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Lost river de Ryan Gosling

Au coeur des Etats-Unis, dans une ville abandonnée, Billy élève seule ses deux fils. Pour payer les dernières traites de la maison, elle accepte de travailler dans un cabaret un peu particulier. De son côté, Bones, son fils aîné, explore une cité engloutie.

Ryan Gosling nous conte une histoire complexe, ésotérique et gore, dans une ambiance de fin du monde. Si le scénario peut laisser perplexe, l'ambition est bien là et la qualité esthétique et de la mise en scène touche d'emblée. Un peu court pour passionner vraiment mais déjà pas si mal pour un premier film.

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Jafar Panahi se transforme en chauffeur de taxi le temps de tourner son nouveau film. Le réalisateur Iranien, interdit de tournage et de sortie du territoire, utilise ce stratagème pour dénoncer les diktats du pouvoir iranien. Chaque client qui passe dans son taxi est l'occasion d'évoquer un de ces maux : la peine de mort largement appliquée, la censure des films étrangers et le trafic que cela créé à l'intérieur du pays, les critères strictes de validation d'un film, le harcèlement subit par les avocats des Droits de l'Homme, la condition des femmes assujetties aux hommes, l'emprisonnement de Ghoncheh Ghavami pour avoir voulu assister à un match de volley ball, la pauvreté du peuple... Chaque saynète, souvent cocasse, est d'un naturel confondant. Panahi, au volant du film et du véhicule, joue l'autodérision, chauffeur de taxi d'opérette qui conduit mal et se perd, ami et oncle absent, comme pour équilibrer le fait que plusieurs de ces personnages le flatte d'être une personnalité importante. Les caméras, fixées sur le tableau de bord, filment une réalité jouée à l'intérieur de la voiture mais aussi la réalité des rues que la voiture traverse. Le film commence et se termine sans générique, préservant, un peu, "l'anonymat" des participants qui défient ici le pouvoir en place. Si on est bluffé par le film, c'est plus pour le contexte dans lequel il a été tourné et ce qu'il dénonce que pour ses qualités purement artistiques.

Taxi Téhéran a reçu l'Ours d'Or du meilleur film au festival de Berlin.

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6 octobre 2002, théâtre des bouffes du Nord, Isabelle Huppert, pantalon noir et tee-shirt bleu roi, les bras le long du corps, les poings serrés et le corps tendu comme un arc, interprète "4.48 psychose" de Sarah Kane. Impressionnante, glaçante et irrésistiblement captivante.

29 Mai 2015, théâtre des Bouffes du Nord, Isabelle Huppert, toute de Dior vêtue, est la veuve, amoureuse étonnée, des Fausses confidences. Au théâtre de l'Odeon, Luc Bondy reprend la pièce de Marivaux qu'il a créé l'année dernière avec succès. La troupe est la même. Onze très bons comédiens dont Bulle Ogier, Jean-Pierre Malo, Yves Jacques, Bernard Verley et Louis Garrel. Bondy nous propose des confidences contemporaines mettant en avant l'humour de la pièce et son incroyable modernité. La mise en scène est vive, les déplacements des comédiens cocasses. Une fantaisie mesurée règne, une certaine insolence plane. Louis Garrel est excellent en amoureux transit. Huppert est une Amarante, d'une grande modernité, un peu rock, un peu baba, lymphatique, puis finalement plus manipulatrice que manipulée. Elle s'en donne à cœur joie sur toutes les partitions que les hésitations et manigances de son personnages lui offrent. La justesse de son jeu, la finesse de ses intonations et expressions dans un registre où la comédie domine fascinent. Impressionnante une fois de plus.

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Kurt Cobain, montage of heck de Brett Morgen

Brett Morgen nous invite à pénétrer dans l'esprit et l'estomac de Kurt Cobain, leader du groupe Nirvana. Le réalisateur a eu accès aux archives personnelles du chanteur. Dessins, correspondances, journal intime, vidéos familiales composent la très grande majorité du film auxquels s'ajoutent des extraits de concerts et les témoignages de Courtney Love, des parents et de la soeur de Cobain. Une richesse et une diversité de documents qui cassent la possible monotonie d'un récit chronologique et favorise l'immersion dans l'univers malade de Kurt Cobain qui mit fin à ses jours à l'âge de 27 ans.

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La Loi du Marché de Stéphane Brizé

Depuis son licenciement économique il y a près de deux ans, Thierry cherche un emploi. Il vit avec sa femme et son fils adolescent handicapé. On le suit dans ses rendez-vous à Pole emploi et à la banque, en entretien d'embauche et dans son nouvel emploi dans un supermarché.

Stéphane Brizé nous dessine le parcours de Thierry à coups de scènes d'un réalisme saisissant, qu'il ne craint pas de faire durer, comme suspendues, laissant place aux silences. Tout sonne terriblement juste. Terriblement car dans la vision de Brizé être au chômage tue mais travailler ne sauve pas toujours. Le récit est bien mené et équilibré. Le film n'est pas parfait mais les petites réserves que nous pourrions avoir s'effacent devant l'impression générale, celle d'avoir été happé pendant 1H35 et d'avoir vécu réellement auprès de Thierry. Cela est aussi dû à la qualité de l'ensemble des comédiens et, beaucoup, à la prestation essentielle de Vincent Lindon. Impressionnant, cette fois encore. Il ne joue pas, il est.

Brillant.

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