Le Grand Palais Éphémère accueille dans l'ensemble de son espace de 10 000m2 les oeuvres d'Anselm Kiefer inspirées par les poèmes de Paul Celan, auteur de langue allemande rescapé des camps. Les deux artistes ont notamment pour point commun la langue allemande, des attaches françaises, une forme de désespoir et le soucis de faire oeuvre de mémoire.
19 magnifiques toiles immenses, de plusieurs mètres de haut et 4 installations composent cet hommage au poète. Ces compositions, où la matière domine, accueillent des extraits de poèmes de Celan écris à la craie sur la toile. Les noirs, gris, marrons, blancs, faits de peintures, de métaux et d'objets menaçants, mimant l'aluminium, la rouille, la neige, une pluie de cendres, dominent ces paysages de désolation. Mais un éclat de couleur, des champignons, des fougères, des pavots laissent entrevoir le retour à la vie.
Les toiles sont disposées de façon à ce que, où que soit le visiteur, il puisse voir plusieurs oeuvres. L'artiste n'a pas souhaité imposer un parcours de visite laissant aux visiteurs une totale liberté dans la découverte de l'exposition.
Au début des années 60, alors qu'ils vivent à Paris, Christo et Jeanne-Claude imaginent d'emballer l'Arc de Triomphe. Les années passent. Christo et Jeanne-Claude, installés à New-York, se lancent dans des installations spectaculaires, dans le monde entier, déployant des centaines de mètres de tissus et de toiles dénonçant les murs et les frontières qui séparent, batissant des ponts pour réunir. En 1985, ils se font connaître du grand public en emballant le Pont Neuf et, 10 ans plus tard, le Reichstag.
En 2017, alors que Jeanne-Claude n'est plus là, le Centre Pompidou souhaite organiser une rétrospective de leur travail proposant à Christo pour l'occasion d'emballer le musée. Refus de l'artiste qui y voit plutôt l'occasion de réaliser leur vieux rêve. Programmée au printemps 2020, l'exposition est repoussée en raison de la crise sanitaire. Christo, décédé le 31 mai 2020, aura eu le temps de concevoir l'ensemble du projet. Il saura que le rêve partagé avec Jeanne-Claude se réalisera tel qu'il le souhaitait mais il ne le verra pas.
Ce beau rêve a été inauguré ce 18 septembre. Entièrement autoproduit (par la vente d'oeuvres de l'artiste), l'empaquetage de l'Arc de Triomphe aura nécessité 3 000 mètres de cordes et 25 000 m2 de tissus.
Le résultat intriguant est d'une grande beauté. La nature du tissu, sa couleur argent-bleuté créent des reflets changeant au grès de la luminosité du ciel parisien. Paradoxalement, cet empaquetage semble redonner vie à un monument vieillissant qui, hormis l'Histoire qu'il abrite, tend à disparaître dans le décor parisien.
A voir jusqu'au 3 octobre.
Pour découvrir ou redécouvrir le travail de Christo et Jeanne-Claude, voir sur Arte les excellents documentaires "Christo et Jeanne-Claude, l'art de cacher, l'art de dévoiler" et "Christo, walking on water" tourné en 2016 au lac d'Iseo en Italie.
Après trois ans de travaux et de rénovation et une année de confinement, la Bourse de commerce Pinault Collection a ouvert ses portes le 22 mai. L´homme d´affaires et collectionneur François Pinault a missionné l´architecte Tadao Ando pour qu'il revisite ce lieu historique afin que passé et futur se mêlent harmonieusement. Pièce maîtresse de cette adaptation, un cylindre de béton de 30 mètres de diamètre et 9 mètres de hauteur épouse la forme circulaire de l'édifice, délimitant l"espace et créant un chemin de circulation.
Le résultat est époustouflant de beauté et d'efficacité pratique. Le reste du monument a été restauré, en particulier l'immence fresque qui habille la rotonde, ainsi que la superbe coupole de métal composée de 2000 pièces de verre.
Un écrin somptueux pour accueillir l'énorme collection d'art contemporain de François Pinault qui possède environ 10 000 oeuvres et qui dispose déjà du Palazzo Grassi et Punta della Dogana à Venise pour exposer.
Pour l'inauguration de la Bourse de commerce, François Pinault s'est attribué le rôle de commissaire d'exposition choisissant lui-même les artistes et les oeuvres dans le soucis de témoigner d'une ouverture au monde, à la diversité, au respect des différences.
Une trentaine d'artistes sont exposés dont Urs Fischer qui accueille les visiteurs dans la rotonde avec son hypnotisante oeuvre de cire, réplique de l'enlèvement des Sabines, qui a débuté sa combustion le jour de l'inauguration. Bertrand Lavier investit les 24 vitrines de la rotonde avec ses détournements d'objets du quotidien.
David Hammons, qui traite de la situation des afro-américains, se voit offrir sa plus grande exposition en Europe dans la galerie 2. La galerie 3, dédiée à la photographie, présente, entre autres, une série de Cindy Sherman et les 94 photographies de Louise Lawer dénonçant l'amendement Helms du 14 octobre 1987 interdisant l'utilisation des fonds fédéraux dans la prévention contre le Sida.
La galerie 4 expose trois imposantes œuvres de Rudolf Stingel d'huile sur toile semblant être des photographies. Les galeries 5, 6 et 7 sont dédiées à la peinture et à la sculpture avec des artistes aussi divers que Kerry James Mashall, Claire Tabouret, Lynette Yiadom-Boakye, Peter Doig, Kerry James, Luc Tuymans, Antonio Oba, Thomas Schutte, Martin Kippenberger...
A l'entrée, on trouve "Ici plage, comme ici bas" de Martial Raysse et sur les balcons de la rotonde 52 pigeons de Maurizio Cattelan.
La majesté du lieu, oeuvre d'art a lui seul et le nombre d'oeuvres exposées nécessitent 2 bonnes heures de visite. Enjoy !
350 photos, 5 vidéos issues de la collection privée de Sarah Moon sont présentées dans l'exposition "Passé Présent". La photographe a travaillé étroitement avec l'équipe du MAM sur la scénographie de cette exposition consacrée à l'ensemble de son travail : des publicités pour Cacharel à ses courts-métrages inspirés des contes d'Andersen, des photos de mode à ses photographies d'art pur. Dans ces dernières, se retrouvent des figures récurrentes, les oiseaux, les monstres, les usines, le cirque, l'enfance, les ombres, l'illusion...
Une très belle exposition qui révèle la grande richesse du travail de celle qui, dans les années 80, nous faisait rêver avec la beauté et l'élégance de ses publicités pour Loulou.
Une visite au musée d'Art Moderne de Paris, pour l'exposition de Sarah Moon par exemple, est l'occasion de voir ou revoir La Fée électricité de Raoul Dufy.
Pour l’Exposition internationale de 1937 à Paris, Raoul Dufy a réalisé, dans le hall du Palais de la Lumière et de l’Électricité une œuvre de 600 m². Entre mythologie et avancées technologiques modernes, Dufy présente la création de l’électricité. Il place les portraits de 110 savants et des dieux de l'Olympe dans un paysage multicolore de nature, de voiliers, d’oiseaux… La forme courbe de la salle et son éclairage donnent à cette fresque immense une dimension artistique exceptionnelle qui saisit toujours.