En Normandie, Angèle, débarquant de nulle part, mal dégrossie, cherche à se caser. Dans cet objectif avoué, elle rencontre Tony, marin-pêcheur, sérieux et travailleur, qui l'observe, l'accueille et garde ses distances.

Avec sa démarche dégingandée, la tête baissée, le regard fuyant, le ton direct, Clotilde Hesme donne à Angèle, son caractère tout à la fois déterminé et hésitant, revêche et vulnérable. 

Grégory Gadebois, en fausse rondeur, en impose en gars à qui ont ne la fait pas, tête sur les épaules , quelque peu déstabilisé par la beauté qui s'offre à lui.

La force de ce récit original réside dans sa façon de ne pas tout expliquer mais de se laisser le temps d'exposer l'essentiel qu'est le combat d'Angèle qui en voulant reconquérir l'homme de sa vie, va rencontrer un nouvel amour. Le rythme mesuré du film laisse petit à petit, imperceptiblement, l'émotion s'installer. Les plans longs sur les visages de ses personnages, sur les paysages ou sur un parcours en vélo où les barrières se brisent, la place accordée aux silences sont autant d'éléments qui avec finesse exposent le basculement des comportements et des sentiments. L'immense qualité des comédiens est dans ce registre essentiel.

Mise à jour février 2012 : Clotilde Hesme et Grégory Gadebois ont reçu tous les deux les César des meilleurs espoirs pour ce film.

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une-separation.jpgCela fait bien longtemps que le cinéma ne nous avait pas offert d’accompagner des personnages aussi parfaitement dépeints au coeur d'une histoire si bien écrite, dans son extrême simplicité et la complexité qui en découle. Par petites touches, peu nombreuses mais marquantes, dés son début, le scénario installe, avec une efficacité rare, la personnalité de chacun des héros. Puis, tout au long de l’histoire, chaque action et réaction des personnages, combat ou renoncement, dans la violence, la douceur ou la réflexion, chaque battement de cils nous parlent d’eux et aussi de la société Iranienne, du poids de la religion, de l’émancipation ou non des femmes, de la place des hommes, d'une certaine lutte des classes mais avant tout de ces héros-là dans cette culture-là.

La mise en scène ne fait pas d’esbrouffe. Vive et au plus près des comédiens - tous exceptionnels, enfants, adultes ou vieillards - elle accompagne les personnages, laissant toute la place à leur droit d’expression.

Quel bonheur, alors qu’il est si facile au visionnage de tous ces films fait au kilomètre de prendre à défaut les scénaristes qui donnent dans la facilité quite à défigurer leurs personnages, quel bonheur de voir Une Séparation rester à tout instant fidèle à ses héros, les respectant dans ce qu’ils sont jusqu’au dénouement.

C’est sans doute la plus grande qualité d'Une Séparation : ses héros ne sont jamais trahis par leur créateur.

C’est leur force et celle du film, un chef d’œuvre du genre.

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