<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 > >>

cinematheque

A Rochefort, des sœurs jumelles, Delphine et Solange, respectueusement danseuse et musicienne, rêvent de vivre de leurs arts à Paris. Alors que les forains s'installent sur la place, Maxens, marin qui cherche son idéal féminin, s'apprête à partir en perm' à Nantes. Simon Dame qui tient la boutique de musique retrouve son ami Andy, célèbre musicien américain, Guillaume dans sa galerie se prend pour Niki de Saint Phalle. Madame Garnier, qui a eu par hasard ses jumelles puis Boubou, tient la brasserie où tout ce petit monde se croise ou se rate dont l'étrange Dutroux, un ami de Pépé.

On pourrait conter encore longtemps la liste des personnages et leurs multiples interactions de ce génial scénario. L'ingéniosité des dialogues, dont ceux en alexandrins de la scène du dîner des départs, leur humour et l'efficacité des textes des chansons, écrits par Jacques Demy,  la beauté des compositions et des arrangements de Michel Legrand. On pourrait disserter longtemps sur la beauté de Catherine Deneuve et de Françoise Dorleac, sur celle de leur voix (et l'incroyable ressemblance avec celles qui les doublent pour les chansons), sur la tonalité du rire de Françoise, sur la blondeur de Jacques Perrin, sur les pas de danse de Gene Kelly, sur ceux de Georges Chakiris, sur le joli chant de Danielle Darrieux, la seule qui chante vraiment, sur les chorégraphies parfaites, sur les couleurs chatoyantes, sur l'enchantement que procure ce film enchanté.

On pourrait aussi dire que Les Demoiselles de Rochefort est le film le plus magique au monde. Le film qu'on ne cesse jamais d'aimer. Le film qui se transmet de génération en génération. Le film qu'on ne se lasse jamais de commenter, de raconter, de citer, de chanter, de mimer. Le film qui fait pleurer à la fin, non pas parce qu'il est triste, mais parce qu'on voudrait qu'il dure toujours. Pour Françoise, Catherine, Danielle, Jacques, Michel, Gene...

Un film génialissime.

Date de sortie : 1967

Voir les commentaires

Becky del Páramo, chanteuse célèbre a abandonné sa petite fille Rebecca pour aller chanter au Mexique. 15 ans plus tard, lorsqu'elle rentre en Espagne, Rebecca l'atccueille cherchant à capter l'amour et l'attention de sa mère.

Un des grands films d'Almodovar qui dose parfaitement decalage, drame et humour. Ici tout est drôle et dramatique à la fois. Le récit un brin loufoque est d'une grande maîtrise.

Le duo d'actrices fait des merveilles. Particulièrement, Victoria Abril, qui impressionne. Menue, cheveux courts, elle aura toujours l'air d'une petite fille qui a peur de l'abandon face à Marisa Paredes, grande femme fatale avant d'être mère. A leurs côtés, Miguel Bose joue de tous les travestissements.

La mise en scène, élégante, multiplie les plans séquence. Les couleurs sont reines sans être ostentatoires.

La bande originale de Ryûichi Sakamoto est devenue un classique tout comme les chansons Un ano de amor et  Piensa me interprétées par Luz Casal.

Le film a remporté le César 1993 du meilleur film étranger.

Date de sortie en salle : janvier 1992

Ajout du 10 juin 2026 : le film est disponible gratuitement en replay sur Arte.tr

Voir les commentaires

Ferrand réalise en studio le film "Je vous présente Pamela". Le tournage n'est pas sans péripéties.

Si on ne devait garder qu'un seul film sur le cinéma ça serait sans hésitation La Nuit Américaine. Tout ce qui s'y passe, tout ce qui est dit, explique comment se fait un film, du plus petit détail au plus important, et ce que avec un soucis du didactisme remarquable car plein de gourmandise et d'un plaisir extrêmement communicatif. L'immersion dans les coulisses de la fabrication d'un film est totale. Chaque personnage est présenté en un détail qui permet aux spectateurs d'identifier rapidement sa fonction sur le tournage mais aussi sa personnalité. Les actions de chaque membre de l'équipe de tournage forme une chorégraphie sans temps mort.

