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En 2015, Jacques Billard, big boss de l´Office de répression des trafics de stupéfiants, explique à ses confrères qu´il veut s´attaquer à l'infrastructure des trafics pour destabiliser tout le système. Au même moment, 7 tonnes de résine de cannabis sont découvertes en plein cœur de Paris au pied de l´immeuble d´un trafiquant notoire. Billard doit rendre des comptes à la procureur de la République. Cet événement réveille Hubert Antoine, un indic utilisé par Billard. Hubert contacte Stéphane Vilner, journaliste à Libération. Il a des des révélations à faire.

De Peretti prend soin, en avant générique, de préciser que son film est une fiction bien que de toute évidence il se soit fortement inspiré de l´affaire François Thierry, ancien patron de l´anti drogue soupçonné d´avoir trempé dans un trafic.

Ici il est question des pratiques de la police et des pouvoirs publics en matière de répression des trafics, des libertés prises avec la loi par des flics qui pactisent avec les voyous mais aussi et surtout du travail du journaliste d´investigation, des relations qu´il entretien avec ses sources et de sa capacité ou de ses possibilités de vérifier la véracité des informations récoltées. Une responsable du journal explique au tribunal que leurs articles n´accusent pas mais interrogent. Le scénario de De Peretti en laissant constamment planer le doute sur la crédibilité d´Hubert se positionne de la même façon.

Les comédiens, Pio Marmai, Roshdy Zem, Vincent Lindon, Julie Moulier..., servent parfaitement ce thriller-psycho-politique palpitant, au final glaçant.

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François-Xavier Demaison joue à domicile dans son beau théâtre de l'Oeuvre.

Oenophile éclairé, le comédien construit son spectacle à partir de dix dates associées à dix vins.  Dix histoires et anecdotes occasions pour le comédien de se tirer le portrait ainsi que celui de sa famille, de ses amis, de ses rencontres et d'égratigner un peu notre époque.  

Inutile d'être amateur du breuvage pour apprécier ce spectacle où le comédien, aux grimaces impressionnantes, aux imitations bluffantes et aux chutes inattendues, déclenche aisément les rires.

Sa présence au Théâtre de l'Oeuvre, lui donne aussi l'occasion de jouer de son statut de directeur de théâtre avec une pointe d'émotion communicative.

A voir jusqu'au 2 avril.

 

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A Marseille, Grégory, Cédric et Yassine sont flics à la BAC Nord. 

Librement inspiré de l'affaire des policiers de la BAC Nord inculpés pour corruption en 2012, le film met en scène le travail laborieux des policiers dans des quartiers transformés en zone de non-droits. 

Gilles Lellouche, François Civil, Karim Lecklou et Adèle Exarchopoulos sont parfaits. La photographie est belle. La mise en scène est particulièrement efficace dans les séquences d'affrontement mais on y perçoit une certaine complaisance qui dérange un peu. Les scènes de camaraderie, musique à l'appuie, confirme cette impression.

Rapidement, il est clair que Jimenez place son film dans la catégorie du divertissement plutôt que dans celle du film dossier. Dommage. Les sujets sociétaux sur lesquels il s'appuie pour réaliser son cinéma d'action méritent mieux.

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France De Meurs est journaliste vedette à la télévision. Son émission "Un regard sur le monde" propose des débats houleux entre éditorialistes et des  reportages sur le terrain où elle se met en scène. Un jour, elle renverse accidentellement Baptiste. Cet accident va éveiller chez elle une fragilité, la plonger dans la dépression.

France est le portrait d'une femme mégalo et cynique qui perd pieds, celui d'un monde médiatique arrogant, sans scrupules, hors sol et celui d'un pays.

Bruno Dumont applique sa recette mélangeant acteurs confirmés et amateurs, présentant des tonalités de jeu diverses, souvent étranges jusqu'au faux. Il donne aux scènes un rythme décalé. Il crée aussi de l'étrangeté dans la mise en image, usant d'effets spéciaux volontairement grossiers. La musique de Christophe participe également à créer ce malaise. Sa satire fonctionne à plein.

Léa Seydoux est parfaite dans ce rôle ambiguë et dans cet univers décalé. Blanche Gardin est énorme dans la caricature de l'assistante grossière, cinglée et sans scrupules.

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Elda Older rencontre Alexandre - Maurice. Celui-ci a été condamné il y a 20 ans pour avoir tué sa propre mère, mais il ne se souvient pas avoir commis ce crime. Elsa, elle, perd la mémoire et doit subir une intervention chirurgicale au cerveau. Lui est modèle pour le frère d'Elda un sculpteur sans succès, elle chante et a faillie être actrice. Le voisin voit son ambition d'être édité par une grande maison bientôt atteinte.

Joël Pommerat plonge des personnages ordinaires dans une situation où le trouble règne entre rêve et réalité. Il dessine petit à petit son curieux récit et l'éclaire en alternant présent et flash back. L' étrangeté des personnages et des situations fait naître rire et effroi. Si les deux protagonistes principaux ont pour similitudes des problèmes de mémoire et de perception du réel, ils ont en commun avec les autres personnages qui les entourent de vivre à travers l'art, la création et l'écriture. De quoi surmonter peut-être leurs vies bancales.

Christophe Hatey qui a joué dans la pièce à sa création en 1994 et Florence Marschal mettent en scène cette pièce des débuts de Pommerat qui n'avait plus été montée depuis 2001. Ils s'entourent d'une troupe de comédiens excellents Cédric Camus, Roger Davau, Loïc Fieffé, Aurore Medjeber, Samantha Samson et en alternance Karim Kadjar, Emilien Audiberti et Tristan Godat.

A voir au Studio Hebertot jusqu'au 25 janvier.

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