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Aurevoirlahaut_sanscrierart.com

9 novembre 1918, alors que l'armistice s'annonce, un lieutenant, fou de guerre, envoie ses soldats au combat. Édouard est gravement blessé pendant l'assaut et devient pour toujours une gueule cassée. De retour à Paris, avec son ami de tranchées, Albert, il va, par désespoir et vengeance, mettre au point une arnaque aux monuments aux morts.

Albert Dupontel adapte le livre de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013. Dans les précédents films de Dupontel, de pure création, c'est avant tout son inventivité dans les sujets abordés, le dessin des personnages, l'audace du propos et son militantisme affiché qui séduisaient. Ici il s'approprie l'oeuvre d'un autre pour la mettre en images. Tout en jouant à fond la carte du romanesque, il conserve sa part de poésie lunaire et son point de vue militant dénonçant les salauds, les injustices faites aux "petits", les manquements de l'Etat.

Les plans se succèdent, à la fois imaginatifs et beaux, dans une grande fluidité. Les décors et  les costumes reconstituent l'époque avec élégance et sans encombrement. La belle musique de Christophe Julien sert le romanesque avec retenu. Les comédiens (Niels Arestrup, Laurent Lafitte, Émilie Dequenne, la lumineuse Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz, André Marcon, Philippe Uchan, Nahuel Perez Biscayar, la jeune Eloise Balster  et Albert Dupontel lui même) jouent leur partition avec sobriété. Tous les aspects du film semblent tendre vers un même objectif : ne pas tomber dans la lourdeur, le pathos et éviter tout excès. Ainsi, les moments où un tel risque apparaît sont parfaitement dosés sans pour autant anesthésier toute émotion. Du beau cinéma.

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Edmond_Michalik_SansCrierArt

En 1897, Edmond Rostand écrit et met en scène, au théâtre de la Porte Saint-Martin, Cyrano de Bergerac. Alexis Michalik invente ce qu'auraient pu être les sources d'inspiration de l'auteur et les conditions rocambolesques de la création de cet immense succès théâtral.

Cinq Molières dont ceux de la mise en scène et du meilleur spectacle du théâtre privé, et un très grand succès au théâtre du Palais-Royal  sont venus récompensés Edmond. Tout comme pour ses deux pièces précédentes, Le cercle des illusionnistes et Le porteur d'histoire, Michalik cumule succès public et reconnaissance de la profession. Et tout comme pour ses deux pièces précédentes, les raisons de cet engouement demeurent bien mystérieuses.

Edmond reprend la recette Michalik : une histoire à tiroirs menée à un rythme haletant et habitée par une ribambelle de protagonistes haut en couleurs. Cette fois encore l'impression de rythme est basée sur une mécanique artificielle faite de trois éléments principaux : une succession de micro-scènes sans réel intérêt, les déplacements survoltés des comédiens qui assument chacun plusieurs rôles et jouent aussi les déménageurs pour assurer les incessants changements de décor. Cette agitation masque une histoire bien plate puisqu' Edmond n'est qu'une simple transposition de la géniale histoire de Cyrano de Bergerac sur Rostand lui-même ou plus exactement la représentation que Michalik s'en fait. Les quelques apports réellement personnels de Michalik sont creux, enchaînant  les clichés, les gags téléphonés et les pseudo rebondissements sans finesse.

Une question nous vient : pourquoi s'emparer d'une oeuvre aussi élégante pour l'enrober d'un met aussi grossier ?

 

 

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Emmanuelle Blanchey, ingénieure brillante dans une importante entreprise française, est la seule femme du comité exécutif. Un groupe d'influence, promouvant la place des femmes dans les postes importants, lui propose de soutenir sa candidature à la direction d'une entreprise du CAC 40.

Tonie Marshall envisageait à l'origine de présenter cette histoire sous forme de série. Et, il s'avère qu'à plusieurs reprises au visionnage du film, on se laisse à penser qu'un format au long cours aurait était plus intéressant. Certains rebondissements incongrus et des raccourcis un peu caricaturaux, sans doute dûs à la modification du format, desservent le propos.

On suit tout de même le film sans déplaisir portés par la qualité générale de l'interprétation. Emmanuelle Devos est parfaite comme toujours.

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Des territoires (d'une prison l'autre) - SansCrierArt.com

Lyn, Hafiz, Benjamin et Samuel viennent d'enterrer leurs parents dans des circonstances farfelues. De retour dans la maison familiale, ils trouvent Moussa et Lahcen qui leur apprennent que des émeutes ont lieu dans le quartier. Contraints de rester enfermés dans la maison, ils se retrouvent face à leur deuil et à leurs relations complexes alors qu'une militante anti-capitaliste s'invite chez eux.

Que la militante se nomme Louise Michel n'est pas un hasard. Baptiste Amman fait le choix de lier les difficultés des quartiers à la Commune. Un choix qui semble difficile à appréhender tant la pièce perd en efficacité lorsque cette part d'histoire intervient. Toute la partie contemporaine (la plus importante) est particulièrement séduisante. Les textes y sont forts et poétiques. Le propos y est clair et prenant. Les comédiens incarnent avec force leurs personnages et sont parfaits dans la gravité comme dans le burlesque. La scénographie est belle à la fois crue et éthérée, entre rêve et réalité. On est tout à fait séduit par cette curieuse histoire. Quand la Commune prend toute la place, on se perd un peu et on doute du réel intérêt du propos. Les états d'âme que Baptiste Amman attribue à Théophile Ferré ou Gustave Courbet sont biens moins intéressants que le malaise de ses héros contemporains et moins fort que le cri de Moussa. Au risque de décevoir l'auteur, on repart avec le souvenir vivace du destin de ce pavillon de quartier et on oublie bien vite la Commune.

A voir jusqu'au 25 novembre.

Des territoires (...d'une prison l'autre....) est le deuxième volet d'un triptyque débuté en 2013 avec Des territoires ( nous sifflerons la Marseillaise). La même fratrie est chaque fois mise en scène et leur histoire  confrontée à un évènement historique : la révolution française, la Commune et la guerre d'Algérie pour le troisième volet à venir.

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Le_Moma_chez_vuitton_SansCrierart.com

La Fondation Louis Vuitton ouvre l'ensemble de ses salles au MoMA de New-York proposant un voyage au cœur de l'art du XXe et du XXIe siècle au fil de l'évolution du plus célèbre musée d'art moderne au monde.

Dans une scénographie fade et triste, peintures, sculptures, photos, vidéos... sont exposées chronologiquement de la création du musée en 1929 jusqu'à nos jours. On peut y retrouver ou découvrir des œuvres plus ou moins majeures réalisées par des artistes incontournables tels Dali, Magritte, Lichtenstein, Cézanne, Disney, Hopper, Duchamps, Picasso, Arbus, Bauman,  Sherman, Warhol, Richter, De Chirico, Klimt, Mondrian, Picabia, Pollock, Signac... et des artistes contemporains tels Janet Cardiff. Cette dernière clôture de belle manière le parcours de l'exposition avec son oeuvre The Forty-parts motet. 40 haut-parleurs installés en cercle dans la dernière salle jouent une composition du XVIe siècle de Thomas Tallis dans une interprétation d'une grande pureté. Chaque haut-parleur porte la voix de l'un des chanteurs, qui formaient le chœur enregistré, autorisant le visiteur à les découvrir au plus près une par une.

A voir jusqu'au 5 mars 2018.

Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
Exposition Etre moderne : le MoMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton
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