraplégique, celle-ci lui présente sa sœur elle-même en fauteuil.

Il faut bien le dire, Franck Dubosc est de moins en moins drôle avec son personnage de dragueur ringard qu'il traîne depuis 20 ans. On sait aussi que la finesse n'est pas sa qualité artistique la plus évidente.

D'où l'immense surprise créée par le film qui n'est pas dénué de faiblesses mais qui surprend par ses nombreuses qualités. Maîtrise du récit, même s'il se prolonge inutilement sur les 20 dernières minutes. Direction impeccable des acteurs, avec une Elsa Zilberstein extrêmement drôle, un Franck Dubosc en retenu, Alexandra Lamy élégante comme d'habitude et un Gérard Darmon qui fait du Gérard Darmon comme on aime. Une tonalité qui laisse la part belle à l'humour (majoritairement efficace), mais aussi à un certain romantisme et un traitement délicat mais cash du sujet de l'handicap.

Peut-être que l'effet de surprise joue en faveur du film, mais toujours est-il qu'il se visionne avec un plaisir certain.

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Raphael Personnaz dit les mots écrits par Antoine Leiris à la mort de son épouse le 13 novembre 2015 dans l'attentat du Bataclan.

Dans une mise en scène, sobre et délicate, composée de chaises éparpillées, de quelques phrases projetées, d'interludes offerts en respiration par une pianiste discrète, Raphaël Personnaz impressionne par sa capacité à restituer le livre d'Antoine Leiris, son désespoir, sa colère et sa force, sans jamais sembler jouer. La sobriété de son interprétation et la beauté du texte d'Antoine Leiris saisissent puissamment.

Benjamin Guillard signe l'adaptation et la mise en scène, Antoine Salher la musique.

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