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Jane Birkin, une personnalité multiple unique qui, en un demi-siècle, s´est installée, à différents niveaux, dans notre paysage culturel et émotionnel.

Il y aurait tant de choses à dire, tant d'histoires à écrire sur sa vie si riche. Ne serait ce qu'en évoquant les personnalités associées à son nom, à son parcours. A commencer par ses parents Judith Campbell, actrice et chanteuse, David Birkin, commandant de la Royal Navy. Puis les hommes de sa vie, artistes monstres, entre musique et cinéma, John Barry, Serge Gainsbourg et Jacques Doillon. Bien sûr ses filles, toutes trois artistes remarquables, Kate Barry, photographe, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, comédiennes et chanteuses comme leur mère. Et ses nombreuses collaborations artistiques françaises et internationales.

Pour la décrire les mots, les images se bousculent et se contredisent aussi.

La plus française des anglaises à l'accent jamais perdu et aux fautes de français moquées ou adorées.

Fausse ingénue à ses débuts, elle a toujours semblait un peu gauche sous un esprit acéré.

Chanteuse à la voix fragile et aiguë mais toujours juste, reconnaissable entre mille, porteuse d'une émotion rare.

Part lumineuse de Serge Gainsbourg qui en fera sa muse et l'interprète de ses tourments même après leur séparation avec près de 70 chansons écrites pour elle.

Comédienne populaire (Zidi, Deray, Leconte, Pires... ) mais aussi intello (Rivette, Chéreau, Varda, Doillon, Antonioni...)

Réalisatrice à l'univers singulier et autrice des textes de ses deux derniers albums.

Icône de la mode à laquelle la Maison Hermès consacrera un de ses plus gros succès, le sac Birkin. Un look simple mais marquant,  jean, chemise blanche, baskets et un panier en osier.

Militante extrêmement engagée depuis toujours, manifestant et s´exprimant contre la guerre du Vietnam, contre la peine de mort, contre l'avortement, pour la défense des boats people, pour l´accueil des migrants, porte-parole d´Amnesty Internationale, se déplaçant à Sarajevo,...

D´une grande honnêteté sur elle même et sur ceux qui ont croisé sa vie, elle s'est beaucoup raconté, répondant aux interviews, acceptant les docu-portraits lui demandant de commenter son histoire, ou publiant son journal intime depuis les premières pages écrites enfant.

Pour retrouver un peu de la grâce de Jane, regardez le film Jane B. par Agnès V. sur france.tv, le documentaire Jane Birkin et nous en Replay sur france.tv, le documentaire Jane par Charlotte en VOD sur Arte, écoutez son concert Oh pardon tu dormais en replay sur France.tv et son concert symphonique sur le site de France Inter.

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Denis Lavant, avant tout, c'est ce jeune type, qui danse, saute et court à toute allure le long d'un mur au son de Modern Love de David Bowie. Scène culte de Mauvais Sang de Leos Carax, son réalisateur fétiche qui l'aura fait tourner également dans Boy meets girl, puis dans le très grand Les Amants du Pont Neuf et dans le génialissime Holy Motors.

Si on a l'impression de l'avoir vu dans de nombreux films (ce qui n'est pas vraiment le cas), c'est que son visage étrange d´enfant vieilli prématurément et son regard de Pierrot La Lune, extrêmement touchants, associés à la puissance de son jeu et de sa présence, nous ont marqué chaque fois durablement. Et s'il fait du cinéma, il vous dira que son grand terrain de jeu est avant tout le théâtre.

Denis Lavant, amoureux de la poésie, circassien autodidacte, a appris le mime et le théâtre au lycée, à l´école de la rue Blanche puis au Conservatoire de Paris. Cet acteur physique, dont la première nature est le mouvement, s'inscrit dans un théâtre exigeant : Shakespeare, Beckett, Brecht, Tomas Bernard, Koltes, Rasov, Dostoïevski...

Actuellement, au théâtre de l'Atelier, il est bluffant dans le rôle de Clov dans Fin de Partie de Beckett. Les représentations sont prolongées jusqu´au 16 avril. A ne pas manquer.

