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Les Ogres de Léa Fehner

François dirige "Le Davaï Théâtre", théâtre itinérant qui sillonne la France depuis plus de 20 ans. Sa troupe d'acteurs, chanteurs, acrobates, régisseurs forme une famille grouillante où femmes, hommes, enfants s'aiment et se détestent successivement et tout à la fois. Et où chacun composent comme il peut avec le poids des épreuves.

Dès la première scène, Léa Fehner nous plonge dans le tourbillon et la folie de ces ogres. La caméra sans cesse en mouvement filme en gros plans la troupe hurlante au travail. C'est Tchekhov qui se joue et se chante devant un public éberlué. Quand le spectacle est fini rien ne s'arrête. Ca bouge, ca tchatche, ça picole, ça rigole, ça hurle et ça s'engueule. La réalisatrice met en scène avec une précision d'orfèvre cette troupe ivre de vie, saoule et possiblement saoulante. Chaque scène se joue sur plusieurs plans tant au niveau de l'image qu'au niveau des dialogues. Les scènes de groupe où l'énergie déboule de toute part sont parfaitement lisibles et audibles. Les couleurs, le mouvement, les dialogues explosent en feu d'artifice. Parfois, le temps soudainement suspendu, le silence s'installe, les artistes épuisés s'épanchent et se penchent sur leurs peines. Après quoi et pourquoi courent-ils ?

Les personnages multiples sont dessinés en peu de trait avec une précision et un sens parfait de l'effeuillage. Les comédiens, tous sans exception, enfants compris, sont impressionnants de naturel : Adèle Haenel, Marc Barbé, Marion Bouvarel, François Fehner, Lola Duenas... il faudrait pourvoir les citer tous tant le film puise sa force dans ce travail de troupe.

Le film dure 2h24 et l'on relève 2 fois 45 secondes d'ennui.

Tout est dit.

A voir en salle dès le mercredi 16 mars.

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Room de Lenny Abrahamson

Joy, enlevée il y a 7 ans, vit depuis enfermée dans une cabane de jardin avec son fils Jack, 5 ans, naît des viols répétés de son bourreau. Lorsqu'ils sont libérés, le retour à la vie est une autre épreuve.

La première heure du film se concentre sur la vie en captivité et la seconde heure sur le retour au monde. Dans les deux cas, tout est décrit à gros traits, sans nuances, à coup de psychanalyse de seconde zone. La réalisation sans pilote n'apporte pas le moindre point de vue ou originalité dans le traitement d'un sujet des plus délicats. La lourdeur règne de toute part. On se raccroche à l'interprétation de Brie Larson qui ne s'en sort pas si mal et qui vient tout juste d'être oscarisée (ce qui semble quand même un peu surévalué...).

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Brooklyn de John Crowley

Dans les années 50, Ellis Lacey quitte son Irlande natale pour s'installer à New-York où un travail l'attend.

Broolyn fait partie de ces films qui nécessitent que l'on s'abandonne totalement au plaisir simple et naïf du romanesque. D'un grand classicisme, le film est mené par l'interprétation de Saoirse Ronan, nommée pour ce rôle comme meilleure actrice aux Oscars, aux Golden Globes et au Baftas. Elle est Ellis qui nous emporte pendant près de deux heures dans ses tourments, son mal du pays, son nouveau bonheur et ses déchirures. Et on ressort de ce film tout heureux de l'avoir accompagnée dans ces si grands sentiments.

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Tartuffe aux Ateliers Berthier

Au sol un damier noir et blanc, une grande table centrale et quelques fauteuils en aparté, des murs blancs, de lourdes tentures de velours et une mezzanine. C'est dans ce beau décor, où l'espace domine, que la famille d'Orgon se délite petit à petit sous les manipulations de Tartuffe.

Tout d'abord, on remarque le damier qui nous trouble la vue, un peu comme Orgon aveuglé par le jeu de Tartuffe. Puis, très vite, c'est le talent de Chantal Neuwirth qui nous éblouie. Elle campe une Dorine magnifique, impertinente et drôle. A ses côtés, Samuel Labarthe (Orgon) et Micha Lescot (Tartuffe) ne surprennent pas : ils sont excellents comme chaque fois. Si surprise il y a, elle vient d'Audrey Fleurot que, bêtement peut-être, nous n'aurions pas spontanément imaginé dans une mise en scène de Luc Blondy et qui offre à une Elmire manipulatrice et courageuse, une interprétation moderne d'une grande précision. Du bien bel ouvrage même en l'absence du maître.

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