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Crosswind - La croisée des vents de Martti Helde

En 1941, comme 10 000 de leurs compatriotes estoniens, Heldur, Elna et leur petite fille Eliide sont déportés par l'armée soviétique. Immédiatement séparées d'Heldur, Elna et Eliide sont internées dans un camp de travail en SIbérie.

C'est à travers les lettres qu'Elna ne cessera d'écrire à Heldur durant toute son incarcération, que Martti Helde raconte les crimes et déportations perpétrés par Staline sur les populations Estonienne, Lettonienne et Lituanienne. Le film, en noir et blanc, marque tout d'abord par sa mise en scène impressionnante. Les plans séquences dans lesquels les personnages sont immobiles, comme tétanisés devant l'horreur et l'ignominie de leur situation, se succèdent. Chaque scène est d'une beauté à la fois fascinante et glaçante. Cet esthétisme poussé à l'extrême aurait pu masquer toute émotion ou empathie pour les personnages. C'est tout l'inverse qui se produit. L'étrangeté des mouvements de caméra sur ces scènes figées nous mène un peu plus près de ce qu'on peut imaginer de la mort et des souffrances ressentis par ces femmes et leurs enfants. En voix off, les lettres délicates et poétiques d'Elna, nous renvoient au vivant. Un film marquant.

Date de sortie du film : 11 mars 2015

Date de sortie en DVD : 17 novembre 2015

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De nos jours en France, dans une ville de montagne au bord d'un lac artificiel, plusieurs personnes mortes depuis plusieurs mois ou années reprennent vie comme si "de rien n'était".

Le pitch de cette série, inspiré du film de Robin Campillo, est tout simplement génial. Les "morts-vivants" ont l'air tout à fait normaux et ne se doutent même pas qu'ils reviennent de la mort. Il ne s'agit pas ici d'en avoir peur mais d'imaginer les conséquences de ce retour et les réactions et effets qu'il entraîne chez les proches et chez les "morts" eux-mêmes. La joie des proches de retrouver un enfant, la peur de revoir un meurtrier, la réadaptation des "morts" qui ont loupé plusieurs années, l'incompréhension de cette situation aussi réjouissante qu'effrayante, la quête de sens ou d'une explication rationnelle... Parallèlement, se multiplient les événements surnaturels et les comportements de plus en plus étranges chez les habitants du village.

Un casting 4 étoiles vient compléter ce passionnant récit : Frédéric Pierrot, Guillaume Gouix, Ana Girardot, Aurélien Recoing, Anne Consigny, Clothilde Hesme, Samir Guesmi, Céline Sallette, Jérôme Kircher, Alix Poisson, Grégory Gadebois...

Deux saisons de 8 épisodes chacunes à voir absolument.

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Paris Photo 2015

Du 12 au 15 novembre, le Grand Palais accueille la 19e édition de Paris Photo. 147 galeries venues du monde entier présentent leurs artistes connus et moins connus, ceux qui ont fait l'histoire de la photographie et ceux qui en écrivent la suite.

Ci-dessous un très petit aperçu des artistes exposés : Abelardo Morell, Adam Magyar, Ahmet Elhan, Alison Rossiter, Arne Svenson, Axel Hütte, Candida Höfer, Christiane Feser, Du Zhenjun, Edward Burtinsky, Edward S. Curtis, Erik Steffenson, Eugenia Arbugaeva, George Rousse, Jean-Baptiste Huynh, Joseph Koudelka, Julie Blackman, Lillian Bassman, Lisette Model, Masuyama, Natsumi Hayashi, Ola Kolehmainen, Paolo Ventura, Philippe Gronon, Ray Metzker, Risaku Suzuki, Ruth Orkin, Saul Leiter, Sebastiao Salgado, Sigrid Viir, Tomoko Sawada, Vik Munis, William Klein, Yousuf Karsh...

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La vie de la très aristocratique famille Crawley et de ses domestiques. La série débute à la veille de la première guerre mondiale, alors que le Titanic vient de couler, et prend fin en 1925. Le temps de voir l'aristocratie britannique prendre tout doucement l'eau.

En 6 saisons et 62 épisodes, Downton Abbey raconte près de 15 ans de la vie d'aristocrates et de domestiques. Contée avec élégance, romantisme et un peu de politique, la série dessine des portraits de femmes de caractère assez réjouissants dont celui de la Comtesse douairière interprétée par la grande Maggie Smith qui dispose d'une partition hilarante. Elisabeth Mc Govern, Michelle Dockery entre autres campent aussi des femmes au fort caractère aussi enclines à faire respecter les traditions qu'à les bousculer. Les hommes sont un peu plus pâlots. Si ce n'est chez les domestiques où plusieurs personnages aux engagements politiques ou aux mœurs peu conventionnels pour l'époque, sortent du lot. Ce qui rend la série intéressante c'est le temps et l'intérêt qu'elle accorde aux domestiques, mettant en scène parallèlement la vie des gouvernants et des gouvernés. Dans ces deux groupes, le respect des traditions puis la fin proche de l'aristocratie effraient autant qu'ils excitent les curiosités.

Les deux premières saisons sont excellentes. Le récit peine à surprendre et tend à se répéter au fil des saisons suivantes. La série élégante penche de plus en plus vers le soap opéra. Malgré tout, l'attachement aux personnages bien dessinés parvient à conserver toute notre attention.

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Sophia Aram - Le fond de l'air effraie

Dans la grande salle du Palais des Glaces, Sophia Aram présente un nouveau spectacle adoptant un format sensiblement différent de "Du plomb dans la tête" et "Crise de foi". Ici, les sketchs et personnages sont peu nombreux et laissent la plus grande place à une revue de l'actualité et des maux de la société qu'elle révèle, façon "Guy Bedos".

Avec ce format moins métaphorique, Sophia Aram affirme ses convictions de façon plus frontale et oublie à quelques occasions de faire rire. Le spectacle se scinde ainsi sur la forme en deux parties, deux tonalités, qui s'entrecroisent : celle de la parodie et celle du premier degré. La parodie est souvent très efficace et l'on rit de bon coeur. Sophia Aram, par exemple, commente successivement des extraits édifiants des livres de Trierwieler et Zemmour, se moque des bobos à travers le regard de sa tante Fathia, nous chante le triste destin de Marine Le Pen, nous explique que tout est un clivage droite-gauche, incarne un djiadiste Québequois et revient sur son Pearl Harbor (télévisé) de l'estime de soi... Dans la seconde partie, Sophia Aram semble ne plus pouvoir rire de tous ces intégrismes religieux et politiques, de cette violence à l'encontre de la liberté d'expression... au point de se perdre en justification et de se répéter dans sa volonté de convaincre à tout prix un public à priori déjà conquis par ces idées d'humanisme, de respect et de liberté.

Dans ce spectacle, bilan d'une époque violente où tout devient agression, Sophia Aram réalise sans doute un exercice encore plus courageux que celui de ses précédents spectacles ou de ses chroniques hebdomadaires sur France Inter. Ce n'est pas le format qu'on préfère mais il impose lui aussi le respect.

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