 

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Un sourire carnassier, un regard transperçant et lourd, une voix unique au phrasé trainant, Jean-Louis Trintignant tutoyait le sombre, l'inquiétant. Mais il pouvait aussi éclairer son visage d'un sourire soudainement incroyablement lumineux, révélant l'ampleur de sa séduction. Il aimait dans la vie la discrétion, dans le jeu la pondération.

Des étranges personnages, des sales types, il en a joué beaucoup (Z de Costa Gavras, Le combat dans l'île d'Alain Cavalier, Regarde les hommes tomber d'Audiard, Le mouton enragé de Michel Deville, La banquière de Francis Girod, ..). Mais il fut aussi un grand amoureux, celui audacieux d' Un homme et une femme de Claude Lelouch, celui coincé de Ma nuit chez Maud d'Eric Rohmer, jeune premier dans Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, vieillard éperdu dans Amour de Mickaël Haeneke.... Il fut aussi de grands naïfs et héros ordinaires dans le drame Le Train de Pierre Granier-Deferre ou la comédie Vivement dimanche de François Truffaut. De simples exemples pris dans une filmographie de plus de 120 oeuvres. 

A partir des années 80, il joua beaucoup au théâtre des pièces contemporaines mais c'est la poésie qu'il aimait porter notamment avec Appolinaire et Aragon, seul en scène ou aux côtés de sa fille Marie, comédienne envoûtante dont la mort sous les coups d'un homme, en 2003, créera une vive émotion dans le pays et un chagrin incommensurable pour Jean-Louis Trintignant qui ne tournera plus que 3 films avec Haeneke et Lelouch.

Jean-Louis Trintignant s'est éteint ce 17 juin à l'âge de 91 ans.

 

 

 

 

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Il est tout d'abord un héros de l'enfance, portant le sourire et la blondeur de Maxence, marin, peintre et poète des Demoiselles de Rochefort et la langueur Pop du Prince rouge de Peau d'Ane du génial autre Jacques, Demy.

Il est ensuite le comédien, souvent de seconds rôles, mais toujours incontournable, de films exigeants, tournés en France ou en Italie (La 317e section, le Crabe Tambour, L'Honneur d'un capitaine de Pierre Schoendoerffer, Compartiment tueur, Z de Costa-Gavras, La légion saute sur Kolwezi de Raoul Coutard, Le désert des Tartares de Valerio Zurlini... ) dont il fut pour certains et, par conviction, le producteur.

Producteur, encore, et réalisateur de magnifiques documentaires célèbrant la nature ( Le peuple migrateur, Océans, les Saisons...)

Il est enfin, dans Cinéma Paradisio de Giuseppe Tornatore, Toto, qui devenu grand réalisateur, découvre, bouleversé et bouleversant, l'ultime cadeau d'Alfredo.

 L' interpréte d'une des plus belles scènes d'hommage à la puissance émotionnelle du 7e art.

Jacques Perrin a rejoint Alfredo ce 21 avril.

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Les superlatifs manquent à l'annonce de sa disparition.

A notre esprit se bousculent les films vus à la télévision ou au cinéma où, avec gourmandise, nous l'avons regardé, écouté, en flic intransigeant, patron abusif, monstre froid, mauvais père, président de la République, vieux monsieur vengeur, notable bon teint, avocat véreux, mari cocu, magnat de la presse paralysé, immense peintre, ... ou encore au théâtre, dans A tort ou à raison, récemment, et dans Le Roi se meurt qu'il a joué près de 800 fois, notamment avec son épouse, la géniale Juliette Carré.

70 ans de carrière qui l'ont aussi amené à enseigner l'art dramatique à de nombreux comédiens devenus grands, de Denis Podalydes, Anne Brochet, Jérôme Kircher à Muriel Robin.

Son allure à la fois inquiétante et familière, sa voix grave et métallique, son phrasé posé, dans une élégance distante, resteront inoubliables. 

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