En 2015, Ghofrane et Rahma, les deux filles aînées d'Olfa Hamrouni, rejoignent l'Etat Islamique en Libye. La réalisatrice Kaouther Ben Hania réunie Olfa et Eya et Tayssir, ses deux plus jeunes filles, pour raconter leur histoire.

La réalisatrice met en place un processus assez complexe mettant en scène les vraies protagonistes de l'histoire mais aussi des acteurs. Des comédiennes interprétent les rôles de Ghofrane et Rahma, un comédien endosse les rôles de tous les hommes tandis qu'une comédienne est censée prendre le relais d'Olfa lorsque les récits deviennent trop douloureux.  

Le montage qui mélange les récits par Olfa et ses benjamines, les répétitions des scènes sous les indications d'Olfa et les scènes rejouees, la photographie très soignée du film identique dans toutes les situations, donnent la désagréable sensation que tout est faux. Et celle tout aussi désagréable qu'Olfa et ses jeunes filles se font piéger par la réalisatrice qui rend le spectateur complice de ses agissements.

Curieusement, ce procédé qui met mal à l'aise nous oblige à maintenir l'écoute attentive et sérieuse que mérite l'histoire d'Olfa, femme ogre, violente et violentée, et d'Eya et Tayssir, jeunes filles aussi fortes que fragiles. Ce n'est pas pour l'oeuvre artistique mais bien pour elles qu'il faut voir ce film qui conte aussi l' évolution de la vie des tunisiennes depuis la révolution de 2011.

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