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Écrite par Serge Tribus, la pièce conte l'histoire de la pianiste virtuose, de son incroyable talent, de ses doutes, des malheurs endurés et des sacrifices consentis de l'âge de 3 ans jusqu'à sa mort.

Dans une scénographie minimale, seuls deux pianos et un jeu de lumière austère habillent la scène, Laetitia Casta interpréte tous les personnages qui ont compté dans la vie de la pianiste. Elle est accompagnée par Isil Bengi qui donne vie aux pianos et à la musique.

Il est peu de dire que Laetitia Casta impressionne dans cette partition complexe, jouant sur les tonalités de sa voix, passant en un instant de la fillette à l'adulte, femme ou homme, affectueux, enthousiaste ou autoritaire, exprimant la joie simple de jouer puis les doutes et le manque de confiance de l'artiste pour son talent. Elle est remarquable.

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Quand le monde s'effondre que dire, que faire ? Se rassembler pour se sentir plus fort, se souvenir de ce qu'il a été, convoquer les belles figures pour lui redonner son lustre, réinventer des rituels, boire pour oublier.

L'effondrement du monde c'est surtout celui de l' Humanité. Une humanité en perdition, dépravée et dictatoriale où le libéralisme broie, où tout doit aller vite, où plus rien n'a de sens et contre laquelle les Raoul, à l'aide de revendications,  poésies, musiques et de longs silences suspendus, luttent. Cette cérémonie du désespoir convoque un ptérodactyle qui surplombe la scène et qu'il suffirait de chevaucher pour retrouver sa liberté, les tribus primitives reines réduites à l'esclavage ou exterminées, la première révolutionnaire en la personne d'Antigone, le bel utopiste Don Quichote, Athéna, la déesse de la sagesse, Homère, Sophocle, Shakespeare...

Les 9 comédiens, 7 Franci et 2 Francine, à l'énergie communicative, offrent un spectacle fort, drôle, frapaddingue, percutant, militant et poétique.

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Brahim, humoriste au succès grandissant, doit se séparer de Mourad, son grand frère, avec qui il travaille depuis ses débuts mais qui n'a plus le niveau et le professionnalisme nécessaire.

Teddy Lussi-Modeste, qui a co-écrit avec Rebecca Zlotowski le scénario, décrit les effets de l'intrusion du succès et de l'argent dans une famille modeste. La réussite agissant comme une bombe pulvérisant le cercle amical et la famille, provoquant jalousie, pétage de plomb et poussant parfois au sacrifice de ceux qu'on aime. Évidemment, on pense immédiatement à Jamel Debbouze et le documentaire Jamel en vrai.Mais aussi à Paul Bogb4a.

Le récit se déploie à un rythme soutenu sans temps mort. Tahar Rahim est parfait et excellemment entouré par Roschdy Zem, Maïwenn et Grégoire Colin.

Date de sortie en salle : 30 août 2017

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En mai 2020, au lendemain du premier confinement, le docteur Dayan s'est installé en banlieue parisienne où il reçoit ses patients, un petit garçon, une toute jeune femme, une avocate et un chef d'entreprise.

Déstabilisé par les conséquences du décès d'un de ses patients, le docteur Dayan est au centre du récit de cette nouvelle saison. Il a une nouvelle superviseuse, Claire (Charlotte Gainsbourg parfaite), qui l'aide à faire face à ses tourments. Comme dans la saison 1, on suit les séances de quatre patients. Une avocate, quarantenaire, ex patiente de Dayan (interprétée par Eye Haidara, très bien), Robin, le petit garçon du couple dysfonctionnel de la saison 1 (Aliocha Delmotte, très juste), Lydia, une jeune femme qui fait face à la maladie (Suzanne Lindon qui confirme la très bonne impression laissée par 16 printemps), Alain, un chef d'entreprise en proie à des crises d'angoisse (Jacques Weber, un peu plus sobre qu'à l'habitude).

Dans le rôle du docteur Dayan, on retrouve, comme on retrouve un bon ami, Frédéric Pierrot, dont la voix posée et grave, le regard doux et les questions délicates brisent les digues de ses patients.

A voir sur arte.tv

Lire le post sur la saison 1

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Ce soir, il n'a pas trouvé de chambre d'hôtel. Sous la pluie, il a rencontré un camarade, réel ou inventé, à qui raconter sa solitude, ses rencontres, ses combats.

Roger Davau met en scène la pièce de Bernard-Marie Koltes, écrite en 1977. Dense, le texte est sans ponctuation, d'une seule phrase où le héros dit sa haine d'un système qui broie et expulse, dénonce la trahison des femmes, se méfie du désir qui affaiblie l'homme fort, confie l'importance de rester digne, se félicite d'avoir su se libérer de tout, s'interroge sur le prix de cette liberté, presse ce camarade aux allures d'enfant de ne pas le laisser, seul, sous cette pluie qui ne finit pas. Ce monologue bouscule par sa noirceur, enchaînant récit limpide et propos confus, il nous interroge sans cesse. Sur la petite scène de la salle Belleville, dans un décor minimal, Christophe Hatey s'en empare avec vigueur et sensibilité, laissant éclater la vérité de cet être abîmé.

A voir au théâtre de La Croisée des chemins, le jeudi à 21h et le dimanche à 19h jusqu'au 8 mai.

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