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Alex Vizorek est une oeuvre d'art à La Pépinière théâtre

Joseph Beuys et son lièvre mort, le cymbaliste de l'orchestre symphonique, "Mort à Venise" de Visconti et Thomas Mann, les tableaux au cuter de Lucio Fontana, les achromes de Piero Manzoni... Alex Vizorek fait mine de s'interroger : doit-on mourir d'ennui, de rire, ou d'admiration devant ces artistes et ces œuvres d'art ?

L'humoriste belge a bien entendu choisi d'en rire. Excellent comédien, il tient son potentiel comique dans son sens de la formule et de la petite phrase de commentaire qui rend tout et n'importe quoi irrésistiblement drôle. Son spectacle plaît d'emblée car il sort des sentiers battus des stands-up nombrilistes. Evidemment, il nous sert, les bons mots sur les belges versus les français et chambre son public bobo-gaucho-culturo tendance Télérama, mais sans s'y appesantir. Sur la partie "art moderne", les fidèles de sa rubrique hebdomadaire de "Ca balance à Paris" resteront un peu sur leur faim, les autres auront envie d'en voir plus en visionnant ses prestations télévisées. En fin de spectacle, il présente une revue de presse issue des rubriques "chiens écrasés" de journaux français et belges. C'est un peu facile, totalement hors sujet, mais on lui pardonne car c'est particulièrement drôle. Le spectacle qui se place largement au-dessus de la moyenne de ce qui tourne à Paris est quand même un peu court (1h10 environ) et mériterait d'être peaufiné.

Alors Alex, si tu écoutes :

- raccourcis le sketch sur le cymbaliste,

- remplace Lara Fabian par une artiste en activité,

- améliore la qualité des photos projetées,

- complète le sketch sur l'art contemporain avec des séquences créer pour "ça balance"

- écris deux sketchs supplémentaires sur le thème de l'art pour que la partie "revue de presse" soit vraiment un rappel et non pas une astuce pour rallonger la durée du spectacle

et j'annule toutes mes réserves.

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Remember d'Atom Egoyan

Max Zucker, ne se déplaçant qu'en fauteuil roulant, et Zev Guttman, souffrant de démence sénile, sont pensionnaires dans une maison de retraite. Un jour Max confie à Zev une lettre qui contient les instructions à suivre pour retrouver l'homme qui a exterminé leurs familles à Auschwitz. Zev prend la route pour retrouver cet assassin.

Remember est un thriller en déambulateurs. Cette originalité aux premiers instants surprend et séduit. Malheureusement, et malgré le talent des comédiens, le film est formellement sans réel intérêt. La réalisation à l'image du héros est un peu trop pépère, sans créativité ou beauté. De plus, les sujets abordés, l'holocauste et le travail de mémoire, qui nécessitent un minimum de finesse dans leur traitement, ne sont au final que des prétextes au déroulé d'un thriller plus ou moins astucieux. Le tout en devient un peu déplacé.

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Deux heures du matin, un couple de quinquagénaires, George, professeur d'histoire et Martha, fille du président de l'université, rentre d'une réception bien arrosée. Martha apprend à George qu'elle a invité un jeune professeur de biologie et sa femme à venir poursuivre la soirée chez eux. Quand le jeune couple arrive l'ambiance est déjà électrique.

Le texte méchant et cruel est férocement drôle. Dominique Valladié et Wladimir Yordanoff composent ce couple pervers et autodestructeur avec une truculence jubilatoire. Leurs joutes oratoires sont tout à la fois glaçantes et irrésistibles. Face à ces deux monstres, les jeunes comédiens Pierre-François Garel et Julia Faure, particulièrement drôle, sont parfaits. Alain Françon à la mise en scène présente un décor des plus épurés où la lumière crépusculaire plante d'emblée l'ambiance glauquissime qui habille la pièce d'un bout à l'autre. Une très bonne surprise.

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​​​​​​Ossama Mohammed, cinéaste syrien, est invité à Cannes en mai 2011 où il commente une vidéo montrant un adolescent torturé par l'armée syrienne pour avoir taggué sur un mur un message anti-régime. Après le festival Ossama ne retourne pas en Syrie et trouve refuge à Paris. Chaque jour, il collecte sur internet les vidéos postées de son pays par le peuple opprimé et par les militaires oppresseurs. Manifestations pacifistes anti-régime, syriens torturés, tanks et soldats tirant sur des foules sans arme, corps ensanglantés, morts, parents qui pleurent leurs disparus, peuple qui chante la liberté et qui implore Allah, le film montre tout dans des images saccadées, volées aux smartphones. En décembre 2011, Simav, jeune femme kurde de Homs, contacte Ossama et lui demande "Si tu avais ta camera à Homs, que filmerais-tu ?". A son tour avec sa caméra, elle montre le siège de Holms, les bombes qui tombent sur la ville, les blessés, les morts, la peur tout le temps, les femmes et les hommes qu'on bat, les corps de ses morts que l'on tente de récupérer sans se faire à son tour canarder, les animaux eux aussi affamés et estropiés, les maisons détruites, l'exode sur les routes, les enfants qui veulent continuer à aller à l'école et à cueillir des fleurs.

Eau argentée n'est pas une fiction. Il s'agit d'un documentaire fait des vidéos qu'Ossama a trouvé sur Internet et des films réalisés par Simav à Homs jusqu'en 2014. En voix off, leurs échanges sur internet où ils tentent de comprendre, de se rassurer, d'expliquer et les mots du peuple syrien. Aux premières semaines du soulèvement, sur une vidéo au smartphone, un manifestant dit "N'aie pas peur. Dieu voit tout.". Aux dernières minutes du film, dans les rues de Homs dévastée et abandonnée, alors que la camera de Simav le suit, Omar, 5 ans à peine, dit "C'est comme si c'était la nuit mais il y a de la lumière".

En 5 ans, de répression par Bachar el Assad, 400 000 syriens, hommes, femmes, enfants, ont été tués et des millions se sont exilés. La guerre continue.

Date de sortie en salle : 17 décembre 2014

Date de sortie en DVD : 2 juin 2015

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Truth de James Vanderbilt

Le 8 septembre 2004, à quelques mois des élections présidentielles, l'émission de CBS "60 minutes" déclare que George W. Bush s'est fait engagé, pour son service militaire, dans la garde nationale afin d'échapper à la guerre du Vietnam. Très vite, les témoignages et documents officiels mis en avant par les journalistes sont controversés.

Truth raconte comment l'enquête a été menée, comment elle a été démontée et la bataille livrée par la productrice et journaliste d'investigation Mary Mapes pour prouver sa bonne foi et sauver son honneur. Le cinéma américain est plus habitué à glorifier le travail d'investigation des journalistes qu'à en montrer les échecs. En ça le film interpelle mais frustre un peu en ne disant pas clairement les choses sur le rôle des politiques pro-Bush dans ce lynchage des journalistes. Aussi, il vaut sans doute mieux être Américain et attaché à la mythique "60 minutes" et à la personnalité de Dan Rather pour apprécier ce film à sa juste valeur. Reste Cate Blanchett parfaite interpréte comme toujours.

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