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Vers 1900, à Soho, mendiants, truands, prostituées et policiers jouent au chat et à la souris, s'exploitent et se trahissent.

Thomas Ostermeier revient à la Comédie- Française avec cette mise en scène du célèbre  (que l'on pourra aussi juger surestimé) opéra-cabaret écrit et composé par Berthold Brecht, Emmanuelle Hauptmann et Kurt Weill. L'oeuvre bénéficie d'une nouvelle traduction d'Alexandre Plateau, que les connaisseurs saluent pour son efficacité et d'une orchestration revisitée par Maxime Pascal.

Sur scène, une partie du nec plus ultra de la troupe de la Comédie Française, Christian Hecq, Véronique Vella, Stéphane Varupenne, Elsa Lepoivre (dans un petit rôle), accompagnés par la relève Birane Ba, Marie Oppert et Claina Clavaron. Dans la fosse, Maxime Pascal et une dizaine de musiciens de l'orchestre Le Balcon.

La scène quasi nue, grande ouverte, accueille une passerelle-escaliers et 3 écrans, rectangle, carré et triangle, sur lesquels sont projetées des images anciennes où les gris, noirs et rouges dominent rappelant sans doute l'époque de création de la pièce (1928).

Si l'histoire dont aucun des personnages n'est sauvable, demeure peu passionnante, les dialogues souvent piquants et drôles sont particulièrement bien servis par la qualité des interprétes qui s'en donnent à coeur joie, avec en tête le trio Christian Hecq, Véronique Vella et Stéphane Varupenne survoltés. A cela s'ajoute les qualités vocales de Claina Caron et Marie Oppert. Et si on note quelques longueurs, dont une scène de mariage avec entartrages interminable, l'ennui ne se fait pas sentir pendant les 2h30 de représentation. L'imparable charme de la troupe de la Comédie Française opère cette fois encore.

A voir sur Arte.tv la captation d'une des premières représentations au Festival d'Aix en Provence avec Benjamin Lavernhe dans le rôle du chef de la police.

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Le 5 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine, Samuel Paty illustre un cours sur la liberté d'expression avec deux caricatures du prophète Mahomet. Le père d'une élève absente du cours raconte sur Facebook que le professeur à montrer une photo d'un homme nu en disant qu'il est le prophète des musulmans. Le 16 octobre, Samuel Paty est assassiné décapité.

1 an plus tard, d'octobre 2021 à juillet 2022, le documentaire revient dans le collège écouter les professeurs, dont celui qui a succédé à Samuel Paty. Ils expriment la difficulté d'enseigner comme avant et de parler de ce qui s'est passé, de la peur, du lien de confiance qui s'est brisé avec les élèves ou au contraire du lien indéfectible qui s'est lié avec leurs élèves de la troisième 1. Quand les élèves sont interrogés les silences sont lourds. Quand ils parlent, ils évoquent le traumatisme de voir leur collège envahi par la police et la presse, leur choc de voir leurs autres professeurs s'effondrer. Mais très peu de Monsieur Paty.

Le documentaire semble indiquer l'absence d'accompagnement extérieur, institutionnel, des professeurs et des élèves. Travail qui est laissé aux professeurs et à l'association des victimes du terrorisme qui fait le travail en intervenant auprès des élèves et des professeurs. . 

A voir en replay sur France.tv

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Dans les années 70, Peter von Kant, réalisateur à succès, s'entiche d'Amir et lui propose d'être acteur. Carl, son secrétaire particulier, les observe.

François Ozon adapte en version masculine le film et la pièce Les Larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder. La tonalité des interprétations surprend. Ça joue un peu faux, en tout cas pas juste. Même Isabelle Adjani surjoue. C'est sans doute volontaire mais c'est assez peu séduisant. D'autant plus que le scénario ne passionne pas. Les dialogues sont également d'une grande pauvreté. Seul Denis Menochet parvient à maintenir sa qualité de jeu, il est même excellent en drama queen.

Un Ozon en mauvaise forme.

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Lydia alors qu'elle vient de quitter son compagnon qui l'a trompée, apprend que Salomé, sa meilleure amie est enceinte. Lydia pense qu'elle est reliée à son amie, que lorsque l'une vit un grand bonheur, l'autre est malheureuse. 

Hafsia Herzi est remarquable dans le rôle de Lydia, sage femme, sans famille, éprise de Milos une rencontre d'un soir. Elle est accompagnée par Nina Meurisse et Alexis Manenti, tous deux parfaits 

La mécanique du mensonge dans lequel s'enferre Lydia est dessinée avec précision et une sensibilité soulignée par le récit et les interrogations en voix off de Milos. Les circonstances maléfiques, l'entourage inconsciemment complice, la psyché des deux amies composent les fondations de ce geste fou. 

Un beau et délicat premier film.

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Fabrice Luchini consacre ce nouveau spectacle à Victor Hugo, grand homme s'il en est, immense écrivain, poète, homme politique et militant du XIXe siècle. 

Le spectacle se concentre sur ses 20 années d'exil à Bruxelles, Jersey et Guernesey et sur le drame de sa vie qu'est la mort de sa fille Léopoldine.

L'acteur lit des textes et poèmes de ces deux périodes, racontant précisément grâce aux écrits de Juliette Drouet la découverte par Hugo de la mort de Léopoldine, apportant un peu de légèreté par la lecture d'un extrait du livre des tables qui  décrit une des séances de spiritisme réalisée par Hugo, appuyant son admiration pour l'écrivain par l'éloge écrit par Charles Baudelaire et clôturant son spectacle par le texte qui semble à lui seul avoir justifié cette création, Booz endormi, considéré comme écrit par un Hugo touché par la grâce par Charles Péguy, l'auteur fétiche de Fabrice Luchini.

Tout cela en 1h20 pendant laquelle le comédien n'a de cesse de se réfréner tant les tentations d'ouvrir d'autres chapitres ou d'apporter plus de précisions sont nombreuses. Fabrice Luchini promet à plusieurs reprises d'en parler dans un autre spectacle. Rendez-vous est pris.

 

PS : ce soir du 1er novembre, le public (200 personnes) accueillit le comédien entrant en scène par un "Joyeux anniversaire" repris en choeur. L'acteur, pourtant facétieux, se trouva bien embarrassé car devant enchaîner par le récit de la mort de Léopoldine. Légèrement déconcentré, il refit son entrée, constata, sans doute soulagé, la grande qualité d'écoute du public et lui promit de conserver cet événement incongru comme anecdote pour un prochain spectacle.

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