Martial Kermeur a jeté à la mer Antoine Lazenec qui lui a volé toutes ses économies dans une arnaque immobilière. Le lendemain, Martial raconte au juge d'instruction son petit boulot, son engagement politique, sa femme qui est partie, l'amour de et pour son fils Erwan, et la succession de catastrophes qui s'est abattue sur lui et son île bretonne.

Emmanuel Noblet adapte le livre éponyme de Tanguy Viel, s'attribue le rôle ingrat du juge et confie le rôle de Martial à Vincent Garanger.

Il est peu de dire que Vincent Garanger captive. Sa façon d'interprèter ce breton, bon comme le bon pain, sidéré par l'absence d'humanité de certains hommes et détourné lui même, pour un court instant qui fera son malheur, de cette humanité, est criante de vérité. Il en faut du talent pour capturer l'attention du spectateur avec ces kilomètres de texte qu'il porte à 95%. La plume précise sans être pesante, poétique sans perdre de sa clarté, de Tanguy Viel est aussi un atout majeur de la pièce.

Sur le plateau, en fond, un immense écran panoramique sur lequel sont projetées des images de mer, lieu du, ou plutôt, des drames. Devant, un mur de vieilles pierres symbolise le chantier abandonné, ou les ruines du château détruit ou les fondements d'une vie droite qui ne trahissent pas. Sur le côté, un fauteuil sur le bras duquel est posé un code pénal. La mise en scène d'Emmanuel.Noblet, simple sans être anecdotique, permet à Martial d'exprimer avec dignité et sincérité, son incompréhension, sa colère et son désespoir.

A voir au théâtre du Petit Saint-Martin.

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