
Claude Lanzmann, l'historien-documentariste est décédé aujourd'hui.
Il a réalisé l'un des plus impressionnants, des plus forts témoignages sur l'holocauste.
9h30 contant l'extermination des juifs par les nazis dans toute l'Europe, pour ne jamais oublier.
Un travail d'historien précis à l'aide de documents d'archives, de retour sur les lieux de l'horreur et de témoignages de bourreaux et de rescapés.
Dont celui inoubliable de Abraham Bomba, coiffeur, qui devra couper les cheveux de femmes et d'enfants avant qu'ils soient menés à la mort dans les chambres à gaz.
Avec Shoah, Claude Lanzmann sera pour toujours, celui qui a su dire l'indicible en donnant la parole et en respectant les silences.
Arte rediffuse Shoah samedi prochain et le laissera visionnable pendant 60 jours en replay.

Thierry Fremaux a sélectionné 108 films parmi les 1422 tournés par les frères Lumière et leurs opérateurs entre 1895 et 1905. Chaque film est d'une durée de 50 secondes projeté dans un format presque carré aux coins arrondis. Classés par chapitre (les hommes au travail, comédie, l'enfance, Paris, Lyon, le monde....), ils sont commentés non sans humour par Thierry Fremaux et accompagnés par la musique de Camille Saint Saens.
Eight days a week se concentre sur les "années tournées" des Beatles. Entre 1962 et 1966, ils ont donné 166 concert dans une quinzaine de pays à travers le monde. Ron Howard s'attache à montrer la naissance du groupe, la cohésion de ses membres, leur complémentarité dans le travail de création, la folie qui gagna la jeunessse mondiale et l'impact sociétal porté par les Beatles. La richesse des documents - concerts, interviews, enregistrements en studio, vie en tournée - est impressionnante. Elle nous amène au plus près de Paul Mc Cartney, John Lennon, Ringo Star et Georges Harrison et de leur enfermement dans la folie qu'involontairement ils provoquent. La fluidité de la narration laisse parfaitement percevoir l'évolution du groupe ainsi dépassé par son succès, la frénésie des tournées qui s'enchainent sans cesse et la lassitude qui gagne doucement. Décoiffant.
Bertrand Tavernier nous emmène dans une balade de trois heures à travers les films qui lui ont donné le goût du cinéma. Par le biais de portraits, ceux de réalisateurs Jacques Becker, René Clair, Jean Renoir, François Truffaut, Claude Sautet..., de compositeurs, Joseph Kosma et Maurice Jaubert, de comédiens, Jean Gabin (beaucoup), Erich Von Stroheim (un peu) et Eddy Constantine, le réalisateur nous explique pourquoi ces artistes avaient plus de talent que la moyenne. Il commente des scènes issues de chefs d'œuvre du cinéma français qui nous rappellent s'il en était besoin qu'à l'époque on avait le sens du dialogue et du travelling. Cette sorte de leçon de cinéma est passionnante et d'autant plus captivante que Tavernier est un merveilleux conteur parsemant son propos d'anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. On prend beaucoup de plaisir dans ce voyage et si la frustration vient c'est uniquement de ne pas y retrouver d'autres artistes qu'on aimerait voir commentés par le passionné Bertrand Tavernier. Pour consolation, le réalisateur nous promet pour bientôt une série d'émissions à la télévision sur d'autres personnalités du cinéma français.