François Truffaut joue avec le cinéma dans le cinéma jusqu'au point que certains techniciens de Je vous présente Pamela sont les vrais techniciens de La nuit Americaine, tels Yann Dedet, monteur, ou Jean-François Stevenin, assistant réalisateur, qui débute là sa carrière de comédien. Truffaut rend aussi hommage aux films et aux réalisateurs qu'il aime et même à ses propres films comme la reprise de la scène du plateau du petit déjeuner de la Peau douce. L'équipe du film après les journées de tournage se distrait en allant au cinéma où passe Le Parrain qui venait de sortir.

C'est aussi le premier grand film de Nathalie Baye, dans le rôle de la scripte qui est certainement le pendant de Suzanne Schiffman qui fut la scripte, l'assistante réalisatrice et l'aide scénariste sur 90% des films de Truffaut.

Le casting est particulièrement prestigieux : Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Aumont, Jean-Pierre Leaud, Dani, Alexandra Stewart, Bernard Menez, Valentina Cortes, Nathalie Baye et Truffaut himself.

C'est dans ce film que Truffaut/Ferrand dit cette réplique culte : "Un tournage de film, ça ressemble exactement au trajet d'une diligence au Far-West. D'abord, on espère faire un bon voyage et puis, très vite, on en vient à se demander si on arrivera à destination."

La Nuit Américaine a été tourné dans les studios La Victorine à Nice, dans les décors qui avaient été réalisés pour La Folle de Chaillot. Simultanément avait lieu le tournage de Last of Sheila avec Raquel Welch et James Coburn.  

Cerise sur le gâteau qu'est ce chef d'œuvre : la musique de Georges Delerue, indissociable du film est sublime.

Oscar 1974 du Meilleur film étranger, Bafta 1974 du Meilleur film et meilleur réalisateur 

 

Voir les commentaires

Dans un village de l'Est de la France, à la fin des années 20, Julien Davenne vit dans le souvenir des proches qu'il a perdu pendant la guerre, ses amis morts au front et surtout de sa femme Julie. Lorsqu'il rencontre Cécilia Mandel, dans une salle des ventes, celle-ci ose exprimer leur étrange point commun et leur façon bien différente d'accueillir celui-ci.

Film le plus étrange et mystique de François Truffaut, La Chambre Verte décrit un amour absolu par delà la mort et l'application d'une fidélité indéfectible aux disparus. "Les morts nous appartiennent si nous continuons à leur appartenir."

Le personnage de Davenne est un extrémiste, particulièrement austère. Austérité parfaitement bien servie par Truffaut qui donne à Davenne son phrasé très particulier, un peu atone et sa façon de "jouer faux". Il est parfait dans le rôle de ce fétichiste et cet inadapté aux vivants avec lesquels il limite ses relations au jeune sourd et muet qu'il élève, à sa gouvernante, au directeur de la revue dans laquelle il écrit.

La vie et ses nuances apparaissent avec la fraîcheur et les sentiments du personnage de Cécilia Mandel, interprétée par l'excellente Nathalie Baye.

La forme du film, à la photographie très sombre, à la musique peu aimable, maintient le spectateur à distance. On peine à s'attacher aux personnages si ce n' est à celui de Cécilia.

Le scénario est inspiré des nouvelles d'Henri James dont L'Autel des morts et La Bête dans la jungle.

Voir les commentaires

Isabelle, étudiante en 1ère année de médecine, vit avec son père, Jean, professeur de géographie à Louis Le Grand. Jean manque de patience, n'est pas très doué pour exprimer ses sentiments et est un peu dépassé par les aspirations et les angoisses de sa fille.

Le générique tourné dans un amphithéâtre avec plusieurs étudiants clope au bec nous indique clairement l'époque du film : bien avant la loi Evin. Six ans avant La Boum, Claude Pinoteau se penchait déjà avec talent sur les relations complexes qui regentent les relations parents-enfants. C'est bien vu, tendre et drôle. 

Il est merveilleusement accompagné par Jean-Loup Abadie au scénario et aux dialogues, et par un casting enchanteur : Isabelle Adjani au talent déjà éclot, Annie Girardot hilarante, Lino Ventura parfait en cocotte minute prête à exploser, Michel Aumont, Nicole Courcel, Georges Wilson et les tout jeunes Francis Perrin, Jacques Spiesser, Nathalie Baye, Xavier Gelin, André Dussolier. Georges Delerue assure la bande originale.

Prix Louis Delluc 1974

Année de sortie en salle : 1974

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 > >>
Haut

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog