Antoine et Olga, sont installés depuis quelques années dans un village de Galice (Espagne). Dans leur ferme, ils cultivent bio et ont voter contre l'implantation d'éoliennes contre l'avis d'une partie du village.
Le réalisateur d'El Reino compose un thriller, à la fois haletant et lent. Petit à petit, la tension monte et les portraits des protagonistes se font de plus en plus précis. Chacun a ses raisons mais tous n''ont pas toute leur raison.
La campagne à la fois belle et hostile est un décor de choix, entre plénitude et effroi, pour cette confrontation de deux mondes. Marina Fois et Denis Menochet sont épatants et les comédiens espagnols le sont tout autant.
Dans la nuit du 12 octobre 2016, près de Grenoble, Clara, 19 ans, est brûlée vive par un inconnu. L' enquête est menée par la PJ.
Dès la première image, il est annoncé que le criminel, comme dans près de 20% des affaires judiciaires en France, ne sera pas trouvé. Cette absence de coupable est au coeur du film mais il n'en est pas le sujet. Dominik Moll nous plonge au sein d'une brigade de la police judiciaire, dans le quotidien de ses policiers qui font face aux obstacles logistiques dans la conduite de leur enquête et aux impacts psychologiques et émotionnels que l'horreur des crimes leur inflige.
Il ne faut pas s'y méprendre. Il ne s'agit pas d'un remake du L627 de Bertrand Tavernier, fiction quasi-documentaire sur les conditions de travail de la police. Dans La Nuit du 12, le réalisateur interroge fortement le rôle des hommes et leur regard sur ce féminicide et sa victime. Yohann, le chef d'équipe et son co-équipier Marceau, tout deux hantés par l'incompréhension d'une telle l'horreur, font face à la tentation de certains de leurs collègues de réduire Clara au statut de "fille facile". Et quand ils interrogent les hommes de la jeune vie de Clara, ils font le constat que tous auraient pu commettre ce crime. Les personnages féminins peu nombreux, dont la meilleure amie de Clara, sont là pour recadrer et rappeler l'importance de ce crime et le statut de victime de Clara. Une de ces héroïnes, une policière ayant rejoint la brigade, s'interroge sur une police d'hommes qui enquête sur des hommes qui assassinent des femmes. Un monde d'hommes pour les hommes.
La réalisation, dans des paysages de montagne à la fois magnifiques et austères, souligne l'intranquiilité et la solitude. Solitude des proches de la victime face à la peine et l'incompréhension, solitude du policier face à l'horreur et l'incapacité de trouver le coupable. Dominik Moll réalise ici sans doute son meilleur film. En plus de ses qualités d'écriture, le scénario se déroule sans temps morts et distille avec finesse ses messages, et de la justesse de sa réalisation, le film affiche une distribution parfaite avec en tête Bastien Bouillon, Bouly Lanners, Pauline Seryers, Julien Frison et Anouck Grinberg.
Le film est inspiré du livre ,18.3, une année à la PJ de Pauline Guena (Denoël)
70 œuvres (essentiellement des représentations des oeuvres) de Banksy sont exposées au Centre des congrès d´Alfandega à Porto jusqu´au 4 septembre.
L´artiste de street-art qui agit dans l´anonymat depuis 30 ans n´aurait pas donné son accord pour cette exposition comme pour toutes celles qui ont lieu dans le monde (dont la série d´exposition The World of Banksy déclinée à Paris, Dubai, Bruxelles, Barcelone, Prague et Milan) Cette précision est importante et met fin à nos interrogations sur la cohérence entre ces œuvres (qui dénoncent tous les travers de nos sociétés dont le capitalisme et le consumérisme), la boutique de produits dérivés et le billet d'entrée à 15€.
Sortis de ces considérations, on peut apprécier la beauté du lieu, immense, qui laisse de l'espace entre les oeuvres et l'effort fait sur la scénographie sans doute pour pallier le manque d'oeuvres originales, les organisateurs allant jusqu'à exposer les pochettes de disques de Blur dessinées par Banksy. .
Cette exposition permettra à ceux qui ne connaissent pas l'artiste de découvrir son univers où anarchie et humour règnent. Les autres pourront se questionner sur la pertinence de donner leur argent à des entreprises qui exposent un artiste contre son grès.
A 11 ans, Marie Caillaud entre au service de George Sand. A 15 ans, l'écrivaine lui apprend à lire, à écrire et à perdre son accent berrichon pour jouer la comédie. Maurice le fils de la maison trouve la domestique à son goût.
Marie des poules conte l'histoire de cette paysanne dont la vie fut transformée par la famille Sand, elle même bousculée par cette domestique.
Béatrice Agenin interprète Marie des poules de l'enfance à l'âge adulte ainsi que le rôle de George Sand. Elle impressionne tant qu'à aucun moment on ne doute de son, ses, personnages. La candeur de l'enfance, celle de la condition sociale, la soif d'apprendre, le chagrin amoureux et la combativité de l'une, l'assurance, la modernité et l'autorité de l'autre, toutes les émotions et les humeurs de ses deux femmes, Agenin nous les donne à voir sans caricature. A ses côtés, Arnaud Denis, qui signe également la mise en scène élégante, est parfaitement trouble entre bon à rien prétentieux et faux sale type prisonnier d'une condition bourgeoise et d'une époque où chacun, quoi qu'on est pu laisser croire, devait rester à sa place.
Molières 2020 de la meilleure pièce du théâtre privé et de la meilleure comédienne.
Charlotte filme Jane pour pouvoir la regarder comme elle n'a jamais osé le faire, empêchée par une pudeur mutuelle qu'elles peinent à surmonter.
Mieux vaut être attaché à ces deux artistes pour apprécier à sa juste valeur cet inédit, beau et pas banal documentaire. Rarement, on se sera approché aussi près de l'intimité d'une personnalité. Ses peurs, ses naivetes, ses manies, son quotidien avec les hommes de sa vie, ses insomnies, ses chiens, sa relation à ses filles, ses deuils, sa maladie... Jane répond aux questions de Charlotte, la rassure aussi parfois quand elle doute. Car ce portrait d'une mère par sa fille dit aussi beaucoup sur Charlotte, mère également.
Cela pourrait être d'une impudeur gênante. Mais, la sincérité de Jane et la douceur de Charlotte auxquels s'ajoutent un humour certain, la qualité du montage et la variété du filmage font de ce film un documentaire captivant et une merveilleuse déclaration d'amour mutuel.