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Patrick Timsit prétend faire ses adieux au one man show sur la scène du théâtre du Rond Point. Et pour justifier sa décision, réelle ou prétexte (il croise ostensiblement les doigts dans le dos lorsqu'il quitte la scène), il expose les 10 raisons qui le poussent à arrêter. 

Ce spectacle a quelque chose d'étrange, complexe dans sa réception et compliqué à commenter. Comme il le fait depuis 35 ans, Timsit, dans le rôle du salaud, traite de ses sujets de prédilection que sont les maux, petits et abyssaux, de notre humanité : racisme, xénophobie, shoah, homophobie, misogynie, égoïsme des riches, exploitation des pauvres et des enfants, vieillesse, mesquineries de notre société...

Mais sa façon de jouer le sale type est plus frontale qu'à l'accoutumée. Il joue moins, voir pas du tout, de sa bonhommie habituelle qui ne laissait aucun doute sur le niveau de lecture de ses saillies et autorisait le rire ; l'ignominie de son propos étant contrebalancée par le personnage.

Ici rien d'arrondie. Tout est brut. Les dénonciations passent toujours mais le rire hésite. Comme pour contrebalancer cette gravité, sont parsemées des blagues assez grossières dont une curieuse obsession pour "la bite" et "le trou du cul" (sa position dans le corps, sa dimension, son utilisation). Timsit s'amuse également à taquiner ou tacler plus méchamment certains de ses collègues humoristes ou pseudo humoristes, ainsi que Mimie Maty et Cyril Hanouna. Le tout donne un ensemble assez bancal.

On espère que ce spectacle, en demi teinte, ne sera pas le dernier. Ça ne serait pas rendre un juste hommage à son talent.

Lire la critique de son précédent one man show : on-ne-peut-pas-rire-de-tout

 

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En 1960, à Angoulême, Anne étudiante prometteuse en littérature tombe enceinte. Alors que l'avortement est puni par la loi, Anne va chercher seule une solution.

Audrey Diwan adapte le récit autobiographique d'Annie Ernaux. La réalisatrice pose sa caméra au plus près de son héroïne pour plonger le spectateur au coeur de ses angoisses et de son combat. Le décompte des semaines et l'accompagnement sonore soulignent la tension et la grande solitude de la jeune femme face à une société qui lui confisque le droit de disposer de son corps et de mener sa vie comme elle l'entend. La remarquable interprétation d'Anamaria Bartolomei achève d'engager totalement le spectateur dans le combat d'Anne, qui demeure malheureusement d'actualité pour de nombreuses femmes dans le monde.

 

 

 

 

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La Cravate raconte l'histoire de Bastien, 20 ans, militant FN.

Les réalisateurs ont suivi Bastien pendant la campagne des élections présidentielles de 2017. Ils mixent ces scènes de militantisme avec celles de Bastien découvrant le texte de la voix off qui accompagne les images du documentaire.

Les réalisateurs déroulent ainsi le portrait de ce jeune militant en prenant soin de montrer que celui-ci leur a donné son aval, en l'amenant à s'interroger sur ses choix politiques et ses actions, en lui faisant avouer un passé qu'il préfèrerait taire.

Ce procédé, certes original, installe un sentiment de malaise. On s'interroge sur la situation dans laquelle les réalisateurs placent ce jeune homme qui, même si l'on se situe à l'opposé de sa vision de la France idéale, nous semble piégé et traité sur une tonalité assez méprisante. On pense à Balzac et ses Illusions Perdues. Sauf qu'ici il ne s'agit pas d'un personnage de roman.

A voir sur francetv

 

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Macha Makeïeff transpose le Tartuffe de Molière dans les années 60 orientant sa proposition vers le "Théorème" de Pasolini. Son Tartuffe très sexué, plus violeur que séducteur, plus gourou que simple manipulateur, aux allures sataniques, embrasse en effet toute la famille à pleine bouche pour mieux piquer dans la caisse.

Si, dans un premier temps, l'excellent souvenir de Trissotin et les femmes savantesprécédemment mis en scène par Macha Makeïeff, et la scène ouverte sur un décor sixties nous placent sous les meilleurs hospices, on déchante vite. L'excès en tout se révèle rapidement. Un trop plein visuel, auditif et sensitif, auquel s'ajoute le jeu de certains comédiens à l'allocution hachée, rendent la belle langue de Molière inaudible dans sa forme et sur le fond.

Une Mme Pernelle en Castafiore, un Cleante en dandy, un Valere et une Marianne d'une fadeur inégalée, une Dorine transformée en amie de la famille et une Flipote dédiée au burlesque, achèvent de nous perdre. Même l'excellent Vincent Winterhalter, ne parvient pas à nous ramener à Molière.

La créativité, la fantaisie et le talent de Macha Makeieff dans cette sur-expression semblent combattre l'oeuvre de Molière au lieu de la servir. Dommage.

 

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Nona, soixante-dix ans, responsable du planning familial, mère de triplées quadragénaires, est enceinte. 

La réalisatrice et comédienne Valérie Donzelli propose pour la première fois une série diffusée sur Arte. Elle nous plonge dans son univers fantasque et poétique, matiné de fantastique dans un format de 9 épisodes de 30 minutes.

Cette fantaisie sur le féminisme, la sororité, la famille, la solidarité et le mystère de la vie alterne les moments burlesques, dramatiques, romantiques et de pure militantantisme. Le tout sur la tonalité  Donzeliniennne qui en agace certain mais qui fait tout son charme pour les autres. 

La réalisation enlevée et précise, la photographie lumineuse, vitalité des rouges et poésie nostalgique des couleurs délavées, l'influence de Truffaut dans le montage, l'usage de la voix off et de la musique, font de cette série un petit bijou aux imperfections négligeables.

L'ensemble est servi par des comédiens très inspirés. Miou Miou, Clotilde Hesme, Virginie Ledoyen, Michel Vuillermos, Barnaby Metschurat, Christopher Thomson, Antoine Reinartz et cinq enfants parfaitement dirigés, semblent s'être plongés avec bonheur dans l'univers de la réalisatrice-comédienne.

A voir sur Arte tous les jeudis à 20h50 ou sur arte.tv

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