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En 1986, Patrice Chéreau et Pierre Romans sélectionnent les jeunes comédiens de la 2e promotion de l'école des Amandiers. 

Valeria Bruni-Tedeschi fait le récit, entre réalité et fiction, de cette période fondatrice pour elle et ses collègues comédiens dont Laurent Grévill, Vincent Perez, Laura Benson, Marianne Denicourt, Agnès Jaoui, Thierry Ravel, Bruno Todeschini, Thibault de Montalembert, Eva Ionesco, Isabelle Renault (qui joue l'assistante de Chéreau dans le film), Agnès Jaoui notamment.

Stage de sélection, cours à l'Actor Studio de New-York, répétitions de Platonnov, emprise d'un Patrice Chéreau vénéré et sans concession, charisme bienveillant de Pierre Romans, jalousie, rivalité, entraide, la réalisatrice dans un récit et une mise en scène rythmés aborde toutes les facettes de cet apprentissage hors normes au sein du prestigieux théâtre des Amandiers, qualifié de "centre de l'Europe" théâtrale par une des jeunes comédiennes. Les Amandiers fait aussi le portrait d'une jeunesse exaltée, au parcours divers et souvent cahotique, venue de tous les milieux, sexuellement libérée alors que le Sida fait son apparition, touchant parfois à la drogue, trop vite adultes. C'est aussi un hommage à son premier grand amour, Thierry Ravel.

Les jeunes comédiens, Nadia Tereszkiewicz et  Sofiane Bennacer en tête, mais aussi Clara Bretheau, Vassili Schneider, Noham Edje, Eva Danino, Baptiste Carrion-Weiss, Liv Henneguier, Lena Garrel, Sarah Henochsberg, Oscar Lesage, Alexia Chardard, Suzanne Lindon sont tous d'une grande vérité. Au côté des excellents Louis Garrel et Micha Lescot, l'intensité de leur jeu, particulièrement bien servi par une mise en scène au plus près des corps, nous emporte dans le tourbillon de cette jeunesse brûlante.

Les posts sur les films de Valeria Bruni-Tedeschi : ActricesUn château en ItalieLes Estivants

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Valérie Bacot est une des grandes victimes de l'incompétence de la société policière et judiciaire. Valérie Bacot a sans doute vécue l'un des plus édifiants abandons par la société civile. C'est ce qui frappe de la façon la plus évidente dans sa vie sous l'emprise d'un bourreau. A côté, de l'indicible, de la plus extrême violence d'un homme, c'est l'inaction de son entourage, l'absence de toute intervention humaine et humanitaire qui terrifient.

La mise en scène d'Anne Bouvier souligne particulièrement cet abandon, listant les fonctions et places de tous ceux qui auraient pu intervenir et ne l'ont pas fait. C'est, dans tout ce qui fait la puissance de la mise en scène, ce qui marque particulièrement. 

Sylvie Testud incarne Valérie enfant, adolescente, adulte et mère, inconsciente, violentée, victime et combattante. Dans de courtes scènes, de quelques secondes, elle est aussi ses parents, le bourreau,  ses enfants, mais également l'avocate qui intervient comme pour soutenir Valérie dans le déroulé de son terrible récit. La lumière s'adapte à chaque personnage dont Sylvie Testud prend les traits, sans coupure, d'une intonation de voix, d'un mouvement, d'une position du corps, d'un port de tête. 

Cette adaptation de l'autobiographie de Valérie Bacot est d'une force rare. L'interprétation de Sylvie Testud, qu'accompagne l'efficace et sensible mise en scène d'Anne Bouvier, est remarquable par sa  puissance et sa retenue.

A voir au théâtre de l'Oeuvre jusqu'au 30 décembre 2022.

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New-York, 1980, Paul, ado rouquin rêveur, de la classe moyenne, va au collège public avec Johnny, son ami à la peau noire.

De nombreux films de James Gray questionnent le rêve américain et ses contradictions. C'est le cas ici, où il raconte une année charnière de sa jeune adolescence et, selon le réalisateur, de l´histoire américaine.

Cet enfant, juif new-yorkais, de 11 ans qui rêve de fusées et de peinture, apprend à travers l'histoire de son grand-père et de son copain Johnny, ce que sont l'antisémitisme, le racisme, les inégalités sociales mais aussi la détermination, le courage et la perte de l´innocence.

Ce film est à la fois très tendre dans les relations familiales et très cash dans sa description des injustices sociales (même si le réalisateur avoue avoir édulcoré la réalité des faits). Dans une mise en scène discrète, Gray laisse toute la place aux émotions simples que ce récit d'apprentissage déploie. La lumière toujours indirecte, la photographie assez sombre, donne au film son atmosphère mélancolique et désenchantée. Si le réalisateur a reproduit la maison de son enfance, il ne marque pas de façon appuyée la plongée dans les années 80. Le jeune Banksy Repeta est excellent. Autour de lui, Jaylin Webb, Anna Hathaway et Jérémy Strong sont parfaits et Anthony Hopkins,  tout simplement grand. 

Le film doit son titre, Armageddon Time, à Reagan qui allait être élu à la présidence et qui utilisa cette expression pour annoncer l'apocalypse. C'est aussi un chanson jamaïcaine reprise par les Clash, qui dénonce la misère et les injustices sociales.

 

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Plusieurs parlements et tribunaux populaires dans le monde ont reconnu et dénoncé le genocide des OuIghours perpétré par la Chine. Mais, face à cet acteur majeur de l'économie mondiale, aucune réelle action n'a été prise pour y mettre fin.

Les Ouighours ont le tort d'être musulmans et d'occuper la plus grande province de Chine qui regorge de ressources naturelles et est la porte d'entrée des nouvelles routes de la soie vers l'Occident.  

Eric Dabré donne ici la parole à ceux qui ont fuit le Xinjiang laissant derrière eux une partie de leur famille. Il recueille aussi le témoignage d'un ancien policier et d'une infirmière contrainte de procéder aux stérilisations et avortements forcés et de parlementaires et chercheurs internationaux. Eradication des naissances, enlèvements et évangélisation des enfants, destruction de la culture Ouighours, enfermements dans des camps de travail, tortures... la liste des exactions à l'encontre des Ouighours nous renvoie aux pires pages de l'Histoire.

A voir sur la chaîne LCP

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Léo et Rémi, tout jeunes adolescents, sont d' inséparables amis. La rentrée au collège va bousculer leur relation.

Après Girl, Lucas Dhont se penche à nouveau sur l'adolescence et le poids du regard des autres, entre jugement et interprétation mal attentionnée.

Le réalisateur plonge ses deux héros dans un décor de campagne et de champs de fleurs où la délicatesse et la bienveillance familiale dominent. La fraîcheur des images, la beauté de la photographie tranchent avec la brutalité de ce récit de l'innocence assassinée, d'une culpabilité écrasante interdisant au chagrin de s'exprimer. L' émotion s'installe ici dans les silences et les non dits. Les symboles et elipses allègent ce qui auraient pu être trop démonstratif. On y apprécie une certaine finesse dans l'exposition du drame même si dans la durée ce sentiment s'amenuise un peu.

Les comédiens interprètent avec élégance ce mélodrame auquel il est difficile de résister. Eden Dambrine, Gustav de Waele, Emiliie Dequenne et Léa Drucker sont remarquables.

Le film a reçu le Grand Prix au Festival de Cannes 2022.

 

 

 

 

 

 

 

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