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Alors qu'il tente désespérément de récupérer son statut d'invalide auprès des services de l'État, Daniel Black rencontre Katie, mère célibataire qui, pour d'autres raisons, est elle aussi aux prises avec les services sociaux.  

Le film séduit d'emblée par sa  façon quasi documentaire de montrer la violence avec laquelle la sécurité sociale et le pôle emploi anglais, moitié public, moitié privé, traitent leurs "usagers". À la recherche de résultats (réduire au maximum le nombre de beneficiaires) ces institutions précipitent les plus démunis dans des situations absolument kafkaïennes et, par ricochets, dans la misère. L'absurde et l'humiliation y règnent en maîtres. La démonstration de Ken Loach, dans des scènes qui peuvent être, à la fois, drôles et bouleversantes, est particulièrement efficace. Ces personnages, victimes ou "bourreaux" sont bien dessinés. Les comédiens, enfants compris, sont parfaits. Dave Jones (Daniel Black), lumineux, créé d'emblée l'empathie. Si le film perd un peu en puissance c'est dans la tournure sentimentalo-tragique que prend le récit dans sa seconde partie. Un traitement qui alourdit inutilement le propos et dont le film n'avait pas besoin pour toucher sa cible.

Le film à reçu  la Palme d'or au festival de Cannes 2016.

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L'Outsider raconte les huit années que Jérôme Kerviel a passé à la Société Générale jusqu'à son renvoi et ses déboires judiciaires.

Le film décrit particulièrement bien l'évolution de la personnalité de son héros. Jeune homme ambitieux plutôt timide qui se transforme en type arrogant qui perd, jusqu'à la folie, le sens des limites. Arthur Dupont, grand comédien souvent sous exploité, est excellent. Il maîtrise à merveille l'étendu de la gamme de jeu qu'il doit déployer pour interpréter cette personnalité complexe qui cherche l'exploit et la gloire sans apparent intérêt pour l'argent qui va naturellement avec. Le reste du casting est parfait également. Le récit est rondement mené sans lenteur ni précipitation, tout en communiquant avec force la folie du milieu. L'ambiance qui régne dans les bureaux des traders entre frénésie, stress intense et hystérie est très bien rendu. Les points techniques sont expliqués rapidement mais suffisament simplement pour qu'on s'y retrouve aisément.Une belle réussite.

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Tout est écrit dans Le Grand Livre du Spectacle clame François Morel ! Les déplacements du chanteur, ses humeurs, celles des musiciens et les vivas du public évidemment conquis. François Morel, entre chaque chanson, consulte Le Grand Livre, lance des défis à ces musiciens, tente des imitations... Car un concert de François Morel n’est jamais tout à fait un concert, ni tout à fait un spectacle comique. Cette fois-ci, il prend l’allure et les lumières d’un tour de chant comme à l’époque où les chanteurs prenaient toute la lumière laissant leurs musiciens dans l'ombre. Bien sûr avec François Morel tout ça « c’est pour de faux », mais ne vous y trompez pas, l’artiste fait vraiment et très bien le chanteur, les chansons sont bien écrites, les mélodies d'Antoine Sahler sont agréables, ses arrangements soignés et les musiciens épatants. Alors entre les « sketchs » en interludes et les chansons sympas, La Vie (titre provisoire) offre 1h30 bien agréable tout comme l’était déjà « Ce soir des lions ». Seul bémol cette fois-ci : la dimension de la scène de la salle Renaud-Barrault, sur laquelle l’artiste et ses quatre musiciens semblent bien loin les uns des autres. Mais c'est un détail.

A voir jusqu'au 6 novembre.

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A 3 heures du matin, Raphaël reçoit un appel de Léo. Celui-ci est en panne de voiture à près d'une heure de Paris et demande à Raphaël de venir le chercher.

L'Invitation est une comédie (mais pas trop) - dramatique (mais pas trop) sur l'amitié. Si on hésite à classer ce long-métrage dans le simple registre de la comédie c'est que le film, s'il est souvent drôle, notamment autour du personnage de Léo jouisseur provocateur, fragile et truculent, présente en Raphaël un personnage plus sombre. Cette comédie offre ainsi un peu plus de finesse que la moyenne du genre. Les dialogues écrits par Michael Cohen et Nicolas Bedos sont percutants. Les scènes bien calibrées dans leur durée ne s'allongent que si la situation ou le malaise qu'elles portent le demandent. La réalisation est alerte sans être révolutionnaire, même si on note une mise en scène particulièrement réussie dans une séquence de dîner entre amis. Le casting est de premier choix avec en tête Nicolas Bedos, excellent, suivi de Michaël Cohen et Camille Chamoux et dans de très seconds rôles Gustave Kervern, Bernie Bonvoisin, Patrick Préjean, Jean-Pierre Malo et, cerise sur le gâteau, Jérôme Kircher. Si la grande scène de fin est convenue, Michaël Cohen la gère de façon habile atténuant ses inévitables faiblesses. Sans être le film de l'année (ce qui pourrait difficilement arriver à une comédie même dramatique), "L'Invitation" offre 1h30 de cinéma agréablement menée.

A voir au cinéma dès le 9 novembre.

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Bertrand Tavernier nous emmène dans une balade de trois heures à travers les films qui lui ont donné le goût du cinéma. Par le biais de portraits, ceux de réalisateurs Jacques Becker, René Clair, Jean Renoir, François Truffaut, Claude Sautet..., de compositeurs, Joseph Kosma et Maurice Jaubert, de comédiens, Jean Gabin (beaucoup), Erich Von Stroheim (un peu) et Eddy Constantine, le réalisateur nous explique pourquoi ces artistes avaient plus de talent que la moyenne. Il commente des scènes issues de chefs d'œuvre du cinéma français qui nous rappellent s'il en était besoin qu'à l'époque on avait le sens du dialogue et du travelling. Cette sorte de leçon de cinéma est passionnante et d'autant plus captivante que Tavernier est un merveilleux conteur parsemant son propos d'anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. On prend beaucoup de plaisir dans ce voyage et si la frustration vient c'est uniquement de ne pas y retrouver d'autres artistes qu'on aimerait voir commentés par le passionné Bertrand Tavernier. Pour consolation, le réalisateur nous promet pour bientôt une série d'émissions à la télévision sur d'autres personnalités du cinéma français.

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