Luc, chanteur lyrique reconnu, rongé par la culpabilité, donne des cours de chants dans une prison de femmes. Autant pour donner un peu de liberté à ces femmes que pour se reconstruire lui-même.
Le film intrigue d'emblée par son pre-générique, séduit d'abord par son casting constitué entre autres d'Alex Lutz, Hafsia Herzi et Agnès Jaoui, puis par sa tonalité particulière servie par une réalisation à l'os, un format carré comme un carcan et de nombreuses ruptures de rythme.
En 4 épisodes - un inceste de palier 2000/2001, un réseau pédophile 2001, le meurtre de la petite fille belge 2002/2003, le procès 2004/2005 - représentant les étapes d'emballement de l'affaire, les réalisateurs content un des plus effarants ratages judiciaires.
Quatre des accusés à tort, Thierry Dausque, Daniel Legrand, Dominique Wiel et Alain Marécaux, témoignent du calvaire qu'ils ont vécu, dont la prison pendant plus de 3 ans pour certains, la perte de proches, des projets de vies qui s'écroulent... Deux enfants témoignent également, François-Xavier, fils d'Alain Marécaux, qui à la suite d'une audition mal interprétée a vu son père écroué et sa famille explosée, et Jonathan Delay, victime de viol par ses parents, qui apporte un témoignage ambiguë mais qui rappelle qu'avec ce ratage, les vraies victimes, ont presqu' été oubliées. Les témoignages des avocats sont aussi très forts.
Ce documentaire, dans une mise en scène où la fiction et le réel cohabitent, comme un miroir à ce que fut cette incroyable affaire judiciaire parasitée par une forme de fantasmagorie, mêle astucieusement reconstitutions et témoignages. Il decrypte les rouages de la manipulation qu'une accusée mit en place, au jour le jour, sans réelle stratégie et qui emporta dans sa mythomanie le jeune juge d'instruction qui ne voulut pas passer à côté d'une affaire historique, ses complices placés sous emprise, ses victimes, la justice incapable d'accepter l'énormité de l'erreur, les médias qui s'emballerent...
Hamm, vieillard, aveugle coincé dans un fauteuil roulant et Clov, son serviteur et fils adoptif, semblent être les derniers hommes sur une planète où toute vie a disparu. Hamm convoque ses parents pour les punir de l´avoir placé là, en appel à un Dieu qui n´existe pas, pleure les rêves qu´il ne fait plus, se conte l´histoire d´une rencontre avec un enfant qu´il a vu grandir, martyrise Clov le seul qui lui donne encore l´impression d´exister.
Beckett interroge le sens de la vie et plus largement l´utilité de l´Humanité toute entière. Une vie terrestre qui est sans recours où l´absurde domine où la seule beauté vient de la nature, du soleil et de la mer. Son pamphlet fait place à un humour féroce particulierement bien servi ici par le génialissime Denis Lavant. Il donne à Clov une démarche accidentée par des jambes raidies par la douleur et précipitée dans le soucis de répondre aux demandes de Hamm. Ses silences sont imposants. Face à lui, dans un fauteuil roulant au centre de la scène, Frédéric Leidgens est magistral. Son phrasé précis fait merveilleusement bien entendre le texte de Beckett. Peter Bonke et Claudine Delvaux incarnent les parents de Hamm.
La mise en scène de Jacques Osinski et le décor qui se révèle derrière l´impressionnant rideau de fer du théâtre affirment l´enfermement et l´isolement des deux personnages. Une étrange odeur de moisie, la couleur grise des murs, les fenêtres hautes quasi-inaccessibles, les containers rouillés et la lumière blafarde et aveuglante du plafonnier oppressent un peu plus.
A voir jusqu´au 5 mars 2023 du mardi au dimanche à 19h.
Inspirée du vrai Lycée Toulouse-Lautrec de Vaucresson dans les Hauts de Seine, cette nouvelle série de TF1 met en scène les élèves d'un lycée équipé pour donner les moyens aux adolescents handicapés d'étudier dans de bonnes conditions, accompagnement médical compris. A leur côté des élèves valides les aident au quotidien.
Cette série d'ado met en scène des héros handicapés ayant les préoccupations de tous les adolescents avec une gravité supplémentaire qu'impliquent leurs handicaps et leur santé. Leurs aventures ont la fraîcheur de la jeunesse, peines d'amour et vannes comprises, et la dureté engendrée par leur situation.
Les comédiens sont excellents, avec en chef d'équipe Ness Merad, une révélation. On retrouve aussi avec plaisir Max Baissette de Malclaive, Valérie Karsenti et Stéphane de Groodt.
La télévision n'est jamais plus pertinente que lorsqu'elle mêle distraction, didactisme et militantisme.
L'artiste japonaise de 93 ans, Yayoi Kusama renouvelle sa collaboration avec la marque Louis Vuitton. "Creating Infinity" est le nom donné à la collection de maroquinerie revisitée par l'artiste aux citrouilles et petits pois. Et pour donner à cet événement la visibilité que le statut de l'artiste mérite (et que le marketing de la marque souhaite), la façade de la Maison Vuitton sur les Champs-Elysées a été totalement customisée. Un clone de l'artiste y peint des petits pois de toutes les couleurs.
La façade de la boutique de l'avenue Montaigne est, elle, décorée de sphères argentées.
En 2012, l'artiste s'était contentée d'investir les vitrines de la boutique.