Le musée d'Orsay présente la première exposition consacrée à Christian Krohg en dehors de la Scandinavie.
Le peintre Norvégien de la fin du XIXe siècle soigne particulièrement ses cadrages. Il saisit ses personnages dans l'action ou dans leur intimité n'hésitant pas à les peindre de dos comme à leur insu. Ainsi, il fait le portrait du peuple norvégien, travailleurs, miséreux, marins ou artistes bohèmes libertaires avec une grande empathie. Il peint également des scènes personnelles familiales. On retrouve dans ses oeuvres la lumière si spécifique aux peintres du nord.
Si la propagande imprimée a connu un essor considérable pendant la Révolution Française, c'est seulement dans la seconde partie du XIXe siècle, que l'usage des affiches illustrées en couleur se développe, tout particulièrement à Paris.
Le musée d'Orsay propose une belle exposition de 230 affiches. A l'époque, ce sont de vrais artistes tels Vuillard, Bonnard, Toulouse Lautrec ou l'artiste tcheque de l'art nouveau Alfons Mucha qui mettent leur talent au service de la publicité pour des produits, des magasins, des spectacles et parfois des charlatans. Mais là première star du genre, bien représenté dans l'exposition, est Jules Cheret qui aura rapidement l'idée de mettre en avant des femmes légèrement vêtues, "les cherettes". L'exposition se développe en chapitres : transformation de la ville, la consommation, les avants gardes, les spectacles, la politique...
Thibault, grand chef d'orchestre international, a une leucémie et besoin d'une greffe de moelle osseuse. Apprenant qu'il a été adopté, il part à Walincourt dans le Nord, à la rencontre de son frère
Si le sujet du déterminisme de classes fait craindre le pire, le traitement sans caricature qu'en fait Courcol donne au film de réelles qualités. Autre intérêt du film, la vraie place donnée à la musique jazz, classique façon orchestre ou fanfare... dans de nombreuses longues scènes. A cela, s'ajoute la qualité du casting. Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin, Sarah Suco, Jacques Bonnafe sont parfaits.
Sidonie Perceval, écrivaine reconnue, est invitée à Osaka par son éditeur japonais qui réédite son premier livre.
Un film, formellement très beau, sur le deuil et la culpabilité du survivant, sur le poids de l'absence, sur l'abandon favorisé par l'immersion dans une nouvelle culture, sur la pudeur japonaise et l'impudeur de l'écriture. C'est aussi l'histoire d'une rencontre entre deux solitudes, deux désespoirs.
L'étrangeté d'Isabelle Huppert agit particulièrement bien dans le rôle de cette femme à la fois désespérée et déterminée. À ses côtés, Tsuyoshi Ihara séduit tout autant, Leur diction hachée participe au décalage du film. Ainsi, le scénario et la réalisation présentent des touches de burlesque parfaitement dosée participant aux ruptures de tons qui parsèment le film et lui donne ce rythme parfait.
Ce film est comme un poème que l'on trouve beau pour sa lumières, ses paysages, sa mélancolie, ses fulgurances, son étrangeté et ses mystères.
L'élégante bande originale est signée Gabriel Massini.
En mai 1968, la famille Boltanski vit soudée dans un appartement de la rue de Grenelle. Entre effrois et envie d'en être, ils suivent les mouvements sociaux.
Le film est inspiré du livre autobiographique de Christophe Boltanski (prix Femina 2015). Les scénaristes ont toutefois choisi de concentrer son action en mai 68. Le film fait le portrait d'une famille haute en couleurs, marquée par la guerre et la déportation, vu par les yeux d'un petit garçon de 9 ans, Christophe, le narrateur.
Il est le seul avec ses parents à ne pas vivre en permanence dans l'appartement familiale qui est occupé par Grand oncle, linguiste, Petit oncle, plasticien qui a eu la mauvaise idée de lancer sa première exposition ce mois de mai, l'arrière grand-mère, nommée Arrière Pays, qui est arrivée d'Ukraine à la fin du XIXe siècle, Mère-grand sociologue et Père-grand, médecin généraliste qui a peur du sang. Ils vivent très soudés, semblant limité les sorties à l'extérieur de leur appartement au maximum. Au mieux, ils utilisent l'Ami 6 conduite par Mère-grand qui y donne ses rendez-vous.
Le film séduit par la générosité de ses comédiens, tous excellents, Dominique Reymond, d'une finesse de jeu inégalable, Michel Blanc, touchant de fragilité dans son dernier rôle, Liliane Rovere, géniale, William Lebghil, très crédible en linguiste premier degrés, Aurélien Gabrielli, tout à fait crédible en Christian Boltanski et la révélation, le jeune Ethan Chimienti. Mais le film séduit également formellement. Il nous invite dans les souvenirs de Christophe et en adopte les couleurs, les zooms sur des détails et le son du moteur du projecteur des films en super 8 de l'époque dans les scènes de voitures où le paysage qui défile est volontairement artificiel.