Michaël est médecin de nuit dans les quartiers nord de Paris. Il a une importante clientèle de toxicomanes auxquels il prescrit du subutex. Sa vie est bouleversée par les services qu'il rend à son cousin pharmacien et par sa relation avec Sofia.
Le film repose beaucoup sur le talent de Vincent Macaigne de tous les plans et particulièrement attachant dans ce personnage de bon samaritain abusé par ceux qu'il aide et aime.
Le récit rapide ne s'embarrasse pas de scène inutile. La réalisation aussi précise dessine parfaitement l'étau qui se resserre et l'angoisse qui monte dans ce Paris nocturne. Un film d'1h20 assez marquant.
L'Oeil détective privé est missionné pour enquêter sur Lucie la fiancé de Paul, le fils de ses clients. Alors qu'il débute son enquête Lucie assassine Paul et fuit la France. L'Oeil qui cherche sa fille Marie depuis 20 ans la voit en Lucie qu'il décide de suivre.
Mortelle Randonnée est à la fois un polar, un thriller, un film sur le deuil et sur la folie, L' étrange et le délire sont au coeur du film tant dans le fond que dans sa forme : l''Oeil (Michel Serrault, parfaitement bizarre) qui commente à voix haute ce qui se passe et ce qu'il imagine, un couple inquiétant (Guy Marchand et Stéphane Audran, méconnaissable), le jeu d'Adjani en tueuse traumatique, la musique de Carla Bley, les dialogues de Michel Audiard.
Film génial ou ringard ? On hésite pendant deux heures jusqu'à la scène finale.
Alexandre, chômeur, a deux mois pour prouver à sa femme qu'il peut s'occuper de ses enfants et être autonome.
Bruno Podalydès inscrit sa poésie et sa fantaisie dans la dénonciation du tout connecté et d'une société uberisée, start-upisée, déshumanisée. C'est drôle, inventif et tendre.
Parfaitement interprété par les frères Podalydès, Sandrine Kiberlain et Luana Bajrami.
A Tokyo, Mikio tient une imprimerie et vit avec sa jeune épouse, sa petite fille et sa sœur divorcée. Un jour, Kagawa, que Mikio à connu autrefois, entre dans l´imprimerie.
Koji Fukada propose un film de home invasion, genre que le cinéma traite régulièrement. Le récit se déroule sans réelle surprise jouant plus sur le décalage comique que sur l'angoisse, sans intriguer vraiment si ce n'est sur son intention. S'agit-il d"une critique d'une société japonaise corsetée, enfermée dans les apparences, effrayée par la pauvreté et les étrangers... Ou est-ce au contraire une démonstration que le danger vient de l'extérieur ? Le réalisateur semble sans cesse jouer sur les deux tableaux sans prendre une position claire.
Si le film n'avait pas été tourné en 2010, on serait tenté, à quelques semaines de l'ouverture des JO de Tokyo dont le maintien en période de pandémie est controversé, de pencher pour la seconde hypothèse. Plus sûrement, on pariera sur une critique un peu simpliste du Japon et des travers de sa culture insulaire.
Avec sa maman, Marion, et son père, Nelly revient dans la maison de sa grand-mère qui vient de mourir. Il faut faire le tri dans ses affaires et vider les lieux. Mais Marion, bouleversée, part et laisse Nelly et son père seuls dans la maison. Quand Nelly arpente la forêt mitoyenne, elle rencontre une petite fille qui lui ressemble.
Céline Sciamma filme depuis toujours l'enfance et l'adolescence féminine, âges des questionnements et de la construction. Ici, elle fait de son héroïne une petite fille à l'écoute des grandes personnes, une petite fille curieuse de l'enfance de ses parents, de ce qui les a construit. Cette curiosité et cette ouverture à l'autre placent d'emblée Nelly, et par identification le spectateur, dans les meilleures dispositions pour accueillir la rencontre extraordinaire qui l'attend au coeur et de l'autre côté de la forêt.
La magie réside ici dans la capacité de Céline Sciamma à emporter le spectateur dans cette histoire fantastique sans que le fantastique soit au centre du film. L'important se situe dans la rencontre, les émotions qu'elle suscite, les réponses qu'elle apporte et la possibilité de renouveler un dernier au revoir qui laissait des regrets.
Le récit au cordeau associé â une réalisation millimétrée, un montage précis et à une interprétation de Nina Meurisse, de Stéphane Varupenne, de Margot Abascal et des jeunes Joséphine et Gabrielle Sanz, tout en retenue, permet d'aller droit à l'émotion et aux questionnements sur la transmission, la sororité, la relation parent-enfant, l'absence, l'amitié, ce qui reste de l'enfance...