Isabelle et James se disputent les jours de garde de leur fille Zoé. Soudainement, Zoé tombe malade.
Julie Delpy, réalisatrice aux propositions riches et originales, nous emmène ici encore dans un univers particulier. Mêlant scènes de vie ordinaire et projection fantastique, elle imagine le remède au chagrin le plus insurmontable.
L'ancrage de ses héros dans une quotidiennete rend cette solution moralement discutable étrangement tentante.
Après avoir disserté sur l´art dans son précédent spectacle qu´il a joué pendant 10 ans, de quoi en avoir des envies d´en finir, Alex Vizorek propose de rire de la mort.
Sans quitter l'art tout à fait avec en pré-spectacle des citations de Zola ou Montaigne, en intro un poème de Baudelaire, en développement les plasticiennes Marina Abramovic et Sophie Calle, les peintres Brueghel, Miro ou Picasso mais aussi en faisant appel aux philosophes Avicenne, Heidegger et Epicure, en interrogeant les religions, en déployant un SWOT sur "l'enfant", en s'étonnant de la reproduction chez les animaux, en abordant la sexualité décalée, en exposant des choix cornéliens de vie ou de mort.... avec une érudition abordable, des jeux de mots pourris comme il faut et des saillies bien senties, Alex Vizorek offre 1h30 d'un humour qui allie l'élégance à un peu de grivoiserie, le rire (beaucoup) à la réflexion (un peu) sans se prendre au sérieux. Et dévoile en guise de conclusion-synthèse une oraison funèbre parfaitement troussée.
Drôle, intelligent, efficace.
A voir au théâtre de l'Oeuvre jusqu'au 8 janvier 2022.
A la fin des années 80, Laura, finlandaise, vit à Moscou avec sa petite amie, une intellectuelle russe. Celle-ci annule à la dernière minute leur voyage pour le site archéologique de Mourmansk. Laura décide d'y aller seule. Dans le train qui l'emmène dans l'Antarctique, elle doit partager son compartiment avec un inconnu.
Le film se distingue par la simplicité de son axe narratif. Deux solitudes se rencontrent dans un train et vont se côtoyer le temps de ce long voyage de 2000 km. Les interactions extérieures et les circonstances vont les rapprocher petit à petit et effacer progressivement ce qui les oppose. Il ne faut pas s'y méprendre, il ne s'agit pas ici d'une comédie romantique mais plutôt d'une réflexion sur l'effet de la solitude, de l'éloignement des siens et d'une nouvelle promiscuité sur l'ouverture aux autres.
La réalisation brute sur les intérieurs rend parfaitement l'atmosphère particulière, à la fois inquiétante et riche de promesse, qui règne dans les trains de nuit. La rudesse du voyage dans les trains de l'URSS et celle du climat sert le besoin des protagonistes de créer du lien. Les prises de vue extérieures sont soignées et offrent de belles scènes de rencontres et de paysages étranges et enneigés. Le film est porté par deux comédiens attachants, Seidi Haarla et Yuriy Borisov.
Au Québec, Aline Dieu, la petite dernière d'une famille de 14 enfants, a une voix exceptionnelle. Elle rêve d'être une star internationale et le deviendra.
Aline est naît de la vie de Céline Dion, star planétaire, dont les succès et la vie privée, dans ses moindres détails, ses joies et ses drames, sont connus de tous même des moins passionnés par la chanteuse. Valérie Lemercier s'empare donc de l'histoire de Céline Dion et en habille son héroïne, merveilleusement nommée Aline Dieu. Ce changement de patronyme donne à la réalisatrice une certaine liberté lui permettant, à côté du récit fidèle, d' "inventer juste".
Dans Aline, il est donc question de l'ascension mondiale d'une jeune chanteuse mais aussi de sa relation à sa famille nombreuse et à sa mère issue d'une milieu simple, de sa grande histoire d'amour, aussi curieuse que puissante, avec son manager, de la folle machine qu'est le show business qui, tout à la fois, libère les talents et abîme les stars.
Dans une réalisation très maîtrisée, aux plans précis dans ce qu'ils veulent dire, au montage au cordeau, au rythme mesuré jouant sur la rapidité à l'image de l'ascension de la jeune chanteuse et de la vie de la star et ayant une capacité à s'arrêter sur les moments de doutes et de lassitude, le film vise juste dans les émotions variées qu'il porte. Plusieurs scènes très drôles ou décalées s'immiscent ainsi dans un premier degré assumé.
Les comédiens sont excellents (les québecquois Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Roc LaFortune, Antoine Vézina, le frenchie Jean-Noël Brouté notamment et Victoria Sio pour le chant). Quant à Valérie Lemercier, elle s'offre son meilleur rôle en étant de tous les plans, interprétant le personnage principal à tous les âges et dans tous ses états.
La bande originale joue un rôle important dans la réussite du film en faisant la part belle à d'autres musiques que celles écrites pour Céline Dion. Aline s'ouvre ainsi par un très beau plan, qui positionne immédiatement le film à un certain niveau, sur la chanson Ordinaire de Richard Charlebois qui clôturera également en un pic émotionnel le film. En fil rouge musical, on trouve le Nature Boy de Nat King Cole, auquel se joignent Rufus Wainwright, Elvis Presley, Andy Williams, Marie Laforêt... et des reprises par Céline Dion de Janis Ian, Nicoletta, Louis Amstrong et bien sûr Eric Carmen.
Au visionnage d'Aline une question se pose : ce film atypique, qui n'est pas un biopic mais n'en est pas moins un bel hommage, plaira t-il aux fans de la chanteuse ? Sa réussite en tout cas est déjà celle de plaire à ceux que la star ne passionne pas particulièrement.
Sur scène, deux appartements et deux couples James et Stella, Bill et Harry. James débarque chez les seconds pour se confronté à Bill persuadé que celui-ci a une relation avec Stella.
Enregistrée au théâtre du Chatelet en 2020, cette version de la pièce de Pinter, mise en scène par Ludovic Lagarde, vaut surtout pour ses grands comédiens, Micha Lescot, Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaud et Valérie Dashwood, qui font naître dans cette pièce étrange, au propos obscure, une perversité et une folie intrigante, un mystère captivant.