En Bretagne, Michel, 10 ans, rentre à pieds de la pêche aux coquillages quand une voiture traverse le village à grande vitesse et le renverse.

La séquence d'introduction est une leçon de cinéma. En deux minutes, le dessin de l'innocence et celui de l'ignoble sont tracés avec une précision d'orfèvre. Le sourire du petit garçon blond, le ciré jaune, le plan sur le capot de la voiture et la route qui défile, Brahms dans l'autoradio, le "ta gueule du conducteur", les cloches de l'église... Concision des plans, génie du montage, précision du son.

Michel Duchaussoy est impressionnant en père détruit par le chagrin et maintenu par la haine. Jean Yann est parfaitement ignoble, gonflé de bêtises. Caroline Cellier en victime collatérale est troublante. A noter l'étonnante apparition de Maurice Pialat en commissaire de police.

La conclusion lyrique est digne d'une tragédie grecque.

Le film, parmi les meilleurs de Chabrol, est adapté du livre de Nicholas Blake.

Année de sortie en salle : 1969

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