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Joël Pommerat adapte la pièce de Pagnol qu'il a retravaillé avec des détenus de la prison centrale de Arles en 2016. Il leur avait promis de la monter à leur sorti. Et après avoir été en tournée de décembre 2024 à juin 2025, les voici au théâtre du Rond Point.
La pièce quitte l'époque d'entre deux guerres de sa version d'origine, pour se positionner dans une époque contemporaine. A Marseille, le café boulangerie de César vivote, Panisse toujours fier et riche possède plusieurs boutiques de scooter. Escartefigue tient une boutique d'oiseaux exotiques. Marius est toujours, sans vraiment le savoir, amoureux de Fanny et a toujours très envie de prendre le large. Fanny aime Marius.
La pièce reprend la même trame et les mêmes "rebondissements" que celle de Pagnol. Le texte a été réécrit. Mais, cette réécriture, sans charme particulier, n'apporte rien de plus ou de nouveau. Le repositionnement de nos jours déçoit aussi. La pièce ne dit rien de notre epoque. Il y aurait pourtant eu des choses à dire sur l'envie irrépressible de fuir de Marius ou sur l'amour sacrificiel de Fanny. D'ailleurs, les deux plus jeunes personnages sont bien fades à côté des César, Panisse et Escartefigue qui ont conservés le caractère bien trempé que leur avait accordé Pagnol. Ils sont respectivement et excellemment interprétés par Jean Ruimi, Bernard Traversa et Ange Melenyk.
La mise en scène minimaliste, quasi inexistante, n'aide pas le récit à se renouveler. On ne perçoit pas de geste fort d'auteur. Pourtant, sur la dernière minute du spectacle, un effet sonore est lancé, arrivant comme par égarement.
Si l'on met de côté la beauté de l'aventure de ces ex-détenus révélés au théâtre, la pièce qui se visionne sans déplaisir, ne marque pas.