En 1956, 10 ans après la seconde guerre mondiale, Alain Resnais se rend dans les camps de concentration. Pour relater l'horreur qui s'y déroulait, pour rendre hommage aux déportés, pour essayer de comprendre, il mêle ses images en couleurs des camps abandonnés à de nombreuses images d'archives dans leur violence extrême prises par les SS ou par les alliés à la libération des camps.
En voix off, sur un ton crépusculaire, Michel Bouquet explique les convois, la sélection, l'organisation du camp, le calvaire des déportés, la perversité des punitions, les expérimentations, le recyclage des corps et semble nous dire que la bête immonde n'est sans doute malheureusement pas morte.
D'une durée de 30 minutes, Nuit et Brouillard est le premier témoignage artistique et frontal de ce que fut l'horreur de l'Holocauste.
Forrest Gump, originaire d'Alabama, assis sur un banc, raconte à des inconnus son incroyable existence.
"La vie est comme une boîte de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber", cette réplique devenue culte qui ouvre le film résume parfaitement la vie de Forrest Gump qui traverse et pose son regard innocent sur l'histoire des États-Unis du 20e siècle. Du déhanchement décadant d'Elvis Presley à John Lennon, de Wallace aux Kennedy, de la guerre du Vietnam aux black Panthers, de l'amour libre des beatnik au SIDA, du football américain au ping-pong, des crevettiers à Apple, tout cela au rythme des assassinats ou tentatives d'assassinats des présidents, Forrest, sa bonté et ses 70 de QI traversent la vie avec un succès insolent, sorte d'american dream idéal. En parallèle, on suit le parcours de Jenny, son amie d'enfance, victime d'inceste, pour qui la vie ne sera jamais facile et qui représente une autre vision de l'Amérique.
Le film est à la fois très drôle (humour noir compris), tendre et émouvant. On a beau l'avoir déjà vu 10 fois, il fonctionne toujours autant. Tom Hanks marque et a été marqué par le rôle à jamais. Robin Wright, Sally Field et Gary Sinise sont également excellents.
Forrest continue de courir pour notre plus grand plaisir.
Au début du XXe siècle, dans le Montana, Norman et Paul, fils de pasteur, grandissent entre enseignement à domicile et pêche au lancer.
Le film est adapté d'une nouvelle autobiographique de Norman Maclaen. Nommé lors de nombreuses remises de prix, il ne reçu "que" l'Oscar de la photographie (Philippe Rousselot).
Les images sont très belle, l'histoire plaisante, le film est agréable. Il aurait pu être plus passionnant avec un comédien principal, Norman, plus charismatique. Craig Sheffer est un peu fade dans le rôle du narrateur. Il pâtit de la présence lumineuse de Brad Pitt dans le rôle de Paul. Dès qu'il apparaît le film prend une autre dimension. Certes, Paul est le vrai héros du film, mais l'écart de puissance entre les deux comédiens est trop important.
Giovanni, psychanalyste, Paola, éditrice, et leurs deux enfants adolescents, Andréa et Irène, vivent heureux. Jusqu'au jour où Andréa est victime d'un accident de plongée.
Emouvant sans être larmoyant, La chambre du fils a été conçu, tant dans le dessin de ses personnages, dans l'écriture de son scénario et de ses dialogues que dans sa réalisation, sous le signe de la délicatesse.
Le 30 août 1997, Lady Di meurt dans un accident de voiture. C'est aussi le jour où Amélie, serveuse au Deux moulins découvre dans une des plinthes de sa salle de bain, une boîte de souvenirs ayant appartenu à un petit garçon qui habitait l'appartement dans les années 50. Elle part à la recherche de Dominique Bretodeau.
Un père maussade qui vit à Enghien, une hôtesse de l'air et son chat, un homme de verre qui peint sans cesse le déjeuner des canotiers de Renoir, Madeleine Wallace, la concierge qui pleure comme son nom l'indique, Collignon l'épicier méchant, Lucien son jeune employé souffre douleur, Georgette, l' hypocondriaque, Hipolito, l'écrivain raté, Joseph, le client maladivement jaloux, Suzanne la patronne du bar ex-écuyère, Nino Quincampoix, qui a grandit aux Batignolles, tous ces personnages sont interprétés par des comédiens magnifiques : Rufus, Armelle, Serge Merlin, Yolande Moreau, Urbain Cancelier, Jamel Debbouze, Isabelle Nanty, Artus de Penguern, Dominique Pignon, Claire Maurier, Mathieu Kassovitz... mais aussi Michel Robin, Maurice Benichou, Claude Perron, Clotilde Mollet.
Les grands yeux noirs, la bouille charmante et rigolote d'Audrey Tautou, son jeu facétieux font merveille dans l'interprétation de ce personnage qui fuit la réalité et manigance pour embellir la vie de son entourage.
La richesse du scénario et des dialogues qui sont truffés de références, d'astuces et de clins d'oeil charmants ou carrément drôles, les caractéristiques des personnages à la fois touchants et hilarants, la mise en images aux couleurs rouge et verte exacerbées sous filtre jaune, la voix d'André Dussolier, la musique de Thomas Fersen... tout ici enchante.
Ce film foisonnant dont on découvre à chaque visionnage un détail qui nous avait jusque là échappé est un plaisir sans cesse renouvelé.
La phrase du film toujours d'actualité : " Les temps sont durs pour les rêveurs."