Monumenta, pour la quatrième année consécutive, met un artiste au défi de créer une oeuvre capable d'occuper la nef du Grand Palais, espace grandiose par son gigantisme et sa beauté.
Cette année c'est Anish Kapoor qui prend possession des lieux avec Léviathan.
L'accés à la nef se fait par un sas qui vous propulse au coeur de l'oeuvre. Ce qui saisie d'abord c'est la chaleur, l'obscurité puis la couleur rouge-orangée et enfin la grandeur de l'espace. La matière est étrange, comme la peau d'un ventre ou le nylon d'une mongolfière. La sensation est curieuse. C'est surprenant, inédit, mais finalement plus étonnant que touchant. La curiosité nous emmène assez vite vers l'extérieur pour comprendre à qui appartient ce ventre immense. Là on découvre une sorte d'animal étrange fait de 3 sphéres énormes qui occupent toute la nef. Comme échouée, l'oeuvre de couleur prune semble oppressée dans cet espace trop petit pour elle. Si le monstre voulait seulement se retourner la verrière serait balayée. Le gigantisme de l'oeuvre est impressionnant. On se rend compte qu'une seule des sphères est accessible de l'intérieur, on s'interroge sur le sens de l'oeuvre puis très vite c'est la prouesse technique qui occupe les esprits. 35m de haut, 10701kg, l'oeuvre de 72000m3 est en textile, mélange de polyester et de PVC. C'est l'air pulsé qui lui a donné sa forme définitive. La moindre fuite et l'oeuvre disparait. Alors nous vient l'envie de revoir le monstre de l'intérieur.
Jusqu'au 23 juin 2011 - entrée 5€.
Le musée du quai Branly présente, jusqu'au 15 mai, l'exposition l'orient des femmes. Christian Lacroix est le directeur artistique de cette présentation de 150 costumes et parures du Proche Orient. Tenues traditionnelles anciennes (depuis la fin du 19ième) et d'aujourd'hui se cotoient dans une curieuse scénographie. Elle consiste à nous présenter toutes ces tenues de la même façon : les costumes sont suspendus grâce à une barre noire passée dans les manches. Seuls 3-4 mannequins "cassent" cette monotonie. A cette présentation désincarnée et lugubre, les femmes de l'orient manquent cruellement. Seule une ancienne vidéo de 2 minutes, étonnante et sympathique, met en scène une femme souriante nous montrant l'art d'enrouler les manches et de plier l'étoffe d'une robe pour la porter comme il faut.
Le musée des Arts Décoratifs expose Michal Batory, affichiste toujours en activité.