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Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore

En Afghanistan, une section française en mission de surveillance voit deux de ses hommes disparaître mystérieusement.

Clément Cogitore nous propose un film de guerre original car navigant entre ésotérique et fantastique. On est happé par les scènes de nuit filmées en infrarouge et par l'interprétation intense de Jérémie Reignier. Le scénario intrigue mais peine à se développer réellement et finit par décevoir un peu. On garde quand même le souvenir d'un film qui nous sort des sentiers battus. Ce qui, pour une première oeuvre, est courageux.

Date de sortie en salle : 30 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 3 février 2016

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Voyage au bout de la Nuit - Les Possédés

Seul sur la scène de la grande salle du théâtre de la Bastille, Rodolphe Dana se glisse dans la peau de Ferdinand Bardamu et nous emmène dans la campagne française pendant la guerre de 14, en Afrique Equatoriale, à New-York et Détroit, avant de terminer l'aventure par son retour à Paris.

Sur le plateau, entouré des hauts murs noirs du théâtre, six tables de métal, seules, qui, sur leurs pieds, couchées ou debout bien droites, accompagnées par la lumière diffuse ou clinquante des projecteurs, dessinent le décor de ces trois voyages. Le comédien joue pleinement les scènes, marchant au pas, rampant, se déshabillant sous la chaleur tropicale, découvrant tête levée la ville verticale, se démenant dans les ateliers de l'usine Ford, s'accoudant aux bars, louchant sur les filles. Adoptant la gouaille du héros de Céline, ses enthousiasmes de courte durée et sa misanthropie, Rodolphe Dana capte d'emblée notre attention et nous emporte dans ce voyage initiatique pendant 1h40 de théâtre de grande qualité.

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A Berlin, au cœur de l'été, Sasha meurt brutalement. Lawrence, son petit ami, et Zoé, la sœur de Sasha, vivent ce deuil chacun comme ils peuvent.

Le film suit Lawrence et Zoé lors de trois étés : à Berlin alors que Sasha vient de mourir, l'année suivante à Paris et à Annecy et 1 an plus tard à New-York. Chaque retrouvaille donne à voir l'évolution de ces deux personnages face à l'absence : leur besoin de percevoir Sasha dans la présence de l'autre, qui les lie de plus en plus dans une relation fraternelle, les chamboulements dans leur vie privée, leur capacité ou non à vivre leur chagrin, leur aptitude à la résilience.

Sur le papier, le scénario fait craindre l'ennui et le glauque. Et c'est vrai que Ce sentiment de l'été ne fait aucune place à l'action et aux rebondissements spectaculaires. Tout réside dans les sentiments et les sensations générées par une solitude contemplative au cœur même de l'agitation de la ville. Le film n'en est pas moins prenant et particulièrement lumineux tant dans son récit que dans sa forme. La photo est magnifique, les plans des villes particulièrement soignés entre étendues urbaines et espaces verts. Le format 16mm confère aux images une agréable sensation de douce mélancolie. La musique particulièrement bien choisie contribue à nous bercer au rythme de cette histoire où règne en maître la bienveillance qui lie les personnages. Les comédiens premiers et seconds rôles suivent cette belle partition avec précision. On retrouve toujours avec autant de plaisir Judith Chemla. Mais c'est surtout, Anders Danielsen Lie (déjà remarquable dans Oslo 31 août) qui capte notre attention en conférant à son personnage un capital sympathie qui nous emporte d'emblée. Il nous guide avec délicatesse tout au long du film. Et nous voit bien surpris de nous y être senti aussi bien.

 

A voir en salle dès le mercredi 17 février.

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