Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas autant ri au cinéma. 2 days in Paris est juste hilarant. L'humour vachard de Julie Delpy sonne comme du Woody Allen. Le montage est vif sans être précipité, le jeu des acteurs (tous excellents) laisse à penser que l'improvisation a eu sa place. Tout sonne étonnament vrai d'un bout à l'autre jusqu'à la dispute finale qui pour le coup aurait mérité d'être plus écrite. Une des rares fausses notes de ce film qui pourrait bien entrer au panthéon des films qui ont bercé nos vies.
Aaron en concert au Festival Indétendances, c'est la voie George Pompidou, le pont Marie et au dessus le quai Henry IV envahis par la foule. c'est Simon Buret, le chanteur, partagée entre émotion et euphorie de se trouver devant tout ce monde là, dans ce décor là. c'est sa belle gueule, sa belle voix cassée et son jeu de scène étrange entre bourrée auvergnate, danse écossaise et derviche tourneur, c'est les imparables mélodies pop-rock du groupe dont le très émotionnel "Lili", c'est Olivier Coursier l'autre partie du duo au piano et Maeva, pièce rapportée pour la tournée, au violoncelle. C'est un moment fort en émotion musicale et en convivialité tant le plaisir des deux musiciens est communicatif et communiqué avec force et simplicité. Aaron en concert à Paris Plage ça donne envie que ça recommence.
21h00, nous arrivons comme une fleur (ou plutôt comme un bouquet) sur le Champ de Mars. Sur la scène, on joue les premières notes de "La poupée qui fait non". Le temps de fendre la foule, nous voilà parés pour écouter le concert de Michel Polnareff qui arrive sur scène le drapeau français en guise de cape.
Bon timing, nous avons échappé à Bob Sinclar, Tokio Hotel et autres amuse gueule du pauvre.
Nous sommes pas mal placés. Devant nous, il y a du monde, l'équivalent de la fosse de Bercy en deux fois plus large, mais derrière nous il y en a 10000* fois plus et ce jusqu'à la Tour Eiffel derrière laquelle le soleil s'apprête à se coucher. J'envie Polnareff qui de la scène doit avoir une vue magnifique et spectaculaire.
Polnareff est tout petit comme un playmobile, mais sur les écrans géants on peut le voir en très gros plan. Le soleil de Los Angeles tanne sacrément la peau, la coupe de cheveux est toujours aussi moche et les lunettes n'ont pas changées. La voix non plus d'ailleurs même si les licenciés en Polnareff la trouve un peu vieillie, nous, elle nous convient et nous épate même. Attitude scène un peu ringarde, un drôle de mélange entre Sardou et Johnny.
Polnareff ne nous offre pas un concert au rabais mais bel et bien la même configuration que pour sa tournée. Les écrans géants ne manquent pas et on retrouve sur scène les fameuses lunettes géantes. Le son est d'une qualité excellente, ce qui est inespéré compte tenu de la configuration et de l'immensité des lieux
L'homme est bavard, il salue ses fans des premiers rangs (les moussaillons de de l'Amiral - surnom de Polnareff). Il joue avec le public tout entier et l'incite à crier et chanter plus fort encore. Car le public chante. On se rend compte que Polnareff est un chanteur populaire et que ses chansons nous ont bercé depuis des d'années. Aux premiers accords de chaque chanson, le public (petits, moyens et grands, branchés ou non) fait entendre son plaisir.
"Tout pour ma chérie", "Goodbye Marilou", "Love me, please love me", Lettre à Franc", "Nous irons tous au Paradis" et "Y' a qu'un cheveu sur la tête à Mathieu" (l'improbable et pourtant...) sont les chansons qui ont emporté le plus de succès.
Après 10 ou 11 titres, Polnareff quitte la scène et revient pour le traditionnel rappel avec "Goodbye Marilou" puis "Lettre à France" reprises dans leur quasi intégralité toutes deux en choeur par le public. Puis, Polnareff remercie Sarkozy pour son invitation et lui dit "merde, afin qu'il nous emmène tous au Paradis". Le titre final était annoncé. Les paroles de la chanson défilent sur les écrans, le public chante d'une seule et même voix. Polnareff remercie le public survolté. Noir sur la scène. Le concert est fini, la nuit est tombée, il est temps de se retourner vers la Tour Eiffel pour regarder le feu d'artifice.
*La préfecture de police a comptabilisé 600 000 personnes présentent au concert*