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Tiago Rodriguez, directeur du festival d'Avignon, invite, pour 4 ans, Gwenael Morin à mettre en scène un classique écrit dans la langue étrangère mise à l'honneur (l'anglais cette année). 

Pour cette première, Gwenael Morin adapte Le songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, pièce sur le désir, l'illusion, l'imagination et où il est aussi question de théâtre.

Dans le jardin quasi nu de la Maison Jean Vilar, le metteur en scène nous présente comme à son habitude une scénographie sans décors et sans réels costumes. Comme souvent, l'adaptation de Gwenael Morin et le dénuement total dans lequel il place ses comédiens et leurs personnages servent parfaitement le propos. Virginie Colemyn, Barbara Jung, Julian Eggerickx et Grégoire Monsaingeon, comédiens fétiches et fidèles, sont magnifiques. Accompagnés par deux comédiens amateurs Avignonnais, ils interprètent les près de 20 personnages. La qualité de leur interprétation, l'énergie qu'ils déploient et leur capacité à faire entendre le texte comme rarement impressionnent.

La pièce a été diffusée sur France 4 et est visible en Replay sur France.tv jusqu'au 30 janvier 2024. Si la réalisation n'est pas optimale, elle offre la possibilité à tous de découvrir le génie de Gwenael Morin et de ses quatre magnifiques comédiens.

*Photo : @Christophe Raynaud de Lage

Lire les posts sur les pièces de Gwenael Morin : LesjustesTartuffeIntrospectionWoyzeckAntigoneBerenice

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En 1943, Robert Oppenheimer, physicien nucléaire juif américain, est nommé Directeur scientifique du programme militaire Manhattan qui a pour objectif d'équiper les États-Unis de la bombe atomique avant l'Allemagne Nazie

Théoricien génial malhabile en labo, sympathisant communiste et citoyen américain fidèle, créateur de la bombe A pour contrer le nazisme et militant pour la neutralisation de cette arme par diffusion des connaissances nucléaires à tous les pays, fier de la notoriété acquise par la bombe atomique mais poursuivi par la culpabilité, scientifique obnubilé par ses recherches et queutard invétéré, ami fidèle finalement trahi... Oppenheimer conte l'incroyable vie de cet étrange physicien nucléaire bourré de contradictions et dont les travaux changèrent la face du monde. Christopher Nolan dessine le portrait d'Oppenheimer dans un montage mêlant trois époques - formation aux États-Unis et en Europe, mise au point de la bombe atomique à Los Alamos, faux procès en destitution en 1954 - chaque scène ouvrant question ou donnant réponse à plusieurs années d'intervalles. Le récit d'une grande densité et les personnages clés multiples, nécessitent une attention soutenue pendant les trois heures que dure le film. Pourtant, grâce au montage et aux ellipses que proposent Nolan, les personnalités et les enjeux se découvrent et les questions existentielles s'imposent aux spectateurs.

Sur la forme, le film présente une mise en scène classique efficace rehaussée d'illustrations nous invitant dans les pensées et les visions d'Oppenheimer. La photographie, sans esbrouffe, éclaire au plus près les visages. Si les illustrations sonores s'avèrent parfois assourdissantes, elles touchent souvent justes. Cillian Murphy est impressionnant d'ambiguïté dans le rôle titre. A ses côtés, Emily Blunt, Matt Damon, Robert Downey Junior... sont excellents.

Le film est inspiré de la biographie American Prometheus: The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer écrite par Kai Bird et Martin J. Sherwin.

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Felice, qui vit au Caire, revient à Naples après 40 ans d'absence. Il retrouve sa mère âgée, les rues de son enfance, quelques connaissances et cherche à revoir son ami d'adolescence.

Si le héros de cette histoire et les raisons de son retour intriguent durant la première demi-heure, petit à petit l'absence d'événements laisse toute la place à l'ennuie. On peine à comprendre son extrême naïveté et son entêtement. Cerise sur le gâteau la fin est terriblement prévisible.

