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Daniel, 11ans, malvoyant, vit dans un chalet à la montagne avec sa mère Sandra, son père Samuel et son chien Snoop. Un jour, de retour de promenade, il trouve son père mort étendu dans la neige au pied du chalet.

Homicide ou accident ? C'est sur cette interrogation que repose le film qui nous invite au coeur de l'intrigue. En prenant le parti pris de développer son récit au plus près de l'accusée, de ses avocats et de Daniel, Anatomie d'une chute présente un angle de vue qui impose au spectateur de s'interroger tout au long du film sur Sandra, intellectuelle, indépendante, dont on ne sait si l'ambiguïté nait de la barrière de la langue, du besoin de protéger son fils, du traumatisme de la mort de son mari ou d'une culpabilité, et de s'identifier au jeune Daniel, pris entre son père mort et sa mère suspectée. Cette Anatomie d'une chute est aussi l'autopsie d'un couple, tous deux écrivains, marqués par un accident et rongés par une inégalité dans la réussite professionnelle.

L'intelligence du scénario (écrit par la réalisatrice et Arthur Harari, réalisateur du génial Onoda) et la qualité de la réalisation, qui alterne les angles de vue et présente de belles idées de mise en scène, maintiennent totalement notre intérêt même dans les scènes de procès, genre cinématographique casse gueule et partie importante du film. La qualité des dialogues et le soin mis dans le portrait de chaque personnage, servis par des interprètes remarquables (Sandra Huller, Swann Arnaud, Antoine Reinartz, Samuel Theis et le jeune Milo Machado Granger), font d'Anatomie d'une chute un film intense, parfaitement réussi.

Le film a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes 2023.

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La bataille de Solférino,  Victoria, Sybil

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En 1944, au Japon, alors que la guerre du Pacifique semble presque perdue, Hiro Onoda est enrôlé dans l'armée de la guerre secrète dont les préceptes sont de rester en vie, de résister quoi qu´il arrive et de ne croire qu'en soit même. Onoda est envoyé sur l´île de Lubang dans les Philippines pour contrer le débarquement des américains. 

Arthur Harari conte l´histoire de ce soldat japonais et des trois hommes qui le suivirent. Pendant 30 ans, il restera convaincu que la guerre n´est pas finie. 

Le scénario d'une grande maîtrise présente un récit au rythme lent contredit par une succession d´événements qui ne laissent aucune place à la lassitude. La realisation, servie par une photographie remarquable, est magistrale alternant plans serrés sur les visages, intensifiant l´enfermement dans la jungle et dans l'abnégation, au nom du devoir et de l'honneur, et les plans larges sur les paysages majestueux, offrant des moments de liberté ou au contraire de mise en danger. Le travail sur le son, extrêmement soigné, qui laisse toute la place aux bruits de l'environnement, participe grandement à nous entrainer dans cette étrange et folle guerre jusqu'à la scène finale qui nous plonge dans une émotion inattendue. Les comédiens, Yuya Endo en tête, sont tous remarquables.

Le film a reçu le Prix Louis-Delluc en 2021 et le César du meilleur scénario en 2022.

A ne pas manquer en Replay sur arte.fr

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Le plus grand lavomatic du monde se trouve à Berwyn aux USA, un quartier déshérité dans la banlieue de Chicago. 300 machines y tournent, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Son propriétaire, Tom Benson, fils d'ouvrier qui plus jeune voulu être prêtre, souhaite donner à son entreprise un rôle social important. Ceci, sans toutefois négliger la rentabilité de son entreprise : "Vous pouvez faire des choses magnifiques sans gâcher votre plaisir de faire de l'argent." Soirée pizza le mercredi, animations pour les enfants, loterie gratuite... il multiplie les activités pour fidéliser la clientèle.

Auberi Edler observe cette étrange mini société américaine où Tom et son fils dominent des employées pauvres et épuisées et une clientèle pauvre et fatiguée. La journaliste donne particulièrement la parole à ces salariées, d'origine hispanique ou afro-américaine, aux destins cruels, qui triment durement. De son côté, Tom insiste sur la fonction sociale de son entreprise, en offrant notamment une aide financière à un étudiant méritant. Mais face à lui ou son fils, l'attitude et le langage corporel de ses interlocuteurs et interlocutrices, nous interrogent sur l'impact de la caméra sur son discours.

Ainsi, si Tom Benson représente une certaine réussite à l'américaine, cela fait longtemps que ses employées ont renoncé au rêve américain.

A voir en Replay sur Arte.tv jusqu'au 5 décembre 2023.

 

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Barbie (version Stéréotypée) vit heureuse à Barbyland entourée de toutes les Barbie et de Ken Stéréotypé et de tous les autres Ken. Toutes les journées parfaites se succèdent jusqu'au jour où Barbie évoque la mort.

La première partie du film, dont l'introduction façon 2001, l'odyssée de l'espace de Kubrick, est très efficace. La reproduction du monde de plastique de Barbie est particulièrement réussie et les détournements très drôles. Margot Robbie est parfaite et Ryan Gosling est un Ken magnifiquement fade. L'histoire se déroule à un rythme soutenu, efficace dans ses idées, son humour et ses détournements. Le portrait de la Direction de Mattel assez jouissif avec un excellent Will Ferrer en Big Boss

Puis, le scénario se centre sur Ken et son besoin d'exister en toute indépendance dans Barbyland. Le récit devient poussif, laborieux et bégayant. Le peu d'humour qui reste s'alourdit. Le discours pseudo féministe ne fait même pas illusion. Certaines idées semblent abandonnées en cours de route et le virage final qui fait se rencontrer la créatrice et sa créature perd de son potentiel émotionnel.

Dommage.

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La pièce Tout ce qui ne tue pas a été écrite à partir des témoignages de Jamel, Florian, Matthieu, Mohamed, Medhi, Chamsi, Ami, Antoine,  Menelick,.. une vingtaine de jeunes hommes âgés entre 20 et 30 ans et vivant à Sevran et ses environs.

Ils ont raconté leur vie, leurs difficultés, leurs projets à Dorothée Zumstein auteure, et Valérie Suner, metteuse en scène et directrice du Théâtre de la Poudrerie qui propose des spectacles joués à domicile.

Julie Chauvin a suivi la création de la pièce depuis l'interview des témoins, le travail des deux comédiens Teddy Chawa et Julien Leonelli, jusqu'aux représentations chez les habitants de Sevran, au plus près des protagonistes de la pièce. Elle donne à voir la puissance du spectacle vivant qui dans sa forme participative, auprès d'un public au regard neuf, bouscule aussi les spectateurs et les comédiens.

A voir sur publicsenat.fr jusqu'au 13 septembre 2023

 

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