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Chimène et Rodrigue s'aiment. Mais quand le père de Chimène offense le père de Rodrigue, celui-ci se voit contraint de sauver l'honneur de son père.
Nombreux sont les alexandrins du Cid qui nous sont familiers "O rage, o désespoirs, o vieillesse ennemie...", "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années" issus de cette histoire que l'on connait (presque) par cœur. Denis Podalydes en s'emparant du best seller de Corneille lui redonne tout son attrait. Dans une scénographie d'Eric Ruf où dominent de vastes et majestueux moucharabiehs, sous les superbes lumières de Bertrand Couderc, dans un habillage sonora à la fois discret et efficace conçu par Bernard Vallery (avec l'aide de Jordy Saval) et dans les magnifiques costumes de Christian Lacroix, les comédiens du Français nous font redécouvrir la puissance de la plume de Corneille et de cette histoire d'amour irrépressible et pourtant impossible.
Benjamin Lavernhe dans le rôle titre est à la fois puissant, notamment dans l'impressionnante mise en scène du récit de ses combats contre les Maures, et touchant tant il est blème et dépourvu face aux dilemmes insurmontables. Suliane Brahim en impose dans la rage de vengeance et celle d'aimer. A leurs côtés Jennifer Decker est une magnifique infante sacrificielle. Marie Oppert donne au rôle d'Elvire une forte présence inattendue. Christian Gonon et Didier Sandre ont le charisme indispensable à l'incarnation de ces pères qui imposent à leurs enfants les ravages d'une guerre d'égo. Danièle Lebrun impressionne toujours dans le rôle pourtant discret de Léonor. Bakary Sangaré, superbe en roi de Castille, porte la part ironiquement drôle du récit. Clément Bresson, Adrien Simion et Hippolyte Orillard endossent les rôles des gentilshommes. La qualité de jeu des comédiens de la Comédie Française, leur capacité à jouer ensemble et à faire troupe, est une fois encore un régal à contempler.