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zabouille---camille-redouble.jpgCamille, la quarantaine, comédienne sans réussite, alcoolique et fraîchement séparée du grand amour de sa vie, perd connaissance au 12ième coup de minuit de la St Sylvestre. Elle se réveille en 1985, année de ses 16 ans.

A la lecture du pitch et au souvenir des films déjà vus sur le sujet (Peggy Sue par exemple) on rentre dans le ciné avec une idée assez précise de ce qu'on va voir. Mais c'est sans compter sur l'inventivité et la sensibilité de Noémie Lvovky qui s'approprie ce sujet propice aux grosses blagues pour en faire un film drôle certes mais aussi et surtout délicat et émouvant.

Noémie Lvovsky joue le rôle de Camille à 40 et à 16 ans sans excés de maquillage. La maturité que Camille posséde dans ce voyage dans le temps, Noémie Lvovsky l'affiche volontairement  physiquement. Le spectateur perçoit d'autant mieux le décalage et les émotions qui se présentent à elle : un retour vers le passé plus nostalgique que fantastique.Le casting est épatant. Les confirmés bien sûr Yolande Moreau, Samir Guesmi, Anne Alvaro, Mathieu Amalric, Jean-Pierre Léaud, Denis Podalydes et Michel Vuillermoz mais aussi les "jeunes" Vincent Lacoste, Julia Faure, India Hair et Judith Chemla dont la parenté artistique et physique avec Marie Trintignant est particulièrement troublante.Un très joli film donc.

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Zabouille---affiche-Volpone-ou-le-Renard-au-Theatre-de-la-M.jpg

Le théâtre de la Madeleine accueille la nouvelle création du prolifique Nicolas Briançon. Le metteur en scène monte "Volpone" de l'anglais Ben Johnson, pièce du répertoire classique écrite en vers au début du 17ième siècle.

Au lever de rideau, on découvre Volpone dans sa chambre... forte, entouré de ses richesses et de son serviteur Mosca. Volpone, richissime mais pas rassasié, trompe son ennui et complète son trésor en dupant, un par un, les vautours qui convoitent son héritage.

 

Pour qui ne connait pas la pièce (j'en suis ou plutôtj'en étais), il est difficile d'évaluer jusqu'à quel point le texte dans sa traduction a été modifié, modernisé. Peu  de vers ici et une parole très diverse : classique par moments et très actuelle par d'autres, mais toujours de belle tournure. Aussi, les bons mots sont légion et on rit souvent. Les thèmes abordés par la pièce demeurent d'une pertinente actualité.  

 

La distribution est de grande qualité, à commencer par le maître de la troupe, Roland Bertin, particulièrement réjouissant. Nicolas Briançon, himself, est parfait en Mosca. On retrouve avec plaisir Philippe Laudenbach et Pascal Elso. Les autres comédiens, qui m'étaient inconnus, sont largement au niveau et on remarque particulièrement Matthias Van Khache dans un rôle de fou furieux. 

Côté mise en scène, Briançon parsème un peu de danse, d'acrobaties et de musique. Ainsi ce sont les bouffons de Volpone entre look gothique et Commedia Del Arte qui assurent les transitions. Quelques pas de danse, 2-3 pirouettes, quelques accords de musique à la Nino Rota, et l'impressionnant décor de coffres forts se transforme en rues de Venise, en boudoir ou en tribunal.

 

Tout cela nous donne 1h45 de plaisir théâtral, théâtre classique et baroque dans un écrin de modernité.

 

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   Zabouille---Tallin.JPG © Isabelle Dujardin

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   Riga--268--copie-1.JPG © Isabelle Dujardin

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