Au début du XVIIIe siècle à la cours d'Anne d'Angleterre, les deux favorites, l'historique et la nouvelle, se font la guerre.
Tout est caricature jusqu'au ridicule dans ce film prétentieux : dialogues, accompagnement sonore, jeu des comédiens... Auxquels s'ajoute une réalisation hideuse abusant jusqu'à l'indigestion du fisheye, du grand angle et des travelling avant et arrière en parfaite ligne droite.
Décrire la démesure avec outrance, dépeindre le moche avec laideur n'est que paraphrase. Ridicule et vain.
Daniel Auteuil interprète et met en scène le Malade Imaginaire dans une version que l'on imagine assez proche de ce qu'en faisait Molière. L'affliction, la manipulation et le romantisme se côtoient, tous trois baignés, dans le grotesque et la farce.
Totalement, perdu et manipulé, trop bon et trop crédule pour être maître de son propre jugement, le Argan d'Auteuil est, dans ses colères, ses émerveillements, ses inquiétudes et sa naïveté, proche de l'enfance. L'acteur s'en donne à cœur joie. Sans jamais tomber dans le sur-jeu, son interprétation est parfaitement dosée.
Il s'est entouré de comédiens qu'il sert merveilleusement, sans les écraser. De la toute jeune interprète de Louison à Alain Doutey en passant par Aurore Auteuil, qui est parfaite en poil à gratter d'Argan, chaque comédien existe pleinement.
Ils évoluent dans les beaux et signifiants décors de Jean-Paul Chambaz et les costumes de Charlotte Betaillole. La mise en scène de Daniel Auteuil, par contraste avec l'énergie donnée aux déplacements de son entourage, souligne l'enfermement d'Argan. Et résume en deux scènes, celle sensible d'entrée et celle carnavalesque de l'épilogue, la tonalité de la pièce, à la fois burlesque et touchante.
Earl Stone, 80 ans, horticulteur, est au bord de la faillite. Pour subvenir à ses besoins et aider son entourage, il accepte de faire la mule pour des trafiquants de drogue.
Eastwood vieillit et s'assagit. Ici, l'acteur-réalisateur dénonce le sort réservé à l'américain moyen qui a donné sa vie au travail et qui se retrouve dans ses vieux jours sur la paille. Sur la forme moins de violence, moins de nationalisme, toujours autant de sentimentalisme grossier et une aussi surprenante que rapide dénonciation des violences policières.
Après avoir, en 2013, révélé au public parisien, les très belles oeuvres photographiques noir et blanc de Vivian Maier, la galerie Les Douches présente une vingtaine de ses oeuvres en couleur.
Si toutes les photos exposées ne semblent pas rendre tout à fait hommage à son grand talent, quelques unes, dont les autoportraits, reflètent parfaitement le regard singulier de cette étrange nounou.