Sur la forme le film n'est pas désagréable mais  n'est pas non plus particulièrement remarquable. Et la musique qui surligne le danger ou le suspens est d'une grande lourdeur. Le comédien Pierfrancesco Favino est en revanche très bien. A voir en VO.

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Inès Leraud enquête sur l'impact sanitaire des algues vertes qui envahissent certaines plages de Bretagne. Son enquête provoque l'hostilité d'une partie de la population, de la FNSEA, de l'industrie agroalimentaire et des politiques.

Le film est inspiré de la bande dessinée qu'Inès Leraud a tirée de son enquête. Si le sujet des algues vertes, scandale sanitaire sous omerta, est très intéressant, l'intérêt du format cinéma, tel que proposé par Pierre Jolivet, interroge. Le film très didactique manque de lyrisme, de tension, d'intensité, tant dans le récit que dans sa mise en scène assez pépère elle aussi. Avec si peu d'ambition créative, un documentaire aurait été plus intéressant. Céline Salette et Nina Meurisse, toutes deux parfaites, méritaient d'évoluer dans une oeuvre plus ambitieuse.

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Jane Birkin, une personnalité multiple unique qui, en un demi-siècle, s´est installée, à différents niveaux, dans notre paysage culturel et émotionnel.

Il y aurait tant de choses à dire, tant d'histoires à écrire sur sa vie si riche. Ne serait ce qu'en évoquant les personnalités associées à son nom, à son parcours. A commencer par ses parents Judith Campbell, actrice et chanteuse, David Birkin, commandant de la Royal Navy. Puis les hommes de sa vie, artistes monstres, entre musique et cinéma, John Barry, Serge Gainsbourg et Jacques Doillon. Bien sûr ses filles, toutes trois artistes remarquables, Kate Barry, photographe, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, comédiennes et chanteuses comme leur mère. Et ses nombreuses collaborations artistiques françaises et internationales.

Pour la décrire les mots, les images se bousculent et se contredisent aussi.

La plus française des anglaises à l'accent jamais perdu et aux fautes de français moquées ou adorées.

Fausse ingénue à ses débuts, elle a toujours semblait un peu gauche sous un esprit acéré.

Chanteuse à la voix fragile et aiguë mais toujours juste, reconnaissable entre mille, porteuse d'une émotion rare.

Part lumineuse de Serge Gainsbourg qui en fera sa muse et l'interprète de ses tourments même après leur séparation avec près de 70 chansons écrites pour elle.

Comédienne populaire (Zidi, Deray, Leconte, Pires... ) mais aussi intello (Rivette, Chéreau, Varda, Doillon, Antonioni...)

Réalisatrice à l'univers singulier et autrice des textes de ses deux derniers albums.

Icône de la mode à laquelle la Maison Hermès consacrera un de ses plus gros succès, le sac Birkin. Un look simple mais marquant,  jean, chemise blanche, baskets et un panier en osier.

Militante extrêmement engagée depuis toujours, manifestant et s´exprimant contre la guerre du Vietnam, contre la peine de mort, contre l'avortement, pour la défense des boats people, pour l´accueil des migrants, porte-parole d´Amnesty Internationale, se déplaçant à Sarajevo,...

D´une grande honnêteté sur elle même et sur ceux qui ont croisé sa vie, elle s'est beaucoup raconté, répondant aux interviews, acceptant les docu-portraits lui demandant de commenter son histoire, ou publiant son journal intime depuis les premières pages écrites enfant.

Pour retrouver un peu de la grâce de Jane, regardez le film Jane B. par Agnès V. sur france.tv, le documentaire Jane Birkin et nous en Replay sur france.tv, le documentaire Jane par Charlotte en VOD sur Arte, écoutez son concert Oh pardon tu dormais en replay sur France.tv et son concert symphonique sur le site de France Inter.

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