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Much Loved de Nabil Ayouch

De nos jours, à Marrakech, Noha, Randa, Soukaina et Hilma se prostituent dans les soirées organisées par les saoudiens et les boites fréquentées par les européens et les marocains.

Nabil Ayouch dénonce l'hypocrisie et le traitement réservé à ces femmes par des hommes et une société menés par les tabous et la religion. Si on ne doute pas de la sincérité du réalisateur et de ses comédiens, la succession de scènes de sexe proches de la complaisance, les dialogues au ras des pâquerettes, la faiblesse du scénario et l'absence d'un réel travail de réflexion sur la société marocaine, nous plongent rapidement dans un certain ennui. On finit par se demander si le succès critique du film ne doit pas plus au courage du réalisateur qu'à son talent de cinéaste.

Date de sortie en salle : le 16 septembre 2015

Date de sortie en DVD : le 2 février 2016

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La vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc

François Sim n'a pas le moral. Sa femme l'a quitté, il vient de démissionner et l'homme assis à côté de lui dans l'avion meurt alors qu'il lui faisait la conversation. La chance semble lui sourire à nouveau quand on lui propose un poste de commercial en brosses à dents.

Tiré d'un roman de Jonathan Coe, ce film, annoncé comme une comédie dramatique, est bien plus sinistre que drôle. L'incapacité du héros à créer des liens profonds avec les gens qui l'entourent et le jeu dépressif de J-P Bacry (excellent au demeurant) plombent l'histoire. Les dialogues ne sont pas particulièrement brillants, le récit pas suffisamment poétique ou surprenant pour retenir vraiment notre attention. La présence furtive de Valéria Golino nous mène un court instant vers une certaine grâce qui retombe dès que son personnage disparaît de l'histoire. Un film pas totalement désagréable mais pas marquant non plus.

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Marguerite de Xavier Giannoli

Dans les années folles, la Baronne Marguerite Dumont, passionnée d'opéra, est persuadée d'être douée pour le chant lyrique. Personne dans son entourage n'ose lui dire qu'elle chante terriblement faux.

Xavier Giannoli s'est librement inspiré de l'histoire de la chanteuse Américaine Florence Foster Jenkins pour dresser le portrait de sa chanteuse à la voix horripilante. Le film repose donc sur ce personnage complexe, qui se perd dans ses illusions, et le dilemme de son entourage. C'est un peu mince et on n'ose imaginer ce que le film aurait donné sans le talent de Catherine Frot. Car du talent il en faut sacrément pour exprimer toute la naïveté, la tristesse et la douce folie de ce personnage loufoque. Pendant 2h07 (c'est beaucoup...), la comédienne incarne tout en nuances cette Castafiore plus victime que bourreau. C'est surtout pour elle qu'on s'attache au film jusqu'au bout.

Date de sortie en salle : 16 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 20 janvier 2016

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L'homme irrationnel de Woody Allen

Abe Lucas, professeur de philosophie talentueux et à la réputation sulfureuse, vient d'être nommé à l'université de Newport. Totalement désabusé par la vie, il se traîne entre alcool et dépression. Un jour, il s'attribue une mission qui lui redonne l'envie de vivre.

Sur la forme, "l'homme irrationnel" laisse un très fort goût de déjà vu et les dialogues le sentiment d'avoir été rédigés sous écriture automatique. Il faut dire que Woody nous pond un film tous les ans, il en a forcément acquis quelques automatismes. Ainsi, l'ensemble laisse à penser que le réalisateur s'est fait son petit film de façon un peu pépère. "L'homme irrationnel" se regarde sans déplaisir mais, s'il n'y avait pas la chute finale, on l'oublierait sans doute assez vite. Un petit Woody donc (mais un petit Woody est toujours un film de qualité supérieure à la moyenne de la production).

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Dans les années 50, Thérèse, jeune vendeuse dans un grand magasin de New-York, tombe amoureuse de Carol, une riche cliente en plein divorce.

Todd Haynes propose un beau portrait de femmes prisonnières des conventions, dans l'esprit de "Loin du Paradis". On y retrouve là aussi des héros déchirés entre raison et passion dans une langueur et un romantisme maudit. La mise en scène et en images, tout comme la recomposition de l'époque, sont particulièrement soignées. Si, parfois, le rythme s'essouffle, les interprètes, parfaites, nous captivent. Rooney Mara, aux faux airs d'Audrey Hepburn, joue tout en retenu. Cate Blanchett marque particulièrement par la justesse de son jeu dans l'interprétation d'un personnage complexe, que sa beauté particulière et son élégance d'une autre époque servent parfaitement. Un beau film d'un classicisme raffiné.

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