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Delphine de Vigan a confié à Elsa Lepoivre le soin d'adapter pour la scène son livre Rien ne s'oppose à la nuit. 

Ce livre raconte la quête de vérité de Delphine de Vigan sur Lucile, sa mère, bipolaire, qui a mis fin à ses jours. Elsa Lepoivre condense, en 1 heure, les 400 pages du roman, fidèle aux questionnements de l'autrice et aux émotions que son enquête soulève. Stradivarius de l'interprétation, Elsa Lepoivre est cette fois encore impressionnante de délicatesse dans ses rires et dans ses larmes retenues. 

Ce singulis est mis en scène par Fabien Gorgeart a qui ont doit le remarquable Stallone avec Clotilde Hesme. Le décor se réduit à une table et six chaises vides représentant les différents protagonistes du livre. La mise en scène se joue sur la lumière, extrêmement soignée qui rythme le récit et agit comme en écho à la citation de Soulages qui ouvre le roman et la pièce "Les différences de textures réfléchissaient plus ou moins la lumière et du sombre émané une clarté, une lumière picturale dont le pouvoir émotionnel particulier animait mon désir de peindre. Mon instrument n'était plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir."

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Au démarrage, ce qui surprend c'est de voir que Waly Dia a les mêmes agacements que le parisien râleur de base : Hidalgo, Paris, ses travaux, sa pollution, sa saleté... Cela dure 45 secondes. Très vite, l'humoriste retrouve sa plume aiguisée pour aborder les absurdités et les haines qui gangrenent nos sociétés.

Évidemment les sujets et les cibles sont sans réelle surprise : la police (" Moi, je suis comme l'IGPN, je ne suis pas là pour faire le procès des policiers"), les humoristes, les chasseurs, l'antisémitisme, le racisme, #metoo, la pédophilie, les politiques, Zemmour, Macron, l'extrême droite française ("on n'a pas les racistes qu'on mérite"), les intégristes, le grand remplacement, l'homophobie... Waly Dia les aborde sans éviter les clichés, les dénonciations convenues et les raccourcis, sans doute inhérents à la punchline.

Ce qui fonctionne particulièrement, c'est son débit mitraillette, sa parfaite élocution, l'efficacité de ses saillies et son énergie. 

Ce qui perturbe un peu, ce sont les applaudissements des spectateurs à chaque bon mot qui fait ressembler ce spectacle à un meeting politique.

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TMC propose la première captation télévisée d'une pièce de Fabrice Luchini. Il s'agit "Des écrivains parlent d'argent" jouée au théâtre de l'Atelier.

Luchini déroule son spectacle enchaînant les extraits d'oeuvres de Jules Romain, Emile Zola, Karl Marx, William Shakespeare, Cioran, Charles Péguy, Louis Ferdinand Céline, Victor Hugo, Sacha Guitry, Jean de La Fontaine et Pascal Bruckner en alternant avec de nombreux apartés.

 

Si la diction avec laquelle il dit ces textes et les explications qui les accompagnent favorisent leur compréhension, l'excitation qui habite Luchini perturbe un peu.

 

Si les interludes cèdent parfois à la facilité, la propension du comédien à jouer avec son public, sautant sur toutes ses réactions (notamment deux jeunes comédiens sur Ruy Blas) anime efficacement la représentation.

 

Si le côté très cabot de l'acteur et sa propension à se lancer régulièrement des fleurs mal dissimulées derrière une fausse modestie peut agacer, il faut convenir qu'il est également très drôle, multipliant les procédés comiques - imitations sur une fable de La Fontaine, récits de ses émissions télévisées favorites, anecdotes de rencontres, panique durant la crise de 2008.

 

Et si nous ne sommes pas sûrs d'avoir retenu ou bien saisi toutes les subtilités des textes prestigieux, les deux heures filent sans ennui et distillent un réel plaisir.

A voir en Replay sur TMC.

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