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Dans les années 50, d'un côté Sabine et Pierre, de l'autre leur fils Georges et sa femme Louise. Chaque couple se déchire dans son cabinet de toilette, séparés par une simple cloison. Ils vivent dans une propriété agricole qui se meurt comme Marie, leur tante et soeur, figure sacrificielle.
Alain Francon met en scène l'unique pièce de théâtre écrite par Claude Simon, Prix Nobel de Littérature. Et c'est vrai que sur scène la langue est belle. Elle dépeint avec précision et métaphores, sensoriellement et visuellement, le vécu et les ressentis des personnages. A travers eux, se raconte l'histoire et le courage de Marie.
Le fils, traumatisé par la guerre, déteste ses parents, particulièrement son père, homme lettré. La mère souffre de l'indifférence de son mari, soupçonne son fils de vol et sait l'infidélité de sa belle fille. Belle fille qui, à côté de cette hystérie familiale, demeure comme détachée, observatrice du chaos. Seule la mourante, celle qui s'est sacrifiée toute sa vie, semble l'atteindre vraiment.
Sur scène Léa Drucker impressionne dans sa capacité à décaler légèrement son jeu par rapport à celui de ses partenaires. Louise est la pièce rapportée qui observe et qui pourrait quitter ce naufrage. Catherine Hiegel est exceptionnelle dans le rôle de la femme vieillissante, bouffée par l'alcool et les ressentiments. A leurs côtés, Pierre François Garrel, Catherine Ferran et Alain Libolt ( qui semble encore un peu encombré par son costume) sont très bien.
A voir au théâtre des Bouffes Parisiens.