<< < 1 2

Jacob Hunter et Philippe se rencontrent alors qu'ils résident dans une "maison de repos". Jacob se prend pour Céline Dion tandis que Philippe, homme blanc, se dit noir. Les parents de Jacob tentent de comprendre à la fois leur fils et le docteur farfelu qui s'en occupe

Le postulat de départ semblait promettre une réflexion sur l'identité, la difficulté d'être soi, la force du rêve d'être un ou une autre ou mieux la célébration de ceux qui osent vivre au grand jour leur fantasme.

Devant la pièce, si les interrogations pleuvent c'est sur la signification et l'intérêt du propos. Jacob et Philippe s'avèrent être presque des seconds rôles. Les premiers étant tenus par les parents de Jacob qui malgré l'amour qu'ils portent à leur fils et toute leur bonne volonté restent exclus de son monde. Du statut d'homme noir de Philippe on ne saura pas grand chose. Ici aucun des personnages ne semble avoir grâce aux yeux de Yasmina Reza. Les propos qu'elle leur offre sont creux. Sans esprit, ni puissance, ni poésie, ni drôlerie. Les séquences assez vaines se succèdent sans jamais aboutir à quoi que ce soit. Rien ne se tricote.

Dans un décor quasi nu, habillé par des vidéos en fond, les comédiens semblent perdus sur la grande scène du théâtre de la Colline, se parlant à 5 mètres de distance. On n'ose imaginer qu'il s'agit d'un effet pour signifier la solitude des personnages... Le couple André Marcon et Josiane Stoleru sonne faux et Christèle Tual en fait des tonnes dans le rôle de la psy folle dingue. Ils semblent mal accordés. Seuls Alexandre Steiger et l'excellent Micha Lescot tirent leur épingle du jeu et ,ce, malgré une partition bien maigre. Le musicien Joachim Latarjet habille avec élégance les inter-scènes.

A l'issue de la représentation, les applaudissements peu nourris des 650 spectateurs semblent exprimer une déception commune.

Voir les commentaires

Karim Duval se lance dans une description assez savoureuse de la génération Y (les personnes nées entre 1980 et 2000), sa génération, la génération WhY, des Tanguy, écolo mais pas trop, ayant abandonné des postes de cadres pour des métiers "qui ont du sens", bourrée de contradictions, adepte de novlangue, de "citation Inspirante, l'unité minimale de la chose spirituelle" et de yoga... Sans oublier de se moquer des B (comme boomers).

C'est malin, bien vu, bien écrit, rapide. Sympa.

 

Voir les commentaires

Amiens, en avril 1976, suite à l'annulation pour vice de forme de son premier procès, Pierre Goldman est rejugé pour avoir effectué quatre braquages dont l'un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Goldman reconnaît les braquages sauf celui de la pharmacie. Lors du 1er procès, Pierre Goldman avait été condamné à la réclusion à perpétuité.

Plus que le procès lui même, c'est la personnalité de Pierre Goldman qui intéresse. Une impressionnante dialectique, une curieuse façon de se défendre qui renvoie à l'occasion la justice face à ses étrangetés, une forme d'instabilité psychologique que l'on perçoit chez ce fils de parents juifs polonais, engagés politiques, dont le père ayant fuit le nazisme pour trouver refuge en France, y sera résistant... Pierre Goldman, pétri d'admiration pour ses parents, militant d'extrême gauche, versant pourtant dans le banditisme, intrigue. 

Cédric Kahn présente sa vision des moments forts du procès, traçant le portrait complexe de Goldman, l'ambiance électrique dans le prétoire mais aussi entre Goldman et son avocat Georges Kiejman. Son traitement met aussi en lumière l'antisémitisme, le racisme, une police défaillante de l'époque, autant de thèmes toujours d'actualité.

Trois caméras ont tourné simultanément ce huis clos bouclé en trois semaines et monté par Yann Dedet. La réalisation s'approche au plus près des visages, se joue de la disposition des lieux pour donner à voir simultanément les orateurs et les auditeurs, laisse entendre la présence du public pro ou anti Goldman, adopte un format carré qui favorise l'immersion. Le grain de l'image, encore plus que les looks vestimentaires des personnages, nous transporte d'emblée dans les années 70. La qualité du film repose aussi sur l'excellence de ses comédiens (Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphane Guerin-Tillie, Nicolas Briançon, Jérémy Lewin...,), ingrédients essentiels dans la réussite d'un film de prétoire.

Difficile de mesurer la part du vrai, du subjectif et du fictif dans le film. On pourra toutefois avoir un autre éclairage en lisant l'interview donnée par Christiane Succab-Goldman l'épouse de Pierre Goldman, au Monde le 4 octobre 2023.

Voir les commentaires

<< < 1 2
Haut

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog