<< < 1 2

Quatre souvenirs de Gaspard Ulliel.

A la télévision et dans les magazines, en figure de mode, dans des publicités à l'image léchée et aux slogans pas toujours compréhensibles, il était une des égéries de la marque Chanel. Beau et mystérieux. Une aubaine disait-il de cette entrée d'argent qui lui permettait de choisir les rôles qui l'intéressaient vraiment.

Au cinéma, dans le Saint-Laurent de Bertrand Bonello. Il incarne parfaitement toute la complexité du grand couturier, génie admirable et révolutionnaire, diva capricieuse, homme à la fois fragile et bourreau de son entourage. Les César préféreront récompenser Pierre Niney qui, la même année, incarnait, très bien, un Saint-Laurent aseptisé. Des deux comédiens c'est pourtant Ulliel qui avait pris le plus de risques et relevé le défi artistique le plus osé.

Au cinéma encore, dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan, adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce, il interprète le dramaturge. Le rôle d'un homme en sursis qui se sait condamné et qui vient se confronter une dernière fois à la violence de sa famille déjantée. Ses silences, ses expressions, la délicatesse de son jeu impressionnent et touchent durablement. Il recevra pour ce rôle le César du meilleur comédien, son 2e après celui du meilleur espoir reçu en 2005 pour un Long Dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.

Au théâtre dans Démons de Lars Noren mis en scène par Luc Bondy, il incarne Tomas dont le couple est pollué par un duo de voisins toxiques. Face à Romain Duris et Marina Foïs et aux côtés d'Anaïs Demoustier, il révèle une belle présence et une justesse de jeu que le trac de la scène n’altère pas.

Gaspard Ulliel est mort, ce mercredi 19 janvier, à l'âge de 37 ans emportant avec lui toutes les promesses que son talent portait.

Voir les commentaires

Après Chtchoukine en 2016, la Fondation Vuitton rend hommage aux Morozov. Egalement russes, ils ont aussi pour point commun avec Chtchoukine d'être de grands collectionneurs qui ont révélé et soutenu de nombreux peintres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Ces industriels, formés à l'art, ont particulierement fréquenté et collectionné les peintres russes et français.

Lorsque leur collection est nationalisée en 1918, en même temps que celle de Chtchoukine, elle comporte plus de 650 oeuuvres. 

200 d'entre elles, prêtées par les musées de l'Ermitage et Pouchkine, la galerie Tretiakov et des collections privées, sont présentées à la Fondation Vuitton. Les grands noms se succèdent : Manet, Monet, Renoir, Degas, Derain, Vlaminck, Marquet, Pissaro, Lautrec, Sisley, Rodin, Claudel, Mvnch, Picasso... Bonnard, Denis, Gauguin, Cezanne et Matisse sont particulièrement présents.

Deux Van Gogh sont exposés dont le très beau et surprenant La ronde des Prisonniers auquel une salle est dédiée.

Les peintres russes sont bien présents dont Konstantine Korovine, qui conseilla les Morozov sur leurs acquisitions et dont les toiles ici exposées accrochent particulièrement l'oeil.

A voir jusqu'au 22 février 2022.

La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton
La Collection Morozov, icônes de l'Art Moderne à la Fondation Vuitton

Voir les commentaires

La Comédie Française accueille Glyslein Lefever qui met en scène Music-Hall de Jean-Luc Lagarce. 

Une fille et ses deux boys présentent un spectacle de music-hall. Ils racontent la chorégraphie de leur spectacle et les aléas auxquels ils font face lors de représentations dans des villes et des salles de moins en moins accueillantes et remplies.

Entre sarcasmes, humour et nostalgie, Lagarce placent ses trois personnages dans la situation d'artistes désabusés qui voient leur art se déliter, le public disparaître. Une mort inéluctable que la volonté coûte que coûte de continuer à jouer ne permet pas d'enrayer. Entre hommage aux artistes et testament personnel de l'auteur.

La mise en scène de Glyslein Lefever et la scénographie de Chloé  Bellemère exploitent astucieusement la toute petite scène du Studio-Théâtre, la transformant en cocoon rassurant, à moins qu'il ne s'agisse d'une impasse, du bout du quai. Françoise Gillard, Gaël Kamilindi et Yoann Gasiorowski sont tous trois épatants dans l'interprétation du texte acéré de Lagarce et de la chorégraphie de Glyslein Lefever.

Voir les commentaires

En 1987, Philippe, écrivain américain célèbre, puise son inspiration des femmes de sa vie, et plus précisément ici de sa relation avec sa maîtresse anglaise.

En onze chapitres, Arnaud Desplechin s'approprie le livre Deception de Philip Roth et trace un portrait de l'écrivain, aux multiples obsessions dont l'antisémitisme (ou l'antisionisme), qui oscille entre féminisme et misogynie ; un chapitre est d'ailleurs consacré à un procès de l'écrivain face à un jury de femmes. Le réalisateur dessine aussi le portrait de la maîtresse, mariée et mère, malheureuse en famille, qui trouve une oreille attentive dans la garçonniére de cet écrivain qu'elle sait aussi pousser dans ses retranchements.

Les comédiens sont excellents. Léa Seydoux n'a sans doute jamais été aussi juste et Denis Podalydès prouve une fois encore qu'il peut tout jouer. A côté d'eux Emmanuelle Devos, fidèle au réalisateur, est magnifique, tout comme Anouck Grinberg qu'on retrouve avec plaisir au cinéma et Rebecca Marder, parfaite également.

Sur la forme, le film est superbe. La mise en scène de Desplechin est très belle, d'une grande précision, inventive, plaçant à  quelques reprises ses protagonistes dans des scènes de théâtre, utilisant toujours les marques de fabrique de son maître François Truffaut, passant du faux aux vrais avec fluidité. La photographie est également magnifique. Comme tous les films de Desplechin, celui-ci est bavard mais la qualité des dialogues et la musicalité des voix en font un plaisir de presque chaque instant. Cette belle démonstration de l'importance du réel dans la création, la façon avec laquelle l'écrivain vampirise ses proies, ceci non sans une certaine sincérité dans les sentiments, nous renvoie au travail du réalisateur dont on se souviendra, notamment, du procès que Marianne Denicourt lui fit à la sortie de Rois et Reine.

 

Voir les commentaires

<< < 1 2
Haut

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog