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On l'a d'abord connu sans moustache aux côtés de Belmondo au XVIIIème siècle, en Chine et avec Yves Montant tirant le diable par la queue, puis, fidèle à cet attribut, multipliant les rôles. Séducteur malhabile d' Annie Duperey dans le diptyque d'Yves Robert, commissaire à Saint-Paul pour Tavernier, fonctionnaire manipulateur dans l'autre diptyque d'Yves Robert, complice de Johnny Hallyday, danseur hypnotiseur oriental pour sa belle coiffeuse, Pacha résigné avec Claude Rich, grand Duc parmi les autres grands ducs Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret, directeur d'usine politiquement correct face à François Pignon, tueur à gages auprès de Guillaume Depardieu, commissaire de l'inspecteur Coluche, tombé du ciel pour Lioret, lâche repenti amoureux de Catherine Deneuve, cerné par les emmerdeurs avec Miou-Miou, animateur radio en fin de règne, poudré et à nouveau sans moustache pour Leconte, cavalier souffrant perdu dans la Mancha, commentateur pointu et hilarant aux vrais J.O. d'Athènes, musicien multi-instrumentiste sous les avalanches de Delerm, représentant d'assurance pour une publicité, conteur hors pair des Boloss de la littérature à la télévision, monsieur, plus tout jeune mais toujours élégant, en baskets fluo dans ses dernières interviews... 

Jean Rochefort nous a accompagné de son regard tout à la fois triste et goguenard et de sa voix ironique pendant tant d'années que la liste des divins souvenirs qu'il nous laisse semble sans fin.

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Anne Germain

Elle a bercé des générations de cinéphiles amoureux de Jacques Demy et des chansons de Michel Legrand. C'est elle qui prêtait sa voix à Catherine Deneuve dans les parties chantées des Demoiselles de Rochefort et de Peau d'âne. Elle a égayé les fins d'après-midi de millions d'enfants qui reprenaient avec elle, en choeur, le générique de l'Ile aux Enfants.

Anne Germain était également choriste, chanteuse du groupe de jazz Swingle Singers et a prêté sa voix à d'autres génériques. Elle est partie hier à l'age de 81 ans.

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Sa beauté froide de tragédienne antique impressionne. Elle sert ses personnages de femmes fortes qui se dressent face à la trahison, à la folie des hommes et à l'injustice. C'est dans ses rôles militants que son élégance et son port de tête au menton fier ont marqué nos esprits. La force qu'elle porte dans ses interprétations impressionne durablement. Dans Prendre femme, Mariage tardif et Le Procès de Viviane Amsalem, trilogie qu'elle a co-réalisée avec son frère, son étouffement, son désespoir et sa rage sont les nôtres. Pascal Elbé l'a choisit pour jouer, dans Tête de turc, la mère prête à tout pour défendre son fils. Fanny Ardant, grande sœur au physique et à l'intensité si proches, lui a donné le rôle central de son premier film de réalisatrice, De Cendres et de sang, tragique et étrange. Mais Ronit Elkabetz sait aussi être drôle et gentiment provocante comme dans la Visite de la Fanfare.

On aurait aimé pouvoir admirer la justesse de son interprétation, sa puissance d'incarnation, sa force de conviction et sa beauté si particulière, encore longtemps sur nos écrans. Ronit Elkabetz est décédée ce mardi 19 avril.

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C'est en 2003, alors qu'elle a juste 16 ans, qu'on découvre Anaïs Demoustier au cinéma, aux cotés d'Isabelle Huppert devant la caméra d'Haeneke. Des parrains prestigieux qui lui ont porté chance puisque depuis, la comédienne enchaîne les films dont certains ont marqués le cinéma français ces dix dernières années : "La Belle Personne" de Christophe Honoré, "Belle épine" de Rebecca Zlotowski, "Les Neiges du Kilimandjaro" de Robert Guediguian, "Quai d'Orsay" de Bertrand Tavernier, "Bird People" de Pascale Ferran, "Une Nouvelle Amie" de François Ozon, "À trois on y va" de Jérôme Bonnell, "Caprice" d'Emmanuel Mouret...

Sous ses airs d'oiseaux tombé du nid, apparaît chaque fois une comédienne précise, délicate et à la présence marquante. Riche d'une vaste palette de jeu à milles lieux d'une fadeur que sa fraîcheur et son élégance feraient craindre. Nommée à deux reprises aux Césars et une fois aux Molières, elle a reçu le Prix Romy Schneider en 2011.

Elle est actuellement, et jusqu'au 11 octobre, au théâtre du Rond Point dans Démons aux côtés de Marina Foïs, Romain Duris et Gaspard Ulliel.

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Solveig Anspach

On avait retenu son nom, pourtant bien étrange, dés le visionnage de son premier film. En 1999, Haut les cœurs nous saisissait par sa mise en scène sans détour, son ton tendre mais pas mièvre, factuel sans froideur, sa distribution parfaite (Laurent Lucas, Karine Viard). Pour un premier film, avoir su conter cette histoire, qui était aussi la sienne, d'une jeune femme enceinte atteinte d'un cancer, avec une telle grâce c'était impressionnant. Puis, il y eu des documentaires et d'autres films avec souvent des destins de femme pour sujet. En janvier 2014, avec Lulu femme nue, elle retrouvait Karine Viard à qui elle offrait pour la seconde fois un très beau rôle de femme, entre douleurs et fantaisie. Bientôt, on pourra découvrir en salle son nouveau film, L'Effet aquatique dans la lignée de son Queen of Montreuil.

Solveig Anspach est décédée ce 7 août.

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