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Il y a des comédiens qui vous explosent au coeur d'un coup, comme une apparition, une révélation. Dans La Prière de Cédric Kahn, Anthony Bajon a fait cet effet là à beaucoup de monde. A la biennale de Berlin d'abord où il a reçu le prix du meilleur comédien et aux César ensuite où il fut nommé comme espoir sans être récompensé.

En se penchant sur sa très courte filmographie, on s'est rendu compte qu'on avait déjà croisé ce visage poupin, dans une apparition, pourtant marquante, dans un film non moins marquant. Pour son premier rôle, dans Les Ogres de Léa Fehner, Anthony, déjà très juste, se faisait gentiment piéger par Adèle Haenel et Marc Barbe.

Depuis, toutes ses interprétations plus ou moins importantes, dans des films plus ou moins réussis, ont saisis. Dans le raté Maryline de Galienne, le surprenant Tu mérites un amour de Hafsia Herzi, le populaire Au nom de la terre de Bergeron, son physique de gamin aux joues rondes, au regard tendre, à la carrure de travailleur et à la présence imparable ont marqué chaque fois avec autant de force.

Son talent sans arrogance, son charme naturel et la vérité de ses interprétations font de lui un très beau comédien singulier et extrêmement sympathique. Un futur très grand qui l'est déjà un peu, beaucoup.

 

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Pierre, à 25 ans, a racheté la ferme familiale. Les années passant les exigences et les méthodes de travail de l'agriculture se durcissent.

Edouard Bergeron raconte ici l'histoire de son père qui s'est battu avec la rage du désespoir pour sauver son domaine. Ce récit, démonstration de l'extrême dureté du métier, est aussi un hommage à tous les agriculteurs, à leurs conjoints et à leurs enfants. Bergeron dessine notamment un très beau portrait de sa mère, interprétée par Veerle Baetens, impressionnante. Anthony Bajon, magnifique jeune comédien, est parfait dans le rôle du fils, entre fraicheur de son âge et maturité accélérée par son environnement.

Si le film pêche un peu dans son rythme et sa créativité formelle, il touche par l'intensité émotionnelle de ce qu'il décrit.

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Dans les années 80, les auditions d'entrée dans la prestigieuse (et gratuite) High School of Performing Arts de New York battent leur plein. Bruno est reçu en section musique, Leroy, Coco, Lisa et Hilary en section danse et Montgomery, Ralph et Doris en section comédie pour 4 années d'enseignement exigeant.

Le film devenu culte a été transposé en série et en Comédie Musicale. Pour beaucoup Fame se résume au tube d'Irène Cara et à des chorégraphies de Modern Jazz endiablées (et un peu kitch). Mais Fame est aussi (surtout ?) un film sur la dureté de la société et sur les traumas de la jeunesse New-Yorkaise des années 80. Analphabétisme, pauvreté, homophobie, violence, abus... la pression, la violence et le drame affleurent sans cesse.

Le film s'avère un peu daté, tant sur le fond que sur la forme, mais demeure le témoignage d'une certaine esthétique des années 80.

Année de sortie en salle : 1980

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La salle du théâtre Antoine est pleine. Un homme entre par l'orchestre en courant et monte sur scène. Il jouait dans le théâtre d'à côté et il s'est enfuie poussé par une angoisse soudaine.

Dans cette mise en abyme, Edouard Baer interroge le métier de comédien et la création, ce qu'ils provoquent, ce qu'ils portent. Tout à la fois,  le génie, le ridicule, les excès et la schizophrénie de l'acteur, la grandeur, l'ineptie, la magie, l'incongruité des récits, la beauté ou la pauvreté de la langue, la fascination et le jugement du spectateur.

Alternant rire et émotion, s'appuyant sur le charme indéniable de sa folie douce, Edouard Baer se lance dans une divagation où il rend hommage à ses monstres sacrés, surtout des hommes, en extraits sonores et longues citations. Pierre Brasseur, Jean Rochefort, Jean-Louis Trintignant, Romain Gary, Albert Camus, Thomas Bernhardt, Charles Bukowski, André Malraux, Georges Brassens, Delphine Seyrig, trop vite, Jacqueline Maillan et le théâtre de boulevard...

On imagine que chaque soir offre ses surprises et que ce spectacle permet à ce comédien de génie de laisser carte blanche à son goût pour l'improvisation.

A voir au théâtre Antoine jusqu'au 15 février.

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L'histoire de Léonie Bathiat, alias Arletty, contée en musique et en bons mots par elle-même.

Le rythme soutenu du récit et la qualité du jeu d'Élodie Menant captivent. L'ensemble alterne drôlerie et émotions car si la comédienne était tout en énergie et en verve, sa vie n'a pas été des plus gaies. La mise en scène, fait de peu, enchaîne ainsi les moments graves et burlesques. Cette succession à la fois fluide et brutale amplifie l'émotion que transmet le récit du destin de cette femme assoiffée de vie.

Les quatre comédiens qui interprètent une trentaine de rôles sont parfaits.

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