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documentaire

​​​​​​Ossama Mohammed, cinéaste syrien, est invité à Cannes en mai 2011 où il commente une vidéo montrant un adolescent torturé par l'armée syrienne pour avoir taggué sur un mur un message anti-régime. Après le festival Ossama ne retourne pas en Syrie et trouve refuge à Paris. Chaque jour, il collecte sur internet les vidéos postées de son pays par le peuple opprimé et par les militaires oppresseurs. Manifestations pacifistes anti-régime, syriens torturés, tanks et soldats tirant sur des foules sans arme, corps ensanglantés, morts, parents qui pleurent leurs disparus, peuple qui chante la liberté et qui implore Allah, le film montre tout dans des images saccadées, volées aux smartphones. En décembre 2011, Simav, jeune femme kurde de Homs, contacte Ossama et lui demande "Si tu avais ta camera à Homs, que filmerais-tu ?". A son tour avec sa caméra, elle montre le siège de Holms, les bombes qui tombent sur la ville, les blessés, les morts, la peur tout le temps, les femmes et les hommes qu'on bat, les corps de ses morts que l'on tente de récupérer sans se faire à son tour canarder, les animaux eux aussi affamés et estropiés, les maisons détruites, l'exode sur les routes, les enfants qui veulent continuer à aller à l'école et à cueillir des fleurs.

Eau argentée n'est pas une fiction. Il s'agit d'un documentaire fait des vidéos qu'Ossama a trouvé sur Internet et des films réalisés par Simav à Homs jusqu'en 2014. En voix off, leurs échanges sur internet où ils tentent de comprendre, de se rassurer, d'expliquer et les mots du peuple syrien. Aux premières semaines du soulèvement, sur une vidéo au smartphone, un manifestant dit "N'aie pas peur. Dieu voit tout.". Aux dernières minutes du film, dans les rues de Homs dévastée et abandonnée, alors que la camera de Simav le suit, Omar, 5 ans à peine, dit "C'est comme si c'était la nuit mais il y a de la lumière".

En 5 ans, de répression par Bachar el Assad, 400 000 syriens, hommes, femmes, enfants, ont été tués et des millions se sont exilés. La guerre continue.

Date de sortie en salle : 17 décembre 2014

Date de sortie en DVD : 2 juin 2015

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Le nouveau film de Yann Arthus Bertrand est une oeuvre étrange dont on ne comprend pas très bien ce qu' elle est censée nous dire.

Le film alterne images magnifiques du monde et récits de personnes de différentes origines. Comme si YAB avait mixé les images de son film "Home" et les témoignages de "6 milliards d'autres". Mais alors que "6 milliards..." était organisé autour d'une structure qui lui donnait tout son sens, "Human" nous sert en vrac des images, d'on ne sait où, prises d'hélicoptère et des témoins non identifiés, dans un sorte de zapping géant. Face à cet anonymat généralisé et à ces paysages de cartes postales, difficile de ressentir un intérêt et une empathie sincère, c'est à dire autre qu'une émotion réflexe créé par les musiques ou les larmes versées par les témoins.

Dans "Human", tout est désincarné, ce qui, compte tenu du sujet que sous-tend le titre, est un peu incongru. Dommage.

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Asif Kapadia retrace la vie d'Amy Winehouse, chanteuse-auteur-compositrice de génie, morte à 27 ans.

Le souci de ces documentaires post mortem c'est qu'ils ont tendance à lorgner du côté des poubelles. Asif Kapadia n'y résiste pas et s'éternise sur les vidéos, photos et témoignages de la déchéance d'Amy. Le film donne l'impression, et ce en dépit des réjouissantes séquences de casting, studio et concerts, de passer plus de temps sur les souffrances de la jeune femme que sur son travail. L'artiste d'exception qu'était Amy Winehouse méritait un autre traitement : un documentaire au plus près de la musique et non des faits divers. Si la première partie du film enthousiasme c'est que les séquences laissent voir l'impertinence, l'humour, l'intelligence d'Amy Winehouse et son talent se découvrir. On ne sait pas très bien si l'émotion qui nous saisit dans la seconde partie naît de voir cette artiste souffrir ou de la voir, une fois encore, salie en public.

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En 1956, 10 ans après la seconde guerre mondiale, Alain Resnais se rend dans les camps de concentration. Pour relater l'horreur qui s'y déroulait, pour rendre hommage aux déportés, pour essayer de comprendre, il mêle ses images en couleurs des camps abandonnés à de nombreuses images d'archives dans leur violence extrême prises par les SS ou par les alliés à la libération des camps.

En voix off, sur un ton crépusculaire, Michel Bouquet explique les convois, la sélection, l'organisation du camp, le calvaire des déportés, la perversité des punitions, les expérimentations, le recyclage des corps et semble nous dire que la bête immonde n'est sans doute malheureusement pas morte.

D'une durée de 30 minutes, Nuit et Brouillard est le premier témoignage artistique et frontal de ce que fut l'horreur de l'Holocauste.

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S'il ne fallait voir qu'un seul documentaire sur l'holocauste ce serait Shoah. Ce film d'une durée de 9h30 relate l'extermination des juifs par les nazis dans toute l'Europe.

De 1973 à 1985, date de sortie du film, soit 12 ans de tournage et montage de centaines d'heures de rushs, Lanzmann a arpenté le monde, pour retrouver les témoins et acteurs de l'horreur absolu. Pour la plupart, ils témoignaient pour la première fois.

Un travail d'historien, fait par un journaliste, à l'aide de documents d'archives, de retour sur les lieux de l'horreur et surtout des témoignages de bourreaux et de rescapés. Dont celui inoubliable d' Abraham Bomba, coiffeur, qui devra couper les cheveux de femmes et d'enfants avant qu'ils soient menés à la mort dans les chambres à gaz.

Un document unique d'une puissance rare.

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