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Zhang Huan à la Fondation Louis Vuitton

A l'occasion de l'exposition Bentu présentant 12 artistes contemporains chinois, les visiteurs peuvent admirer dans la collection permanente deux tableaux de Zhang Huan. Cet artiste chinois, né en 1965, est tout d'abord connu pour ses performances provocantes qu'il réalise, à New-York notamment, jusqu'en 2005. De retour en Chine, il se convertit au bouddhisme qui lui inspire la création d'œuvres, sculptures et peintures, réalisées à base de cendres issues des temples. La Fondation Louis Vuitton expose deux de ces tableaux.

Great Leap Forward, le plus impressionnant des deux, met en scène des ouvriers construisant le Grand Canal, symbole des réformes agricoles et industrielles qui précipitèrent le peuple dans la famine.

National Day représente la place Tien Anmen lors de la cérémonie célébrant les dix ans de la déclaration de la République Populaire de Chine par Mao Zedong.

Ces œuvres de grande taille (286 x 5400 cm) impressionnent par la technique avec laquelle elles ont été réalisées, offrant deux visions, celle panoramique tout d'abord et celle microscopique ensuite. On est en premier lieu happé par la beauté du paysage global qui interpelle par ses perspectives et sa forme entre dessin et photo ancienne. Puis, s'approchant et comprenant qu'il s'agit de cendres, on se demande comment avec ce matériau instable l'artiste peut atteindre une telle précision des détails. La variété des gris, la maîtrise de la lumière, les différents visages du paysage qui évolue selon l'angle depuis lequel on le regarde, tout impressionne et nous aspire dans l'exploration de chaque centimètre de l'oeuvre.

DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
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DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward
DIAPORAMA : Great Leap Forward

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DIAPORAMA : National Day
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Steve Jobs de Danny Boyle

En 1984, Steve Jobs présente, au nom d'Apple, le Macintosh. En 1988, il sort, en son nom, le Next. En 1998, de nouveau à la tête d'Apple, il lance l'iMac.

Danny Boyle tente de dessiner le portrait du "génie" de l'informatique (et du marketing) à travers les coulisses de ces trois shows. Dés la 1ière démo, on découvre son cynisme, son ingratitude à l'égard de ses collaborateurs, ses colères et l'existence de sa fille non désirée. Les deux shows suivants déroulent et démontrent les mêmes choses. Les seules différences résident dans la position tenue par Jobs vis-à-vis d'Apple. Le scénario, qui n'a rien à dire, finit par se concentrer sur la relation compliquée de Jobs et sa fille.

Pour nous tenir éveiller, des dialogues percutants, une Kate Winslet épatante et Michael Fassbender que l'on adore détester.

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&quot;Matérialité de l'Invisible&quot; au 104

« Matérialité de l’Invisible » présente des œuvres réalisées par Agapanthe (Konné & Mulliez), Hicham Berrada, Ali Cherri, Miranda Creswell, Johann Le Guillerm, Nathalie Joffre, Anish Kapoor, Julie Ramage, Ronny Trocker. Cette exposition parle d’origine, d’évolution, d’histoire et de mémoire.

A la sortie de l'exposition, c'est le film "Estate" de Ronny Trocker qui marque notre mémoire. Il s'inspire d'une photo de Juan Medina prise en Espagne en 2006.

Sur une plage de méditerranée, alors que les vacanciers sont sur le sable, un homme noir épuisé traverse péniblement la plage. Tout semble figé, le temps suspendu à ces mannequins de cire immobiles et voyeurs. Troublant.

Diaporama
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Asphalte de Samuel Benchetrit

Dans une banlieue HLM, trois êtres perdus rencontrent trois solitudes pour quelques jours ou pour la vie.

Asphalte parle de chutes, de solitudes, de solidarité et du vivre ensemble au-delà des à-priori Il nous conte les rencontres d'une actrice déchue et d'un ado abandonné, d'une infirmière de nuit et d'un égoïste soudainement paraplégique, d'une maman Kabyle et d'un astronaute Américain tombé par erreur du ciel. Samuel Benchetrit fait la part belle au silence et au plan séquence. Sa distribution est impeccable. Son film improbable est drôle, tendre et mélancolique.

Une jolie surprise.

Date de sortie en salle : 7 octobre 2015

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Mia Madre de Nanni Moretti

Margherita tourne, avec un célèbre acteur américain, un film mettant en scène des ouvriers luttant pour la survie de leur usine et de leurs emplois. Quand elle apprend, accompagnée de son frère, que sa mère, hospitalisée pour un cœur très fatigué, va bientôt mourir, elle refuse de comprendre.

A la sortie du film ce sont les visages des comédiens qui marquent nos esprits. Ils sont tous excellents, dans des partitions très différentes : Margherita Buy parfaite en réalisatrice et femme paumée, Giulia Lazzarini magnifque dans le rôle de Ada la madre qui se perd et part tout doucement, Nanni Moretti tout en sobriété en frère parfait en toutes occasions et John Turturro, drôle et presque inquiétant en acteur Américain borderline. Mia Madre questionne la création, sa force, son ridicule et l'égoïsme de l'artiste, le vivre ensemble et la perte d'un être cher. Margherita (l'alter ego de Nanni Moretti, autobiographe revendiqué) navigue comme une nauvragée entre son tournage au comédien ingérable, et l'hôpital où sa mère s'affaiblit de plus en plus, et ouvre peu à peu les yeux sur ses faiblesses. Le film se déroule avec une telle évidence, une telle fluidité qu'il donne l'impression que son sujet, multiple et complexe, est d'une grande simplicité. En des plans simples, Moretti crée l'émotion et dit beaucoup comme dans ce plan fixe sur Livia où, alors que le téléphone vient de sonner, elle entend les paroles de son père et comprend, comme le spectateur, que sa grand-mère vient de mourir.

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